Aller au contenu
Fin de règne: Legault prolonge ses alliés à des postes clés pour l’après-élection
Crédit: lanature.ca (image IA)

Des nominations stratégiques avant le départ

Le 12 avril prochain, François Legault quittera son poste de premier ministre du Québec. Mais avant de tourner la page, son gouvernement semble s’activer pour pérenniser l’influence de certains de ses proches au sein de la haute fonction publique. La manœuvre est simple : prolonger les mandats de deux fidèles alliés dont les contrats expiraient juste après les prochaines élections.

Cette stratégie permettrait à ces hauts fonctionnaires de conserver leur place, même en cas de changement de gouvernement. Un moyen d’assurer une forme de continuité, mais qui soulève des questions sur le respect des promesses passées du premier ministre sortant.

Michel Léveillé, un communicant verrouillé pour cinq ans

Le cas de Michel Léveillé est emblématique. Nommé secrétaire général associé à la communication gouvernementale après la victoire de la CAQ en 2018, il occupe un poste névralgique. Sa mission : superviser l’ensemble des communications de tous les ministères, tout en conseillant directement le cabinet du premier ministre.

Pour ce rôle, il percevait en 2024 un salaire de 246 000 dollars par année, auquel s’ajoutent des frais de fonction. Son mandat devait initialement se terminer le 18 octobre 2026, soit à peine deux semaines après le prochain scrutin général. Contre toute attente, le Conseil des ministres a décidé de le nommer de nouveau à ce même poste. Le résultat ? Son contrat est renouvelé pour cinq ans, obligeant le futur gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, à composer avec lui.

Le même scénario pour d’autres poids lourds

Le sort de Michel Léveillé n’est pas isolé. Un scénario identique s’est joué pour Alain Sans Cartier, qui a été reconduit au poste de sous‐ministre du ministère des Relations internationales et de la Francophonie. Son mandat, lui, devait prendre fin le 20 octobre prochain. Ancien bras droit de Mario Dumont et ex-chef de cabinet de Gérard Deltell, il est devenu une figure importante de l’administration québécoise depuis sa nomination comme secrétaire général associé au ministère du Conseil exécutif en 2019.

Depuis 2022, Alain Sans Cartier occupe ses fonctions actuelles, pour lesquelles il touche un salaire annuel de 254 000 dollars, en plus de diverses allocations. Dans la même vague de renouvellements, François Legault a confirmé une autre collaboratrice de longue date, Nathalie Verge. Son mandat de sous-ministre du ministère de la Culture et des Communications, qui arrivait à échéance fin mars, a lui aussi été prolongé. Cette ancienne directrice de cabinet sous un gouvernement péquiste et ex-directrice des communications de la CAQ perçoit un salaire annuel de 232 000 dollars, auquel s’ajoutent des allocations.

La « continuité » comme seule explication

Face à ces renouvellements anticipés, le cabinet du premier ministre n’a pas été en mesure d’expliquer précisément les raisons d’un tel empressement. Interrogé à ce sujet, le porte-parole Ewan Sauves a plaidé qu’il s’agissait d’un geste posé « parfois » dans le but d' »assurer la continuité des actions ».

Le porte-parole a également tenu à préciser que « les renouvellements sont basés sur la compétence ». Une justification qui laisse néanmoins entière la question du calendrier choisi pour ces décisions, à quelques semaines seulement du départ du premier ministre.

Un reniement des promesses de campagne ?

Cette série de nominations entre directement en contradiction avec un objectif que François Legault s’était lui-même fixé : mettre un terme aux emplois à vie dans la haute fonction publique. Ce n’est pas la première fois que cette promesse est mise à mal. En mai dernier, notre Bureau parlementaire révélait déjà que le gouvernement Legault avait nommé près d’une trentaine d’ex-employés politiques, d’anciens candidats ou de proches du parti à des postes liés à la fonction publique.

Cette pratique contraste fortement avec le discours que tenait François Legault lorsqu’il était dans l’opposition. Il dénonçait alors publiquement les nominations partisanes des gouvernements libéraux et péquistes. « Il y a eu trop de nominations partisanes et pas assez de nominations qui ont été faites vraiment pour la compétence », déclarait-il en 2006. Un engagement qu’il avait réitéré pendant la campagne électorale de 2018, en promettant de mettre fin aux nominations de « petits amis ».

Selon la source : journaldemontreal.com

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu