Une fillette de 10 ans part se promener sur la plage… et découvre 5 empreintes de dinosaures
Auteur: Mathieu Gagnon
Une découverte extraordinaire au bord de l’eau
Une simple promenade de vacances peut parfois se transformer en une véritable machine à remonter le temps. C’est l’expérience qu’ont vécue Tegan, 10 ans, et sa mère, Claire, lors d’une balade sur une plage du Pays de Galles. Alors que la fillette espérait trouver quelques jolis coquillages, ses pas l’ont menée vers une découverte bien plus massive et infiniment plus ancienne.
Le duo mère-fille se trouvait près du Vale of Glamorgan, sur la côte du sud du Pays de Galles, un lieu qui s’est taillé une réputation de « hotspot » pour les trouvailles préhistoriques. Malgré cela, la surprise fut totale lorsque Tegan a littéralement buté sur une série de cinq empreintes de pas gigantesques. Les marques, espacées d’environ 30 pouces (soit environ 76 centimètres) les unes des autres, formaient une piste évidente laissée par une créature d’un autre âge.
L’excitation était palpable. « C’était tellement cool et excitant », a confié Tegan à la BBC. « Nous étions juste sorties pour voir ce que nous pouvions trouver. Nous ne pensions pas trouver quoi que ce soit. Nous avons trouvé que c’étaient de grands trous qui ressemblaient à des empreintes de dinosaures, alors maman a pris des photos, a envoyé un e-mail au musée et ça venait d’un dinosaure à long cou. »
L’œil de l’experte confirme les soupçons
Le réflexe de Claire a été le bon. Elle a immédiatement envoyé un courriel au National Museum Wales, le musée national du Pays de Galles. Son message a atterri sur le bureau de Cindy Howells, la conservatrice en paléontologie de l’institution. Pour la scientifique, les clichés ne laissaient que peu de place au doute. La taille des empreintes était le premier indice majeur.
« Ces empreintes sont si grandes », a expliqué Cindy Howells dans l’émission « The Dinohunters » de la BBC, « qu’il doit s’agir d’un type de dinosaure appelé sauropodomorphe. » Le premier indice crucial était la régularité de la piste. Contrairement à des cavités formées au hasard, les cinq empreintes suivaient une logique. L’experte a noté une distance constante entre elles, dessinant ce qui semblait être une alternance claire : un pied gauche, suivi d’un pied droit, puis d’un gauche, et d’un autre droit.
Cette cohérence dans la disposition des pas est la signature d’une marche, celle d’un animal se déplaçant. La découverte n’était donc pas le fruit du hasard géologique. Pour l’équipe du musée, le sentiment était électrique. « C’est une découverte assez importante — le frisson que l’on ressent quand quelqu’un nous contacte avec une découverte de dinosaure avérée », a ajouté Cindy Howells, « c’est incroyable. »
Camelotia : portrait d’un géant du Trias
Les experts ont pu affiner leur hypothèse. Le type de sauropodomorphe qui aurait laissé ces traces serait un camelotia, un herbivore moins connu du grand public qui vivait à la fin de la période du Trias. Ce dinosaure possédait des caractéristiques distinctives : un long cou, un corps massif, une longue queue et une petite tête.
Les reconstitutions scientifiques permettent d’esquisser un portrait-robot de l’animal. Il mesurait probablement environ 10 pieds de haut (près de 3 mètres) pour une longueur de 16 pieds (un peu moins de 5 mètres). Une de ses particularités était sa locomotion. Les paléontologues pensent que le camelotia marchait occasionnellement sur ses deux pattes arrière, mais utilisait aussi ses quatre membres pour se déplacer, selon les situations.
Le Pays de Galles, une surprenante terre de dinosaures
La découverte de Tegan a eu lieu sur un site bien particulier : Lavernock Point, une zone côtière située entre Cardiff et Barry. Le sol y est composé de siltstone rouge, une roche sédimentaire connue pour renfermer des fossiles préhistoriques. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la terre galloise livre ses secrets. Des empreintes de dinosaures y sont découvertes depuis plus d’un siècle.
Plus récemment, en 2014, un événement marquant s’est produit sur cette même plage, non loin des empreintes trouvées par la fillette. Deux frères y avaient mis au jour le squelette complet d’un dracoraptor. Ces trouvailles répétées changent la perception des scientifiques sur la présence de ces créatures dans la région.
« C’est incroyable car jusqu’à récemment, nous avions si peu de découvertes de dinosaures au Pays de Galles que nous ne pensions pas qu’il y en avait beaucoup ici », a souligné Cindy Howells. « Maintenant, nous avons une empreinte ou un os tous les cinq ou six ans et nous savons désormais que nous avons une séquence continue de dinosaures ayant vécu au Pays de Galles sur environ 15 millions d’années. C’est incroyable. »
Quand le passé ressurgit sous les pas d’une enfant
Pour Tegan et Claire, cette balade sur la plage restera gravée dans leur mémoire. Elle s’est transformée en une chasse aux fossiles plus fructueuse que quiconque aurait pu l’imaginer, un contact direct avec un passé lointain de plusieurs centaines de millions d’années.
La mère de la jeune découvreuse a parfaitement résumé ce sentiment vertigineux. « Il est difficile de comprendre que l’on marche sur la même plage où, il y a des centaines de millions d’années, se trouvait un énorme animal préhistorique », a partagé Claire. « On peut passer une vie entière à chercher des trésors de dinosaures, alors que cela arrive à Tegan à cet âge, c’est formidable. »
Selon la source : popularmechanics.com