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Découverte d’une culture montagnarde cachée dans les montagnes du sud de la Géorgie
Crédit: Antiquity (2026). DOI: 10.15184/aqy.2026.10331

Une culture des hauts plateaux sort de l’ombre

credit : lanature.ca (image IA)

Dans les montagnes reculées du sud de la Géorgie, des archéologues mettent au jour les traces d’une occupation humaine ancienne et durable. Une nouvelle étude, publiée dans la revue scientifique Antiquity, détaille les résultats de huit années de fouilles sur le plateau de Djavakhétie. Cette région du sud du Caucase reste l’une des moins explorées par les chercheurs.

Depuis 2017, les membres du projet Samtskhé-Djavakhétie (SJP) ont identifié pas moins de 168 sites archéologiques sur ces hauts plateaux. Les vestiges découverts s’étalent sur une longue période, de l’âge du Bronze jusqu’à l’époque médiévale. Parmi eux figurent les restes de fortifications en pierre, des zones d’habitation et de vastes nécropoles.

La technologie au service de l’histoire

Avant même de poser le pied sur de nombreux sites, l’équipe a eu recours à la télédétection. Cette technologie permet d’identifier les traces de structures enfouies et les caractéristiques du paysage, comme d’anciens murs ou des enclos invisibles à l’œil nu. Une fois les sites potentiels repérés, les chercheurs ont élaboré des cartes numériques pour visualiser la répartition des campements.

Cette cartographie détaillée leur a permis de mieux comprendre comment les populations se déplaçaient à travers ce territoire et s’adaptaient à un environnement particulièrement rude. C’est seulement après cette phase préparatoire que les fouilles ont pu commencer de manière ciblée et efficace sur le terrain.

Au cœur des fouilles : Baraleti et la forteresse de Meghreki

credit : Antiquity (2026). DOI: 10.15184/aqy.2026.10331

Après une cartographie approfondie du plateau, les archéologues ont sélectionné les sites les plus significatifs pour y concentrer leurs efforts. Parmi eux se trouvent Baraleti Natsargora, un grand monticule surnommé la « Colline des Cendres », ainsi que la forteresse de Meghreki. L’équipe a ensuite passé plusieurs années à parcourir le terrain à pied, menant des fouilles à de multiples endroits.

Chaque découverte, jusqu’au plus petit tesson de poterie, a été méticuleusement enregistrée. Les résultats se sont avérés d’une grande richesse. Sur le site de Baraleti, les chercheurs ont mis au jour plusieurs couches de cendres et de pierres superposées. Cette stratification suggère que des populations sont revenues s’installer à cet endroit précis pendant des milliers d’années, peut-être pour reconstruire leurs habitations ou renforcer leurs défenses. Une telle persistance indique l’importance de ce lieu.

Des symboles du passé qui racontent une culture

À Baraleti, l’équipe a également retrouvé un disque de bronze orné de motifs ressemblant à un soleil. Des objets similaires avaient déjà été découverts sur d’autres sites du sud de la Géorgie. Ils sont souvent associés à des sépultures, en particulier des tombes de femmes. Lors des fouilles de la forteresse de Meghreki, les archéologues ont trouvé des plaques d’argile colorées dans de nombreuses habitations, qui auraient pu servir lors de rituels ou pour afficher le statut élevé d’une famille.

Comme l’équipe l’explique dans son article, ces artefacts pourraient en dire long sur la culture et les systèmes de croyance des peuples du plateau. « L’étude d’artefacts symboliques tels que les disques solaires et les plaques décorées promet d’approfondir notre compréhension des systèmes de croyance et des marqueurs d’identité dans les communautés protohistoriques. » D’autres découvertes notables sur l’ensemble des sites incluent d’imposants murs d’enceinte et d’anciennes zones de stockage.

Un carrefour d’échanges plutôt qu’un lieu isolé

credit : lanature.ca (image IA)

Loin de l’image d’un avant-poste isolé, la présence de ces structures suggère que la région était un véritable centre d’activités. Les murs massifs et les espaces de stockage témoignent d’une société organisée et connectée, capable de gérer des ressources et de se défendre. Une vision que les chercheurs confirment.

« Le SJP met en évidence un paysage structuré par des schémas d’occupation récurrents, l’exploitation des ressources et des pratiques symboliques, une arène de mobilité et de négociation plutôt que d’isolement », expliquent-ils. La prochaine étape du projet consistera à utiliser la datation par le radiocarbone. Cette technique permettra d’établir une chronologie précise pour les différentes couches d’occupation et de mieux comprendre l’histoire de cette fascinante culture des montagnes.

Selon la source : phys.org

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