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Détroit d’Ormuz : Donald Trump rejette la trêve et fustige ses alliés
Crédit: lanature.ca (image IA)

Le rejet catégorique d’une trêve par Donald Trump

Le conflit au Moyen-Orient ne montre aucun signe d’apaisement imminent. Ce vendredi, Donald Trump a maintenu une ligne de communication martiale et triomphaliste, écartant la perspective d’une fin rapide des hostilités avec l’Iran. En quittant la Maison-Blanche pour se rendre en Floride, le président américain a exposé sa vision inflexible devant les journalistes présents.

L’objectif commun assumé par les États-Unis et Israël demeure la « victoire » totale. Faisant preuve d’assurance face à la presse, le chef d’État a déclaré : « Je ne veux pas faire un cessez-le-feu. Vous savez, vous ne faites pas de cessez-le-feu quand vous anéantissez littéralement l’adversaire ». Il a poursuivi son argumentaire en décrivant l’intensité des opérations militaires en cours : « Nous les frappons terriblement fort. Je ne crois pas qu’il soit possible d’être frappé plus fort. »

La stratégie américaine semble toutefois sujette à des déclarations contrastées. Quelques heures seulement après cette intervention publique rejetant tout arrêt des combats, Donald Trump a utilisé sa plateforme Truth Social pour évoquer une nouvelle orientation. Selon ce message, Washington envisage de « réduire graduellement » ses opérations au Moyen-Orient contre « le régime terroriste iranien ».

La réplique frontale du nouveau guide suprême iranien

Face aux déclarations de l’administration américaine, le sommet de l’État iranien oppose un discours de résistance implacable. La récente transition à la tête du pays a placé le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, au centre de la communication officielle en cette période de vives tensions géopolitiques.

L’occasion choisie pour répondre fut la diffusion d’un message écrit à l’attention de la population, publié ce même vendredi pour marquer le Nouvel An persan. Dans cette adresse solennelle, le dirigeant affirme que l’Iran a d’ores et déjà infligé « un coup vertigineux » à ses adversaires sur le terrain militaire.

Ce texte officiel s’attaque directement à la constance du discours tenu à Washington. Pour Mojtaba Khamenei, les changements de ton observés outre-Atlantique constituent le signe d’une stratégie défaillante. Il souligne ainsi : « L’ennemi a été vaincu […] au point qu’il se met maintenant à prononcer des paroles contradictoires et absurdes, » dressant un parallèle direct avec les revirements de l’exécutif américain.

Des critiques virulentes envers le Canada et l’OTAN

La question épineuse du détroit d’Ormuz cristallise les désaccords profonds entre les États-Unis et leurs partenaires historiques. Plus tôt dans la journée de vendredi, Donald Trump avait fustigé le refus ou le simple silence des pays membres de l’OTAN concernant l’envoi de forces militaires pour aider à débloquer cette zone hautement stratégique.

Sur le réseau Truth Social, le locataire de la Maison-Blanche a exprimé son mécontentement sans détours. « Sans les États-Unis, l’OTAN EST UN TIGRE DE PAPIER. Ils n’ont pas voulu se joindre à la bataille pour arrêter un Iran doté de l’arme nucléaire. Maintenant que le combat militaire est GAGNÉ, avec très peu de danger pour eux, ils se plaignent des prix du pétrole élevés qu’ils doivent payer, mais ne veulent pas aider à ouvrir le détroit d’Ormuz », a-t-il rédigé. Il a ponctué cette publication d’un avertissement en lettres majuscules : « LÂCHES, et nous nous en SOUVIENDRONS! »

Cette charge intervient au lendemain d’une initiative diplomatique multilatérale. Le jeudi précédent, le Canada s’est joint au Royaume-Uni, à la France, à l’Allemagne, à l’Italie, aux Pays-Bas et au Japon après que ces pays eurent signé une déclaration commune concernant le blocage du détroit par l’Iran. Par ce document, ces nations ont manifesté leur volonté de « contribuer aux efforts appropriés pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit ».

Les défis colossaux de la sécurisation maritime

L’ouverture de cette voie maritime complexe dépasse largement les simples intentions diplomatiques. Rémi Landry, professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, a analysé les enjeux techniques lors de l’émission Midi info sur ICI PREMIÈRE. Ce lieutenant-colonel à la retraite insiste sur une réalité topographique : le détroit d’Ormuz, truffé de nombreuses îles et caractérisé par sa faible profondeur, est difficile à naviguer même en temps normal.

Les menaces militaires y sont invisibles mais omniprésentes. L’Iran est soupçonné d’avoir déployé des mines en surface et à quelques mètres sous l’eau. « Même s’il y a juste une mine de déployée, c’est un danger incroyable », prévient l’expert. À ce péril s’ajoute le fait que les côtes iraniennes n’ont pas été « nettoyées » avant le début des frappes israélo-américaines, laissant craindre la présence de bateaux chargés d’explosifs. De surcroît, les forces iraniennes y font exploser presque quotidiennement des drones. L’ensemble de ces facteurs rend le passage « très difficile à sécuriser », précise le professeur.

Dans ce contexte explosif, escorter des pétroliers comme le suggère le président américain « ce n’est pas suffisant » aux yeux de Rémi Landry. Il ne pense pas que le Canada pourrait mener à bien cette tâche à court terme. Bien que l’armée canadienne possède une expertise en déminage, organiser une telle mission en Iran nécessiterait du temps. Le cabinet du premier ministre Mark Carney s’était dit ouvert jeudi à « contribuer à la sécurité » du détroit via la déclaration à sept pays, bien que le document ne précise pas la nature de cette contribution. Le lendemain, Ottawa a complété cette démarche en offrant quelques garanties de sécurité à ses alliés du Golfe.

Des relations transatlantiques mises à l’épreuve des contradictions

Le suivi de la politique étrangère américaine s’apparente désormais à un exercice d’équilibriste pour les alliés traditionnels des États-Unis. La position présidentielle a connu de multiples variations au cours de la dernière semaine, compliquant l’élaboration d’une stratégie internationale lisible.

L’évolution du discours concernant le soutien de l’Alliance atlantique illustre parfaitement ces fluctuations. Mardi, après avoir initialement formulé une demande d’aide à l’OTAN pour dénouer l’impasse dans le détroit d’Ormuz, le président américain a publiquement assuré que les États-Unis n’avaient finalement « plus besoin d’aide », insistant sur le fait qu’ils n’en avaient « jamais eu besoin ».

Dans un message publié le même jour sur les médias sociaux, il détaillait sa perception de l’engagement européen : « La plupart de nos « alliés » de l’OTAN ont informé les États-Unis qu’ils ne souhaitent pas s’impliquer dans notre opération militaire contre le régime terroriste iranien au Moyen-Orient, et ce, bien que presque tous les pays aient fermement approuvé notre action et qu’il ne soit en aucun cas permis à l’Iran de posséder l’arme nucléaire ». Peu convaincu que les membres de l’OTAN viendraient au secours des États-Unis si la situation l’exigeait à l’avenir, il a conclu son propos par une pique définitive : « Nous les protégerons, mais ils ne feront rien pour nous, en particulier en cas de besoin ».

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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