10 plantes d’intérieur à bouturer gratuitement : le manuel complet pour multiplier sa collection
Auteur: Mathieu Gagnon
Introduction : le principe du bouturage et ses règles

Quand l’attrait pour les plantes d’intérieur s’installe, la volonté d’en acquérir toujours plus suit généralement de près. La multiplication par bouturage permet d’agrandir sa collection tout en préservant son budget. Cette opération ne requiert ni l’installation d’une serre, ni l’achat d’outils spécifiques, ni même l’investissement dans des lampes de culture.
Avant de commencer, il convient de rappeler que la législation encadre ces pratiques. Chaque année, les obtenteurs présentent de nouvelles variétés végétales, fruits de longues années de croisements, qu’ils protègent par des brevets en raison de leurs qualités uniques. Ce titre de propriété intellectuelle, valable pour une durée de vingt ans, interdit à toute personne autre que le propriétaire ou ses titulaires de licence de reproduire la plante. Il est donc formellement interdit de multiplier, même pour un usage strictement personnel, des espèces rares ou récemment introduites sur le marché sous ce régime.
En dehors de ces exceptions, une quantité considérable de végétaux anciens se prête à cette pratique en toute liberté. La technique de base demande de placer les tiges coupées dans un terreau humide, qu’il faudra maintenir très légèrement moite par la suite. L’extrémité coupée peut être plongée dans une hormone d’enracinement pour stimuler le processus, bien que cette étape ne soit pas tout à fait indispensable. Le pot doit ensuite être exposé à une lumière vive et indirecte, en évitant le soleil direct. Selon les espèces, l’attente varie de quelques semaines à quelques mois. L’apparition de nouvelles pousses, ou une légère résistance lorsque l’on tire délicatement sur la nouvelle plante, confirmera la formation des racines.
1. Le cactus des fêtes

Les cactus des fêtes, qui regroupent les variétés de Thanksgiving, de Noël et de Pâques, sont des spécimens d’une grande longévité. Ils s’épanouissent pendant des décennies, ce qui en fait les plantes idéales pour être transmises d’une personne à l’autre au fil du temps. La méthode pour les multiplier consiste à couper une section comprenant deux à trois segments de tige aplatis.
Une fois cette coupe réalisée, il faut laisser les fragments sécher à l’air libre pendant une nuit pour qu’ils forment un « cal ». Le lendemain, ces morceaux sont pressés dans un terreau humide. L’astuce pour obtenir un pot bien rempli plus rapidement consiste à regrouper plusieurs boutures dans le même récipient. Côté environnement, ces cactées exigent une lumière vive et indirecte, tout en laissant le substrat sécher légèrement entre deux arrosages.
2. Le pothos

Le pothos s’impose probablement comme le végétal le plus facile à bouturer. Si la plante commence à prendre une allure dégingandée, une coupe franche sur l’ensemble de son feuillage lui redonne un aspect compact. Pour la multiplication, la section prélevée doit mesurer quelques centimètres de long et comporter plusieurs feuilles. L’élément crucial reste la présence d’un nœud, ce point de croissance dormant situé à la jonction de la tige et de la feuille.
Ce fragment végétal s’insère directement dans un mélange de rempotage humide, qu’il faut conserver moite. Une autre approche propose de faire raciner ces tiges dans l’eau, en patientant jusqu’à l’apparition du système racinaire avant de procéder à la mise en pot. L’exposition lumineuse requise est vive et indirecte, et l’arrosage s’effectue après avoir laissé la terre sécher un peu.
3. Le philodendron à feuilles cordées

Le philodendron à feuilles cordées rivalise de simplicité avec le pothos lors de sa reproduction. La préparation démarre par le prélèvement d’une bouture de quelques centimètres de long, dotée de quelques feuilles bien formées. Tout comme pour son cousin, la présence d’un nœud est obligatoire.
Le morceau choisi s’enfonce dans le terreau préalablement humidifié, puis la patience fait le reste. La technique de l’enracinement dans l’eau fonctionne tout autant pour cette variété. L’emplacement idéal offre une luminosité indirecte, de modérée à vive. L’apport d’eau intervient dès que la surface du sol sèche légèrement.
4. La plante serpent

Les plantes serpents, couramment appelées sansevières, sont appréciées pour leur forme architecturale frappante et leur nature nécessitant peu d’entretien. Leur processus de propagation s’opère avec la même facilité. Il suffit de détacher une feuille entière ou bien de la sectionner en plusieurs tronçons mesurant entre cinq et huit centimètres de long.
Ces fragments s’enfoncent ensuite d’environ un peu plus d’un centimètre dans un support de culture humide. Cette espèce tolère une exposition lumineuse faible, moyenne ou vive, mais toujours indirecte. L’humidité du sol doit s’évaporer presque complètement avant d’envisager l’arrosage suivant.
5. Le collier de perles

