Aller au contenu
Inflation : pourquoi le Québec paie le prix fort en ce début d’année
Crédit: lanature.ca (image IA)

Le Québec champion de l’inflation au pays

Les données publiées ce mardi par Statistique Canada confirment une tendance lourde pour le portefeuille des ménages de la Belle Province. En ce début d’année, les Québécois font face à une pression inflationniste nettement plus marquée que leurs voisins. L’Indice des prix à la consommation a en effet grimpé de 3 % au Québec pour le mois de janvier.

Ce chiffre tranche singulièrement avec la moyenne nationale. Pour l’ensemble du Canada, l’augmentation se limite à 2,3 %. Cet écart significatif place le Québec en tête des juridictions où le coût de la vie s’accélère le plus rapidement, une situation qui touche directement le pouvoir d’achat quotidien des citoyens.

Cette disparité s’explique par une combinaison de facteurs locaux et de hausses sectorielles spécifiques qui pèsent lourd dans la balance. Alors que le reste du pays semble connaître un ralentissement plus prononcé de la hausse des prix, la province fait figure d’exception en ce début d’année 2025.

Café, viande et sucre : les prix s’envolent

L’analyse détaillée du panier d’épicerie révèle des augmentations spectaculaires pour certains produits de base. En tête de ce palmarès peu envieux, le café et le thé enregistrent un bond impressionnant de 23 % en seulement un an. Les amateurs de ces boissons chaudes sont les premiers touchés par cette flambée des étiquettes.

Les protéines animales ne sont pas épargnées, le bœuf affichant une augmentation de 16 %. Dans le même sillage, la viande fraîche, si l’on exclut la volaille, coûte désormais 12 % plus cher aux consommateurs. Les plaisirs sucrés subissent le même sort, puisque le prix du sucre et des confiseries a grimpé de 13 %.

Les boissons alcoolisées suivent cette tendance haussière. Le vin acheté en magasin a vu son prix augmenter de 13 %. Ces variations sectorielles contribuent fortement à l’indice global, rendant la facture d’épicerie particulièrement salée pour les foyers québécois en ce début d’année.

L’impact fiscal et l’analyse des experts

Il est important de noter qu’un facteur technique influence ces statistiques : la fin du congé de TPS/TVH. Cette mesure, qui était en vigueur du 14 décembre 2024 au 15 février 2025, a un impact direct sur les comparaisons annuelles. Les prix avaient artificiellement baissé l’an dernier pour plusieurs produits, ce qui amplifie mécaniquement les hausses observées cette année.

Malgré ces chiffres impressionnants, la situation alimentaire du Québec présente un paradoxe lorsqu’on la compare aux autres provinces. Sylvain Charlebois, expert en alimentation à l’Université Dalhousie, apporte une nuance importante : «Le taux d’inflation alimentaire au Québec est de 5,4 %, quand même très élevé, mais c’est le plus bas au pays».

À titre de comparaison, la situation est bien plus critique dans les Maritimes. En Nouvelle-Écosse, par exemple, le taux d’inflation alimentaire frôle la barre des 10 %. Le Québec, bien que durement touché, conserve donc une relative stabilité sur ce plan spécifique par rapport à ses voisins de l’Est.

Logement et services : la facture s’alourdit

Au-delà de l’alimentation, les services essentiels et le logement pèsent lourdement sur le budget des Québécois. Les services de téléphonie cellulaire ont subi une hausse marquée, bondissant de 11 %, un taux identique à celui enregistré pour le gaz naturel. La connectivité à domicile suit la même courbe, avec une augmentation de 8 % pour les services d’accès Internet.

Le secteur de la restauration répercute également la hausse des coûts sur ses clients. Manger au restaurant coûte aujourd’hui 9 % plus cher qu’il y a un an dans la province. Cette augmentation touche aussi bien la restauration rapide que les établissements traditionnels, modifiant les habitudes de sortie des consommateurs.

La situation est tout aussi préoccupante pour les locataires. Les loyers ont augmenté de 9 %, une hausse qui fragilise les ménages ne étant pas propriétaires. L’accumulation de ces augmentations dans les services fixes et le logement réduit considérablement la marge de manœuvre financière des citoyens.

Le Québec isolé face aux autres provinces

Le classement provincial de l’inflation place le Québec incontestablement au premier rang. Avec son taux de 3 %, la province devance toutes les autres régions du Canada. C’est un sommet qui la distingue nettement de ses partenaires de la confédération en ce début d’année.

Le Nouveau-Brunswick occupe la deuxième position avec une inflation de 2,9 %, suivi de près par la Nouvelle-Écosse qui affiche 2,7 %. L’écart se creuse davantage avec l’Ontario, la province la plus peuplée du pays, qui s’en tire mieux avec une hausse contenue à seulement 2 %.

Cette géographie de l’inflation montre des disparités régionales importantes. Alors que le centre du pays, représenté par l’Ontario, semble modérer ses prix, l’Est du Canada, mené par le Québec, subit une pression économique plus intense sur les prix à la consommation.

Lueur d’espoir : le portrait national rassure

Malgré le tableau sombre brossé pour le Québec, les économistes de la Banque Nationale observent des signaux positifs à l’échelle du pays. Matthieu Arseneau et Kyle Dahms se montrent optimistes dans une note publiée mardi : «La dynamique de l’inflation au Canada ces derniers mois est très encourageante».

Les indicateurs surveillés par la banque centrale confirment cette tendance. Sur une période de trois mois, les mesures d’inflation de base privilégiées par la Banque du Canada n’ont augmenté que de 1,2 % en rythme annualisé. Il s’agit de leur niveau le plus bas enregistré depuis mai 2020, alors que le pays était en pleine pandémie.

Cette modération nationale offre une sécurité pour l’avenir économique immédiat. Les économistes concluent leur analyse par une perspective rassurante sur les capacités d’intervention de l’institution monétaire : «Si l’économie venait à se détériorer de manière inattendue dans un contexte de tensions commerciales accrues, la banque centrale disposerait de la marge de manœuvre nécessaire pour apporter un soutien supplémentaire».

Selon la source : journaldemontreal.com

Créé par des humains, assisté par IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu