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Voilà pourquoi vous ne voulez vraiment pas vous frotter au ratel
Crédit: lanature.ca (image IA)

Petit format, immense réputation

Il a la taille d’un petit chien, un corps trapu et une fourrure rayée caractéristique. Pourtant, le blaireau à miel s’est forgé une réputation de combattant intrépide et coriace. Qu’on soit un prédateur redouté ou un bagarreur aguerri, il est une règle tacite dans la nature : on ne cherche pas d’ennuis à cet animal.

Son nom scientifique, le ratel, désigne l’unique espèce vivante du genre Mellivora et de la sous-famille des Mellivorinae. Derrière ce nom se cache une créature dont la ténacité lui a permis de conquérir un territoire immense, couvrant une large part de l’hémisphère oriental.

Un territoire conquis par la force

credit : lanature.ca (image IA)

Le blaireau à miel est un véritable globe-trotter. Son aire de répartition géographique s’étend de l’Afrique et du sud-ouest de l’Asie jusqu’au sous-continent indien. Chaque région abrite des sous-espèces légèrement différentes, adaptées à leur environnement, mais toutes partagent cette même robustesse légendaire.

Son nom commun, lui, vient d’une habitude bien précise et sans surprise : sa tendance à piller les ruches. Il y cherche les larves et le miel, qui constituent une partie de son régime alimentaire. Cette spécialité ne l’empêche pas d’être un opportuniste redoutable, capable de dévorer à peu près tout ce qui lui tombe sous la griffe.

Un appétit sans limites, du rongeur à la tortue

Que mange un blaireau à miel ? La réponse est simple : presque tout. Son menu se compose de rongeurs, de petits mammifères, de reptiles, d’oiseaux et d’œufs. Sa capacité à chasser et à s’adapter est remarquable. Un cas étrange a même été documenté en 1998 par des chercheurs dans le biome du Nama Karoo, en Afrique du Sud.

Sur place, les scientifiques ont collecté les carapaces vides de 63 tortues tentes. Près de la moitié d’entre elles avaient été proprement fissurées, leur contenu entièrement dévoré. Les traces retrouvées sur les lieux du crime ne laissaient aucune place au doute : le suspect principal était le blaireau à miel.

Une machine de combat naturelle

credit : lanature.ca (image IA)

Les serpents venimeux figurent également parmi ses proies favorites. Une telle chasse implique inévitablement de subir quelques morsures. Mais le ratel a une arme secrète : il a développé une résistance à de nombreux venins de serpents. Cette immunité est due à une mutation de son récepteur nicotinique de l’acétylcholine, qui empêche certaines neurotoxines de se lier à ses cellules.

Au-delà de son attitude provocatrice, le blaireau à miel est physiquement bâti pour le combat au corps à corps. Sa peau est si épaisse qu’elle peut résister aux piqûres d’abeilles, aux piquants de porc-épic et aux morsures de chiens. Bien que son corps paraisse massif, sa peau est très lâche, ce qui rend la prise extrêmement difficile pour ses ennemis. Si la mâchoire d’un prédateur se referme sur son cou, le blaireau peut pivoter à l’intérieur de sa propre peau pour lancer une contre-attaque féroce.

Contrairement à certaines rumeurs, il ne mange pas de lions adultes. Il existe cependant des preuves de prédation sur leurs petits. En réalité, le blaireau à miel est lui-même la proie des lions, des léopards et des hyènes. Mais, comme le montrent de nombreuses vidéos, il leur livre toujours un combat acharné.

Une surprenante capacité de coopération

credit : lanature.ca (image IA)

Malgré leur nature antagoniste, ces animaux font preuve d’une certaine capacité de coopération. Une étude de 2023 a avancé que certaines populations de blaireaux à miel travailleraient de concert avec des oiseaux indicateurs (honeyguide birds) pour exploiter les ruches. L’oiseau guide le mammifère, qui se charge d’ouvrir la ruche.

Pour vérifier cette hypothèse, les chercheurs ont interrogé 400 chasseurs de miel humains à travers l’Afrique. La plupart se sont montrés sceptiques quant à l’existence de cette relation mutualiste. Cependant, trois communautés en Tanzanie ont rapporté avoir été témoins de ces interactions, bien que lors de rares occasions. Preuve que même les plus durs ont parfois besoin d’un coup de main.

Selon la source : iflscience.com

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