Succession à la CAQ : le futur premier ministre choisi par moins de 21 000 membres
Auteur: Adam David
Un choix décisif entre les mains d’un petit groupe
La succession de François Legault est officiellement enclenchée, révélant un corps électoral particulièrement restreint. Seulement 20 500 personnes ayant leur carte de membre de la Coalition Avenir Québec (CAQ) sont habilitées à choisir le prochain chef, un poste qui vient automatiquement avec celui de premier ministre du Québec.
Le processus de recrutement pour participer à ce scrutin interne est désormais clos. Les personnes intéressées par cette élection avaient jusqu’à vendredi dernier pour prendre leur carte de membre du parti.
Le calendrier de cette transition est fixé de manière stricte par les instances de la formation politique. Le résultat du vote pour le prochain chef de la CAQ et futur dirigeant de la province sera connu publiquement le 12 avril.
L’essor des adhésions et la dynamique locale
La course au leadership met en scène deux figures politiques connues du grand public. Bernard Drainville et Christine Fréchette sont les deux prétendants officiellement en lice pour reprendre les rênes de la formation politique.
Depuis le déclenchement de cette campagne visant à trouver un remplaçant au dirigeant sortant, le parti a observé un afflux militant. Ce sont 5500 personnes de plus qui ont rejoint les rangs par rapport au début de la course.
Sur le terrain, la mobilisation se traduit par des chiffres très localisés. L’équipe du candidat Bernard Drainville souligne que Lévis, le comté de ce dernier, remporte désormais la palme de la circonscription comptant le plus de membres de la CAQ au Québec, avec environ 500 membres actifs.
Les règles d’adhésion et le statut particulier des électeurs
Le parti a communiqué lundi une mise à jour sur le volume d’inscrits appelés aux urnes. La formation politique a déclaré : « Le nombre de membres possédant le droit de vote est de 20 576. Ce chiffre est préliminaire, puisque la compilation n’est pas terminée ».
Les critères pour obtenir le droit de participer à ce choix politique majeur sont spécifiques. Il suffit d’être âgé d’au moins 16 ans et d’être domicilié au Québec depuis six mois pour adhérer à la CAQ et choisir le successeur de François Legault.
Une particularité ressort des données internes du mouvement. Notons que 398 membres de la CAQ ne sont pas des électeurs au sens de la loi électorale. Dans le détail, cela signifie que 355 personnes ne sont pas citoyens canadiens et que 43 personnes sont des jeunes de moins de 18 ans.
Le débat sur l’immigration s’invite dans la course
La composition de cette base militante a suscité de vives interrogations chez l’un des prétendants au poste. L’aspirant chef Bernard Drainville craignait l’influence potentielle des immigrants temporaires dans le choix du futur leader caquiste et premier ministre du Québec.
Ces craintes s’inscrivent dans un contexte politique tendu sur la scène provinciale. Cette situation survient alors que le débat sur l’immigration et l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) fait rage dans l’espace public.
Face à ce constat, le candidat Drainville réclamait même des changements aux règles internes d’adhésion. Cependant, le parti jugeait ne pas pouvoir procéder à des modifications avant l’échéance fixée pour le recrutement.
Le poids militant des autres formations politiques
Une mise en perspective avec les autres forces provinciales permet de situer la taille de ce corps électoral. À titre de comparaison, le Parti Québécois, qui refuse de divulguer le nombre précis de ses adhérents, soutient qu’il compte plus de 40 000 membres.
Du côté de la droite provinciale, les chiffres avancés sont encore supérieurs. Au Parti conservateur du Québec, le porte-parole affirme qu’il y a 65 000 membres, mais précise que plusieurs d’entre eux sont actuellement en attente de renouvellement de leur adhésion.
Les autres groupes représentés à l’Assemblée nationale affichent des volumes de militants différents. Il y a environ 25 000 membres inscrits au Parti libéral du Québec et 20 000 personnes encartées chez Québec solidaire.
Selon la source : journaldequebec.com