Ouverture de la tombe d’une reine vieille de 700 ans : découverte inattendue lors de fouilles archéologiques
Auteur: Simon Kabbaj
Le lancement d’une exploration commémorative

En 1327, la reine Elisenda d’Aragon posait les fondations du monastère royal de Sainte-Marie de Pedralbes. Ce complexe religieux majestueux, situé à Barcelone, est par la suite devenu sa dernière demeure. Pour célébrer le sept-centième anniversaire de cette institution historique, des archéologues ont entrepris une série de fouilles formelles sur le site funéraire.
Ces travaux commémoratifs avaient pour objectif premier d’approfondir les connaissances matérielles sur ce monument emblématique. Les spécialistes s’attendaient logiquement à y découvrir des éléments permettant de confirmer les écrits anciens précieusement conservés dans les registres d’époque.
La réalité du terrain a cependant offert une perspective inédite aux chercheurs. Les vestiges mis au jour dans les sous-sols de l’édifice ont révélé des preuves archéologiques se trouvant en contradiction directe avec les archives historiques jusqu’alors acceptées par la communauté scientifique.
L’ouverture du sépulcre de la reine Elisenda

Selon un communiqué traduit de l’Institut de Culture de Barcelone via Google Traduction, les investigations ont commencé par le caveau royal. Cette tombe spécifique contenait effectivement des restes squelettiques correspondant au profil connu d’Elisenda de Montcada. Les ossements de la fondatrice étaient placés dans une boîte en bois d’origine médiévale, laquelle était ornée de soie et de clinquant.
L’Institut décrit Elisenda comme une reine « profondément religieuse ». À la suite du décès de son époux, Jacques II d’Aragon, la souveraine avait fait le choix de s’installer dans un petit palais adjacent au monastère. Le complexe était alors dirigé par un groupe de religieuses catholiques, connues sous le nom de Clarisses.
Bien qu’elle ait conservé son statut, Elisenda exerçait une influence directe sur la communauté monastique, « au nom desquelles elle a émis quatre ordonnances et à qui elle a laissé la plupart de ses possessions, » précise l’Institut. Les preuves archéologiques suggèrent qu’elle a été inhumée dans des vêtements austères « probablement liés à un mode de vie monastique, ». Les analyses complémentaires ont également indiqué que la reine est décédée aux alentours de 70 ans, vraisemblablement des suites de multiples maladies osseuses.
L’énigme de la tombe du chevalier Artau de Foces

Si la sépulture royale correspondait aux prévisions des chercheurs, la véritable surprise a émergé lors de l’ouverture de sept autres tombes pour cet anniversaire. Les fouilles, qui ont débuté à la fin de l’année 2024, se sont notamment concentrées sur un caveau traditionnellement attribué au chevalier aragonais Artau de Foces.
À l’intérieur de cette sépulture de pierre, les archéologues n’ont décelé aucune trace d’un individu de sexe masculin. Le monument renfermait en réalité les dépouilles de trois nourrissons et de deux jeunes femmes. Parmi ces restes, le crâne de l’une des jeunes femmes a été extrait avec sa queue de cheval parfaitement préservée par le temps.
Face à ces découvertes déroutantes, Anna Castellano, conservatrice en chef du monastère, a détaillé l’importance de la trouvaille auprès de Catalan News. « C’est un saut qualitatif, car jusqu’à présent nous n’avions pu étudier cela qu’à travers les preuves qui ont survécu, telles que ce bâtiment historique, la propre tombe de la reine ou l’héraldique, » a-t-elle déclaré.
La sépulture surpeuplée de Francesca Saportella

Les mystères souterrains de Pedralbes se sont poursuivis lors de l’examen d’un autre monument funéraire. Les équipes se sont penchées sur la tombe censée abriter les restes de Francesca Saportella, la nièce d’Elisenda. Une fois de plus, la réalité archéologique a contredit les attributions historiques officielles.
Ce caveau précis s’est révélé contenir les ossements d’au moins neuf individus distincts, provenant tous de différentes époques. Les experts ont formellement établi qu’aucun de ces squelettes ne correspondait à Francesca Saportella. Le contenu de la tombe incluait de surcroît quatre hommes présentant des blessures par arme blanche, ainsi que le torse momifié d’une femme enceinte.
Ces superpositions inattendues posent la question d’une réutilisation systématique des sites funéraires au fil des époques. Josep Maria Vila, codirecteur du projet, a confié au média APD : « C’était une opportunité d’étudier les caractéristiques physiques de ces personnes et aussi tout ce qui entoure les gestes funéraires et les systèmes d’enterrement dans ces types de communautés, ».
Un programme de recherche prolongé jusqu’en 2027

Ces premières révélations marquent le point de départ d’investigations scientifiques beaucoup plus vastes. Afin d’analyser l’ensemble des données récoltées, il est prévu que le projet de recherche se poursuive au moins jusqu’en 2027, mobilisant diverses disciplines de laboratoire.
Outre les nombreux artefacts récupérés dans les zones d’inhumation, les équipes ont prélevé avec soin plus de 200 échantillons archéobotaniques. Ils ont également procédé à l’extraction de traces d’ADN appartenant à Elisenda ainsi qu’aux multiples autres individus retrouvés dans l’enceinte du monastère.
Le communiqué de l’Institut dresse un bilan provisoire et esquisse les futurs enjeux. « Sept cents ans après la fondation du monastère, de nombreuses questions restent ouvertes, » indique le document, avant de conclure : « Le défi pour l’année à venir sera de transformer ces premières découvertes en une lecture historique complète qui nous permet de mieux comprendre non seulement qui étaient ces personnes, mais aussi comment elles ont vécu, comment elles sont mortes, et comment elles ont été commémorées. »
prompt image: IMAGE_PROMPT: Photographie documentaire 8K dans un laboratoire scientifique. Une table en acier inoxydable sur laquelle sont alignés des petits flacons transparents contenant des échantillons de terre et des fragments d’ADN. En arrière-plan flou, des chercheurs analysent des données sur des écrans. Éclairage clinique.
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