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Cette injection capable de reprogrammer vos cellules pour régénérer votre corps
Crédit: lanature.ca (image IA)

L’usure inévitable et une nouvelle promesse scientifique

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Les semelles intérieures moelleuses de votre paire de baskets préférée aident à protéger vos articulations de l’usure quotidienne, mais avec le temps, cet amorti finit par s’amenuiser. Le même processus s’applique à votre cartilage, ce tissu fibreux présent dans tout votre corps qui agit comme un amortisseur naturel. Lorsque ce tissu se dégrade, cela peut entraîner une inflammation et des douleurs articulaires. Cette condition, communément appelée arthrose, affecte la plupart des adultes à un moment donné de leur vieillissement.

Remplacer le cartilage n’est pas aussi simple que de s’arrêter au centre commercial pour acheter une nouvelle paire de chaussures de course, mais un nouveau traitement rend cette perspective plus réalisable. En novembre dernier, des chercheurs de la faculté de médecine de Stanford ont annoncé la mise au point d’une injection capable de « reprogrammer » vos cellules pour faire repousser le cartilage et aider à prévenir le développement de l’arthrite. Cela signifie que, pour la toute première fois, il pourrait exister un médicament traitant la perte de cartilage.

Helen Blau, PhD, directrice du laboratoire Baxter pour la biologie des cellules souches à Stanford, a commenté cette avancée dans un communiqué de presse : « C’est une nouvelle façon de régénérer les tissus adultes, et cela présente une promesse clinique significative pour le traitement de l’arthrite due au vieillissement ou aux blessures ». Elle précise également un point crucial de leur découverte : « Nous cherchions des cellules souches, mais elles ne sont clairement pas impliquées. C’est très excitant. »

Cibler le régulateur principal du vieillissement

credit : lanature.ca (image IA)

Dans cette étude récente, publiée dans la revue scientifique Science, les chercheurs ont ciblé l’une des causes profondes de l’arthrose : une protéine appelée 15-PGDH. Auparavant, la même équipe avait identifié la 15-PGDH comme une « gérozyme », c’est-à-dire un régulateur principal du vieillissement. Cette protéine dégrade la prostaglandine E2, qui est essentielle au fonctionnement des cellules souches musculaires. Au fil de leurs recherches, ils ont découvert que les niveaux de cette protéine augmentent de manière significative avec l’âge.

L’équipe a mené des expériences concrètes pour valider cette hypothèse. Lorsqu’ils ont essayé de bloquer cette protéine, ils ont constaté une augmentation de la masse musculaire et de l’endurance chez des souris âgées. Leurs conclusions ont été confirmées par une expérience inverse : lorsqu’ils ont administré de la 15-PGDH à de jeunes souris en bonne santé, cela a effectivement fait rétrécir leurs muscles, prouvant le lien direct entre cette protéine et la dégénérescence tissulaire.

Ces résultats sur le tissu musculaire ont servi de fondation pour explorer d’autres applications. La compréhension du rôle de la prostaglandine E2 et de son inhibiteur, la gérozyme 15-PGDH, ouvre une fenêtre sur les mécanismes biologiques fondamentaux qui régissent la dégradation de nos corps au fil du temps.

Une régénération spectaculaire du cartilage

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Par la suite, les chercheurs se sont concentrés spécifiquement sur le cartilage lui-même. Ils ont injecté à des souris une petite molécule médicamenteuse en expérimentant différents emplacements d’administration. Certaines souris ont reçu l’injection dans l’abdomen, ce qui affecterait théoriquement l’ensemble du corps, tandis que les chercheurs ont injecté les autres directement dans leurs articulations. Les deux méthodes d’administration ont abouti au même résultat : un épaississement du cartilage du genou.

Grâce à ce traitement, les chercheurs ont réussi à remonter le temps pour les chondrocytes, les cellules présentes dans le cartilage. Ils les ont encouragées à « adopter un état plus jeune » et à produire du cartilage fonctionnel, sans avoir besoin de recourir à des cellules souches. Le processus de reprogrammation cellulaire a permis au tissu existant de se réparer de lui-même, inversant les dommages causés par le temps.

Nidhi Bhutani, PhD, auteure principale de l’article, exprime son étonnement dans le communiqué : « La régénération du cartilage à une telle échelle chez les souris âgées nous a pris par surprise ». Elle souligne l’ampleur de la découverte en ajoutant simplement : « L’effet était remarquable. »

Un espoir pour les sportifs et la prévention des blessures

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Si vous êtes encore jeune et que vous ne vous sentez pas particulièrement concerné par les douleurs articulaires liées à l’âge, cette thérapie pourrait tout de même changer votre vie. L’arthrose peut également survenir à la suite de blessures, notamment les déchirures du ligament croisé antérieur (LCA), qui sont courantes chez les athlètes pratiquant des sports à fort impact. En fait, selon certaines estimations, cette condition survient chez jusqu’à 87 % des patients ayant des antécédents de blessures au LCA.

L’équipe de recherche de Stanford a toutefois fait une découverte préventive majeure. Ils ont constaté que deux injections par semaine, sur une fenêtre de quatre semaines, réduisaient considérablement la probabilité que les souris développent de l’arthrose. Ce protocole suggère qu’une intervention rapide après un traumatisme pourrait préserver l’intégrité de l’articulation sur le long terme.

Ces résultats ouvrent la voie à une médecine plus proactive, où l’on ne se contente plus de traiter la douleur une fois installée, mais où l’on empêche la dégradation tissulaire de s’enclencher après un accident sportif. Le potentiel pour la médecine du sport est donc considérable.

Vers des essais cliniques et la fin des prothèses ?

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Helen Blau explique dans le communiqué qu’il y a déjà eu des essais cliniques de phase 1 réussis pour une version orale de l’inhibiteur de 15-PGDH, testant l’effet du médicament sur la faiblesse musculaire. La sécurité de la molécule étant en cours d’évaluation, les étapes réglementaires progressent pour permettre une application future chez l’être humain.

Désormais, les chercheurs espèrent mener un essai similaire pour comprendre pleinement la promesse de l’injection pour la régénération du cartilage. L’objectif est de transposer les résultats spectaculaires observés chez les souris aux patients humains souffrant d’arthrose ou de blessures articulaires.

La perspective de ce traitement suscite un immense enthousiasme au sein de la communauté scientifique. Comme le résume Helen Blau : « Nous sommes très excités par cette percée potentielle ». Elle conclut en invitant à visualiser l’impact futur de leur travail : « Imaginez la repousse du cartilage existant et l’évitement du remplacement articulaire. »

Selon la source : popularmechanics.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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