Cette plante succulente au port retombant ne réclame pas énormément de soins attentifs pour produire des racines. L’opération débute par la prise d’une bouture de tige. Il est suggéré de la laisser sécher légèrement en amont, bien que le saut de cette étape garantisse un succès tout à fait équivalent.
Une fois prête, la tige vient se piquer dans un terreau maintenu moite. Afin d’étoffer une plante mère qui s’étiole, l’intégration de multiples boutures dans un même contenant se révèle très efficace. Les besoins de cette succulente se résument à une lumière indirecte vive et à des apports hydriques uniquement lorsque la majeure partie du substrat a séché.
6. Le monstera

Le prélèvement sur un monstera nécessite une tige pourvue d’au moins un nœud et de plusieurs feuilles. L’extrémité coupée se trempe dans une hormone d’enracinement, une manipulation qui a pour effet de favoriser une croissance plus rapide pour cette plante.
Le fragment végétal s’installe par la suite en le poussant dans un support de culture humide. Le développement des racines peut s’effectuer directement dans l’eau, suivi d’une mise en terre dès que les racines se manifestent. Le monstera évolue sous un éclairage vif et indirect, avec un arrosage pratiqué une fois que la surface de la terre est sèche.
7. Le pilea

Également connu sous le nom de plante à monnaie en raison de ses feuilles rondes, le pilea produit de petits « bébés » qui apparaissent spontanément à la base de la plante mère. Un couteau s’utilise pour soulever ces pousses et examiner la présence de racines sous la surface.
S’il en possède, le rejet se sépare de la grande plante pour s’installer dans son propre terreau. Il s’arrose légèrement et nécessite ensuite une période d’attente. Sa croissance allant de lente à modérée, il peut s’écouler quelques années avant que les bébés n’atteignent leur maturité. L’exposition demande une luminosité vive et indirecte, et le sol doit sécher en grande partie avant toute nouvelle hydratation.
8. L’aloe vera

L’aloe vera propose une multiplication par la taille des petits, ou bébés plantes, qui se développent autour de la base de la plante mère. Une autre solution consiste à procéder à une bouture de tige, en tirant une seule feuille de la plante pour la placer dans un mélange de rempotage.
La technique de la feuille simple demande davantage de temps pour s’enraciner. Elle constitue néanmoins une bonne méthode pour sauvegarder une plante devenue trop longue et dégarnie. L’aloe vera exige une lumière indirecte et vive. L’humidité du sol doit s’évaporer presque entièrement avant d’arroser à nouveau.
9. Le romarin

Le romarin se bouture en prélevant un morceau de tige long d’environ cinq à huit centimètres. Les feuilles situées sur la partie inférieure sont dépouillées, la tige est plongée dans une hormone d’enracinement, puis piquée fermement dans un terreau maintenu humide.
Le calendrier revêt une importance particulière pour cette herbe. La fin de l’hiver et le début du printemps représentent les périodes idéales pour enraciner le romarin, moment où il s’apprête à entrer dans une phase de forte croissance. Une exposition à une lumière vive et directe est indispensable, et le terreau doit sécher légèrement entre chaque apport d’eau.
10. La plante araignée

La plante araignée facilite grandement le travail en formant elle-même des « bébés » aux extrémités de ses longues tiges. Lorsque de petites protubérances racinaires deviennent visibles sur ces plantules, le rejet se taille pour être installé dans un autre pot rempli de terre.
L’utilisation d’un trombone courbé constitue une astuce efficace pour maintenir la plantule en contact permanent avec le sol. L’arrosage reprend alors de manière habituelle. La plante s’épanouit sous une lumière indirecte, d’une intensité moyenne à vive, et demande à être gardée dans une terre légèrement moite.
Conclusion : le temps, l’ultime ingrédient

La multiplication des végétaux d’intérieur repose sur le respect strict de leurs cycles physiologiques. Qu’il s’agisse de tiges sectionnées, de feuilles isolées ou de rejets naturels, chaque spécimen dicte son propre calendrier de développement racinaire.
Le processus, s’il s’avère accessible, exige une surveillance de l’hygrométrie et une gestion de la lumière adaptées à chaque variété botanique. Les substrats doivent être maintenus dans l’état de sécheresse ou d’humidité requis pour éviter la pourriture ou la déshydratation des jeunes boutures.
Le passage d’un fragment végétal à une plante parfaitement autonome s’inscrit inexorablement dans le temps long. L’observation minutieuse de la croissance validera le succès de l’opération, confirmant ainsi la viabilité de cette méthode de reproduction au sein des foyers.
Selon la source : countryliving.com