Besoin d’un petit remontant ? Regardez cet adorable bébé loris pygmée apprendre à grimper
Auteur: Mathieu Gagnon
Une naissance attendrissante capturée en vidéo
La naissance d’un animal est toujours un moment privilégié, mais l’événement récent survenu au zoo du Bronx revêt un caractère tout à fait particulier. L’équipe du parc zoologique a eu la joie d’accueillir un bébé loris lent pygmée, dont les premiers pas — ou plutôt les premières tentatives d’escalade — ont été immortalisés en vidéo. Ces images, diffusées récemment, ont suscité une vive émotion, touchant notamment l’équipe d’IFLScience par l’intensité de la scène.
Ce nouveau pensionnaire est né le 13 décembre 2025. Contrairement à d’autres espèces qui naissent nues et aveugles, ce petit primate est arrivé au monde entièrement recouvert de fourrure et les yeux grands ouverts. Cette précocité physique lui permet d’interagir immédiatement avec son environnement, bien que sa taille reste minuscule durant les premières semaines de vie.
La vidéo partagée par le zoo illustre un moment clé de son apprentissage : la découverte de l’escalade. Ces images témoignent de la fragilité et de la détermination de l’animal, offrant aux spectateurs un aperçu rare du développement de cette espèce méconnue. C’est une séquence qui dépasse le simple divertissement pour sensibiliser le public à la beauté de cette biodiversité fragile.
Un développement physique fascinant
Les mensurations de ces primates à la naissance sont impressionnantes de minutie. Ces bébés ne pèsent en effet qu’entre 30 et 60 grammes, soit l’équivalent d’une à deux onces. Durant cette phase de vulnérabilité, ils sont constamment transportés par leur mère. Il arrive parfois que les parents les « garent » sur des branches, les laissant en sécurité pendant qu’ils partent à la recherche de nourriture dans la végétation environnante.
Le processus de croissance les amène progressivement vers l’indépendance, comme le démontre l’agilité naissante du bébé du zoo du Bronx. Toutefois, même une fois l’âge adulte atteint, le loris lent pygmée conserve des proportions modestes. Sa longueur totale oscille entre 15 et 25 centimètres.
Sur la balance, un spécimen adulte ne représente qu’une masse comprise entre 300 et 450 grammes. Cette petite taille est une caractéristique essentielle de leur morphologie, leur permettant de se mouvoir discrètement dans la canopée dense de leur habitat naturel sans attirer l’attention des prédateurs.
L’un des rares mammifères venimeux au monde
Au-delà de leur apparence inoffensive, ces créatures possèdent une caractéristique biologique qui les distingue de la quasi-totalité des mammifères : elles sont venimeuses. Le mécanisme de défense est sophistiqué et repose sur une glande située au niveau de la partie supérieure de leur bras. L’animal lèche cette zone pour activer la production de toxines.
Le venin ainsi recueilli vient remplir des rainures spécialement adaptées situées dans leurs dents. Lorsqu’il se mélange aux enzymes présentes dans leur salive, le cocktail devient actif. La morsure qui en résulte est connue pour être particulièrement douloureuse, un moyen de dissuasion efficace contre les agressions.
Pour l’être humain, cette morsure ne représente généralement pas un danger mortel. Cependant, il existe des exceptions notables. Dans de rares cas, l’exposition à ce venin peut provoquer un choc anaphylactique sévère, nécessitant une intervention médicale immédiate. Cette particularité rappelle que derrière leur aspect adorable, ces animaux sauvages disposent de moyens de défense redoutables.
Une distinction d’espèces confirmée en 2023
La classification scientifique de ces animaux a connu une évolution majeure très récente. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) reconnaît désormais deux espèces distinctes. Cette séparation officielle entre le loris lent pygmée du Nord (*Xanthonycticebus intermedius*) et le loris lent pygmée du Sud (*Xanthonycticebus pygmaeus*) n’a été actée qu’en 2023.
La répartition géographique permet de mieux comprendre cette distinction. L’espèce du Sud, *Xanthonycticebus pygmaeus*, évolue principalement au Vietnam, au Laos et au Cambodge. De son côté, l’espèce du Nord occupe des territoires au Vietnam, au Laos, ainsi que dans certaines régions de Chine. Cette distribution spécifique souligne l’importance de préserver les différents habitats régionaux.
Les scientifiques soupçonnaient cette distinction depuis longtemps, s’appuyant sur des rapports anecdotiques et des observations de terrain. La confirmation est finalement venue d’analyses approfondies. Les différences identifiées dans leur ADN, ainsi que l’étude comparative de leurs crânes et de leurs mâchoires, ont permis de prouver que ces populations formaient bien deux espèces distinctes.
Des menaces multiples et un avenir incertain
Malheureusement, ces deux espèces font face à des menaces considérables qui ont conduit à leur classement comme espèces en danger. Le loris lent pygmée du Sud subit une pression anthropique intense. Il est lourdement exploité pour alimenter le commerce illégal des animaux de compagnie, utilisé dans la médecine traditionnelle, ou encore chassé pour servir de nourriture.
Une problématique supplémentaire vient complexifier la conservation de ces primates : l’hybridation forcée. Certains marchands d’animaux, cherchant à répondre à la demande, tentent de faire se reproduire ensemble les espèces du Nord et du Sud. Cette pratique a des conséquences désastreuses sur le plan génétique.
Le croisement entre ces deux espèces distinctes aboutit à la naissance d’hybrides non fertiles. Ces individus, incapables de se reproduire, ne contribuent pas à la survie de l’espèce et représentent une impasse biologique, aggravant encore la fragilité des populations sauvages déjà déclinantes.
Un programme de conservation au cœur du zoo
L’arrivée de ce bébé au zoo du Bronx revêt une importance stratégique pour la conservation. Il s’agit du tout premier primate à naître au sein de l’exposition « World of Darkness » du parc. Cette naissance s’inscrit dans le cadre d’un programme d’élevage rigoureux destiné à maintenir la diversité génétique des loris lents pygmées en captivité.
Le public aura l’opportunité d’observer ce jeune spécimen dans des conditions respectueuses de son rythme biologique. Grâce à un système d’éclairage LED programmable inversant le cycle jour-nuit, les visiteurs peuvent voir ces animaux nocturnes évoluer durant les heures d’ouverture du zoo, alors que l’obscurité artificielle simule pour eux la nuit.
Cette visibilité joue un rôle pédagogique crucial. En permettant aux visiteurs d’admirer cet adorable bébé, le zoo espère éveiller les consciences sur les menaces qui pèsent sur l’espèce dans la nature. L’émerveillement suscité par cette naissance devient ainsi un levier pour soutenir les efforts de protection nécessaires à la survie de ces primates fascinants.
Selon la source : iflscience.com