Les astronautes d’Artemis II perdront le contact avec la Terre lors du passage derrière la Lune
Auteur: Simon Kabbaj
Le cap décisif de la mission Artemis II

Les astronautes de la mission Artemis II viennent d’atteindre la moitié de leur périple spatial, un voyage prévu sur une durée totale de dix jours. Cette étape marque un moment charnière dans leur expédition autour de la Lune, entamée lors de leur lancement le mercredi 1er avril, avec un retour sur Terre programmé pour le vendredi 10 avril.
L’équipage de cette mission historique est composé de quatre membres : Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen. Le lancement initial s’est déroulé jusqu’à présent exactement selon les prévisions de l’agence spatiale.
La prochaine phase de leur voyage les amènera à s’approcher au plus près de la surface lunaire. En réalisant cette manœuvre, les quatre astronautes battront officiellement le record de la plus grande distance jamais parcourue par des êtres humains dans l’espace.
Une coupure totale des communications

En s’approchant de la Lune, l’équipage va devoir faire face à une période de quarante minutes au cours de laquelle la surface lunaire bloquera purement et simplement les signaux radio. Ces signaux sont technologiquement indispensables pour que le réseau Deep Space Network puisse maintenir sa connexion avec le vaisseau spatial.
Durant cet intervalle de temps, il n’y aura absolument aucune communication possible entre les astronautes et le centre de contrôle de la mission. Les membres de l’équipage perdront brièvement le contact avec la NASA, un fait technique anticipé par les ingénieurs.
Cette interruption signifie que si le moindre problème survient pendant ces quarante minutes, les astronautes seront dans l’incapacité totale d’établir un contact avec la Terre pour signaler un dysfonctionnement ou demander de l’assistance extérieure.
L’approche au plus près de la surface lunaire

Le centre de contrôle perdra effectivement la communication avec l’équipage lorsque la capsule Orion passera physiquement derrière la Lune. Cet événement est calculé pour se produire aux alentours de 18h47 heure de l’Est, ce qui correspond à 23h47 à l’heure du Royaume-Uni.
Pendant cette phase d’isolement, les astronautes effectueront leur approche la plus proche de la Lune et en profiteront pour enregistrer leurs observations scientifiques. L’espace physique au niveau des hublots étant limité, seuls deux astronautes pourront observer simultanément l’environnement extérieur.
Avant ce moment critique, Victor Glover s’était exprimé auprès de la chaîne BBC au sujet de cette étape particulière : « Quand nous serons derrière la lune, sans contact avec personne, prenons cela comme une opportunité. » Il avait également complété son propos par ces mots : « Prions, espérons, envoyez vos bonnes pensées et sentiments pour que nous reprenions contact avec l’équipage. »
Le recours à la gravité lunaire et les records de distance
Pour amorcer leur voyage de retour vers la Terre, l’équipage s’appuiera de manière calculée sur la force de gravité de la Lune pour se propulser. Le centre de contrôle de la NASA prévoit de rétablir la communication avec l’équipage d’Artemis vers 19h27 heure de l’Est, soit 00h27 à l’heure du Royaume-Uni.
Lors d’un point presse tenu le dimanche 5 avril, Judd Frieling, le directeur des vols d’ascension de la mission Artemis II, a tenu à rassurer en affirmant qu’il n’y aurait aucune perte de contrôle. Il a déclaré fermement : « Nous savons absolument que la physique va nous les ramener, »
Ce trajet aller-retour couvre une distance totale de 685 000 miles. Il s’agit de la première fois que des humains voyagent vers la Lune depuis plus de cinq décennies, le dernier équipage à l’avoir fait étant celui d’Apollo 13 en 1970. À titre de comparaison, l’équipage d’Apollo avait parcouru 248 655 miles depuis la Terre, tandis que la mission Artemis II devrait atteindre une distance maximale de 252 757 miles.
Le défi thermique extrême du retour sur Terre
Malgré les défis singuliers rencontrés en orbite lunaire, la partie considérée comme la plus risquée de la mission Artemis II reste la phase de retour du vaisseau spatial vers la Terre. Lors de sa rentrée dans l’atmosphère, la capsule sera soumise à des conditions extrêmes et exposée à des températures pouvant atteindre 3 000 °F.
Pour ralentir cette descente vertigineuse, des parachutes se déploieront une fois que le vaisseau spatial sera revenu en toute sécurité à l’intérieur de l’atmosphère terrestre.
La fin de ce périple s’achèvera par un amerrissage prévu dans l’océan Pacifique, au large des côtes de San Diego. Des équipes conjointes de la marine américaine (US Navy) et de la NASA seront déployées sur place afin de récupérer l’équipage et leur capsule dès leur retour à la surface de l’eau.
Créé par des humains, assisté par IA.