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3e lien : Luc Provençal pointe du doigt l’influence de Montréal sur le tracé
Crédit: Philippe05, Wikimedia Commons (CC0)

Une décision jugée déconnectée de la réalité locale

Le député caquiste de Beauce-Nord, Luc Provençal, a décidé de briser le silence concernant le dossier épineux du troisième lien entre Québec et Lévis. Connu pour son franc-parler, l’élu ne cache pas son insatisfaction face au choix du corridor central, un tracé qu’il considère comme une erreur imposée par des décideurs éloignés du terrain. Selon lui, cette orientation est le fruit d’une réflexion menée par le premier ministre et ses conseillers, majoritairement issus de la région montréalaise.

Lors d’une entrevue où il a accepté d’expliciter ses réticences, M. Provençal a souligné le fossé qui existe, selon lui, entre les décideurs et les besoins réels des citoyens de la région. Il déplore que la réalité locale n’ait pas été suffisamment prise en compte dans l’équation finale. Il affirme sans détour : « Les gens qui ont pris la décision finale sont des gens qui ne comprennent pas réellement les enjeux de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches ».

Partisan déclaré d’un pont situé à l’est de Québec, le député estime que le tracé retenu par son propre gouvernement en juin dernier ne répond pas adéquatement aux problèmes de mobilité. Pour lui, ce choix risque non seulement de créer davantage de congestion, mais il échoue également à désenclaver l’est de Lévis, manquant ainsi l’un des objectifs cruciaux du projet d’infrastructure.

L’ombre du bureau du premier ministre

L’analyse de Luc Provençal va au-delà de la simple critique technique ; il pointe directement le processus décisionnel au sommet de l’État. D’après le député, la décision de privilégier le corridor central a été prise directement au bureau du premier ministre, surpassant même l’influence de la ministre des Transports de l’époque, Geneviève Guilbault. Il perçoit dans cette manœuvre une volonté de réduire les coûts du projet, au détriment de son efficacité réelle.

Il décrit une situation où la marge de manœuvre des élus locaux était inexistante face à la volonté de l’exécutif. Luc Provençal relate cette dynamique avec résignation : « C’est monsieur Legault et son équipe qui ont pris la décision finale. Quand on te dit “c’est ça la position’’ et que tu ne peux pas argumenter, ben tu vis avec puis tu essaies de travailler avec ».

Cette centralisation de la décision illustre, aux yeux du député, un déséquilibre des forces au sein du gouvernement. Il est convaincu que le poids politique des élus montréalais est « définitivement » plus important que celui des représentants de la région de Québec autour de la table du Conseil des ministres, une situation qui a pesé lourd dans la balance pour le choix final du tracé.

Doutes et déceptions sur la Rive-Sud

Bien que s’attaquer publiquement à la décision d’un premier ministre sortant soit une démarche plutôt rare en politique, Luc Provençal assume pleinement sa position. Il se dit ouvertement « irrité » par le tracé qui a été retenu. Revendiquant sa liberté de parole, il souligne : « Je pense que j’ai droit à ma perception, à mon opinion ».

Le député de Beauce-Nord n’est pas le seul à ressentir ce malaise. Il confie que d’autres élus caquistes de la Rive-Sud partagent sa « déception » concernant le choix du corridor central, bien qu’il prenne soin de préciser que sa sortie médiatique « ne les engage en rien ». Ce sentiment de désillusion semble également se propager au sein de la population qu’il représente.

En effet, Luc Provençal rapporte que ses concitoyens entretiennent désormais un « doute raisonnable » quant à la réalisation effective du projet. Les revirements et les choix contestés ont semé l’incertitude parmi les électeurs, qui attendent depuis longtemps une solution concrète pour améliorer la fluidité du transport entre les deux rives.

Le pragmatisme derrière le soutien à Drainville

Malgré ses critiques virulentes sur le tracé, Luc Provençal a choisi de jeter son dévolu sur Bernard Drainville dans la course à la chefferie caquiste. Ce soutien survient même si le député de Lévis a promis d’aller de l’avant avec le corridor central, le tracé justement décrié par M. Provençal. Ce ralliement s’explique par une forme de pragmatisme politique face à l’urgence d’agir.

Le député résume la situation par une logique du moindre mal : « Entre rien et quelque chose, les gens vont accepter le corridor central ». Il admet devoir composer avec la réalité imposée pour faire avancer le dossier. « Personnellement, je pense qu’il aurait été beaucoup mieux positionné à l’est, mais maintenant que c’est le choix qui a été retenu, je vais travailler avec, puis on va s’assurer qu’on finit par avoir quelque chose qui va être réalisé », explique-t-il.

Cette position illustre la volonté de l’élu de prioriser la concrétisation d’un lien interrives, quelle que soit sa forme finale. L’objectif demeure de livrer une infrastructure aux citoyens, quitte à mettre de côté ses préférences initiales pour un pont à l’est afin d’éviter l’immobilisme complet.

Pourquoi l’option de l’Est est écartée

Si Luc Provençal préfère un tracé à l’est, il rejette toutefois la proposition portée par Christine Fréchette, candidate à la succession de François Legault. Celle-ci propose un troisième lien à l’est, mais assorti de conditions spécifiques, notamment la mise en place d’un partenariat public-privé (PPP). Pour M. Provençal, ces conditions rendent le projet irréalisable.

Il rejoint ici l’analyse de son candidat, Bernard Drainville, en jugeant que la structure de financement exigée par Mme Fréchette condamne l’initiative avant même qu’elle ne commence. Il rappelle les propos martelés par la candidate mercredi dernier : « S’il n’y a pas de privé, il n’y a pas de projet ». Cette contrainte est perçue comme un obstacle insurmontable par le député de Beauce-Nord.

En conclusion, Luc Provençal réitère sa loyauté envers la stratégie de son favori, tout en laissant une porte ouverte sur le jugement de l’histoire. « Je supporte mon candidat, Bernard Drainville, dans sa position au niveau du troisième lien. L’avenir nous dira si c’était le meilleur choix », conclut-il, marquant ainsi sa volonté d’avancer malgré les imperfections du plan actuel.

Selon la source : journaldemontreal.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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