Trump : L’Iran veut la paix, mais les conditions sont insuffisantes ; leur choix intelligent : se rendre
Auteur: Simon Kabbaj
Washington et Téhéran : le dialogue impossible ?

Le ton monte de nouveau entre les États-Unis et l’Iran. Ce samedi 14 mars, le président américain Donald Trump a balayé toute possibilité de pourparlers imminents avec la République islamique, alors même qu’il affirmait que Téhéran souhaitait conclure un accord. Dans une sortie médiatique remarquée, il a également émis des doutes sur l’état de santé, voire la survie, du nouveau Guide Suprême iranien, Mojtaba Khamenei, tout en qualifiant les rumeurs de sa mort de simples bruits de couloir.
Une fois de plus, sans donner de noms, Donald Trump a suggéré qu’il avait déjà en tête des personnalités capables de diriger l’Iran. Ces déclarations interviennent dans un contexte de haute tension, où Téhéran martèle ne pas être prêt à discuter avec Washington. Les autorités iraniennes accusent les Américains de trahison pour avoir mené une attaque en pleines négociations sur le nucléaire, et précisent que leur Guide Suprême a bien été blessé mais que son état est désormais stable.
Un accord à l’arrêt : les conditions de chaque camp

Au cours d’un entretien téléphonique avec la chaîne NBC News, Donald Trump a clairement exposé sa position sur d’éventuelles négociations. « L’Iran veut un accord, et je ne veux pas le conclure parce que les conditions ne sont pas encore assez bonnes », a-t-il affirmé. Il a insisté sur le fait que tout arrangement devrait être « très solide » pour obtenir l’aval des Américains. Mais lorsqu’il a été interrogé sur la nature précise de ces conditions, sa réponse fut laconique : « Je ne veux pas vous dire ça ».
Cette fin de non-recevoir fait écho aux exigences posées par le camp iranien. Le 12 mars, le président iranien Masoud Pezeshkian avait détaillé dans une publication sur le réseau social X les trois conditions préalables à la fin de la guerre. Il s’agit de la reconnaissance des droits légitimes de la République islamique, du paiement de réparations et de l’obtention de garanties internationales fermes contre toute agression future. De son côté, Donald Trump, qui a qualifié l’Iran de « pays coriace », a déclaré la victoire dans la guerre, sans toutefois fournir de preuves pour étayer ses dires.
Les déclarations chocs de Trump sur le Guide Suprême

Le point le plus saillant de l’intervention de Donald Trump concerne la santé de Mojtaba Khamenei, le nouveau Guide Suprême. « Je ne sais pas s’il est seulement en vie. Jusqu’à présent, personne n’a pu le montrer. J’entends dire qu’il n’est pas en vie, et s’il l’est, il devrait faire quelque chose de très intelligent pour son pays, et c’est de se rendre« , a lancé le président américain. Paradoxalement, quelques minutes plus tard, il qualifiait les informations sur son décès de « rumeur ».
Fidèle à sa stratégie, Trump a de nouveau laissé entendre qu’il avait des alternatives pour le leadership iranien, réitérant des propos tenus quelques jours plus tôt sur ses « trois bonnes options ». « Nous avons des gens vivants qui seraient de grands leaders pour l’avenir du pays », a-t-il déclaré samedi, sans plus de précisions. Ces remarques s’inscrivent dans la lignée de celles du secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, qui affirmait la veille, le vendredi 13 mars : « Les dirigeants iraniens sont désespérés et se cachent, ils sont passés à la clandestinité, comme ce rat avait l’habitude de le faire. Nous savons que le nouveau soi-disant, pas-si-suprême leader (Mojtaba Khamenei) est blessé et probablement défiguré ».
La réponse de Téhéran : un leader « sain et sauf » et combatif

Face aux spéculations américaines, la République islamique a rapidement organisé sa contre-offensive médiatique. Ce samedi 14 mars, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé qu’il n’y avait « aucun problème » avec le nouveau Guide Suprême. « Il a envoyé son message hier, et il accomplira ses devoirs », a-t-il déclaré au journaliste Ayman Mohyeldin de la chaîne MSNBC, selon des propos rapportés par l’AFP. Dès le 11 mars, Yousef Pezeshkian, fils du président Masoud Pezeshkian, avait déjà assuré que Mojtaba Khamenei était « sain et sauf ».
Contredisant les rumeurs de coma relayées en Occident, le principal intéressé avait lui-même pris la parole. Le jeudi 12 mars, Mojtaba Khamenei a prononcé son premier discours public. Il y a affirmé que l’Iran n’hésiterait pas à se venger des crimes commis par l’ennemi, citant notamment le massacre de l’école de Minab. Il a également mis en garde les pays du Golfe, leur demandant de fermer les bases américaines sur leur sol, et a précisé que l’Iran n’avait ciblé que des bases américaines dans les pays voisins, les exhortant à clarifier leur position face aux « agresseurs et aux tueurs de notre peuple ».
Coma et amputation ? La version des médias occidentaux

La guerre de l’information bat son plein. Une partie de la presse occidentale a en effet relayé des informations alarmantes sur l’état de santé de Mojtaba Khamenei. Selon ces sources, le nouveau Guide Suprême serait dans le coma et aurait perdu une jambe suite à une frappe aérienne américano-israélienne. Le journal britannique *The Sun* a été le premier à publier ces allégations, citant une source anonyme à Téhéran, une information ensuite largement amplifiée par d’autres médias britanniques.
Le rapport affirme que ces informations proviendraient de l’hôpital où Mojtaba Khamenei serait soigné, le Sina University Hospital. La source citée par le journal précise qu’une section de l’établissement a été entièrement bouclée, avec une présence sécuritaire massive. Le nom du médecin en charge du patient est même avancé : il s’agirait de Mohammad-Reza Zafarghandi, qui est à la fois le plus grand chirurgien traumatologue d’Iran et le ministre de la Santé, du Traitement et de l’Éducation médicale. *The Sun* rapporte les mots de sa source : « Une ou deux de ses jambes ont été amputées. Son foie ou son estomac a également été perforé. Il serait apparemment aussi dans le coma ».
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