Trump aurait pensé prendre des parties du Canada, une idée stoppée par le roi Charles
Auteur: Simon Kabbaj
Les révélations inédites d’un biographe royal sur les ambitions territoriales

Le journaliste britannique Robert Hardman dévoile des échanges singuliers dans son ouvrage intitulé « Elizabeth II: In Private. In Public. The Inside Story ». Ce livre, dont les bonnes feuilles sont actuellement publiées par tranches dans les colonnes du Daily Mail, brosse un portrait détaillé de la défunte ancienne Reine, pour laquelle le président américain Donald Trump ne tarit pas d’éloges, tout en abordant le règne du roi Charles.
La chaîne CBC News a pu consulter un extrait de cet ouvrage à paraître. Le texte retrace une conversation entre l’auteur et le président des États-Unis, qui s’est déroulée en décembre de l’année dernière en Floride. Au cours de cet échange, Donald Trump a d’abord fait part de son intérêt pour une prise de contrôle du Groenland.
Face à cette ambition, l’expert royal a documenté sa propre réaction. « J’ai répondu que cela détruirait probablement l’OTAN et, pendant que nous y étions, pourrait-il s’il vous plaît laisser le Canada tranquille aussi, » écrit Robert Hardman. Le journaliste ajoute avoir précisé : « Il a été un allié indéfectible à travers l’histoire, un vaillant partenaire du jour J et tenter de l’acquérir rendrait sans aucun doute le roi du Canada malheureux, ».
Une frontière contestée et une méconnaissance des institutions

Le récit de cette rencontre met en évidence une pause dans la réflexion de Donald Trump suite à la mention du monarque britannique. Le président américain a alors interrogé son interlocuteur pour savoir si le Canada reconnaissait encore le roi Charles comme son chef d’État. « Reconnaissent-ils toujours le Roi ? Ou ont-ils arrêté cela ? » a demandé Donald Trump, selon les écrits de Robert Hardman.
Une fois informé que le roi Charles demeurait bel et bien le chef d’État du pays, le locataire de la Maison-Blanche a affirmé que le Canada possédait de « terribles politiciens ». Il a également souligné que la majorité de la population canadienne résidait juste au-dessus de la frontière américaine. Son analyse géographique s’est accompagnée d’une proposition de redécoupage : « Le problème est qu’un type a tracé cette ligne droite pour faire une frontière. Il aurait simplement dû la tracer cinquante miles plus au nord et alors il n’y aurait pas de problème, » a déclaré le président, d’après les notes du biographe.
Malgré cet attrait pour les terres situées au plus près de la frontière américaine, Donald Trump a fini par concéder une limite logistique. Il a admis qu’il ne pourrait probablement pas s’occuper du cas du Canada, ni de sa longue histoire, au cours des trois années et demie qu’il lui restait à passer au pouvoir.
L’influence protectrice de la famille royale face aux pressions

Pour le chroniqueur britannique, cette concession du président américain marque un point d’arrêt lié directement à l’institution monarchique. « C’était ce que j’avais entendu de plus proche d’une reconnaissance que, tant que le Canada aurait le Roi, M. Trump n’allait pas l’usurper, » analyse Robert Hardman dans son texte.
Le respect porté à la famille royale britannique semble avoir joué un rôle prépondérant. L’auteur précise d’ailleurs : « Il ne pouvait y avoir aucun doute sur l’estime dans laquelle la défunte Reine était tenue par M. Trump. Il avait également exprimé les plus grands éloges pour son fils et héritier, qui semblait être la raison principale pour laquelle il ne brandissait plus de sabre contre le Canada. » À la suite de la diffusion de ces extraits, CBC News a contacté le bureau du Premier ministre ainsi que la Maison-Blanche afin d’obtenir des commentaires.
Cette admiration du président pour la monarchie britannique est un élément notoire sur la scène diplomatique. Le gouvernement britannique s’en est d’ailleurs déjà servi par le passé pour fluidifier les relations, notamment lors d’une visite d’État organisée en septembre de l’année dernière, au cours de laquelle Donald Trump a été officiellement accueilli par le roi Charles.
L’utilisation stratégique de la monarchie par le gouvernement canadien

Les autorités canadiennes ont également mis à profit ce lien constitutionnel avec le roi Charles pour désamorcer les menaces en provenance des États-Unis. En mai de l’année dernière, c’est le Roi en personne qui a prononcé le discours du Trône, un texte définissant le programme du gouvernement libéral pour le nouveau Parlement.
Cet événement marquait la troisième fois que le monarque se chargeait de livrer le discours du Trône au Canada. Lors de cette intervention solennelle, le Roi a d’ailleurs fait référence aux paroles patriotiques du pays. Il a déclaré : « comme l’hymne [canadien] nous le rappelle : Le Vrai Nord est en effet fort et libre ! ».
La diplomatie royale se poursuivra prochainement avec un déplacement officiel aux États-Unis. Le Roi a en effet annoncé qu’il s’y rendrait à la fin du mois d’avril. Cette visite d’État interviendra dans un contexte géopolitique tendu, alors que Donald Trump est en conflit avec le Royaume-Uni, ainsi qu’avec les alliés de l’OTAN dans leur ensemble, concernant leur décision de limiter le soutien à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
De la force économique aux batailles politiques locales

Au cours de son second mandat, la nature des offensives verbales de Donald Trump à l’encontre du voisin nord-américain a évolué. Ses menaces sont devenues moins fréquentes et d’une intensité moindre. Les importantes réflexions antérieures concernant l’utilisation d’une « force économique » dans le but d’absorber le Canada ont progressivement laissé place à des attaques plus ciblées.
Ces piques visent désormais directement la figure du Premier ministre, que Donald Trump a rebaptisé publiquement en le qualifiant de « Gouverneur Carney ». La dernière menace en date remonte au mois dernier. Sur les réseaux sociaux, le président américain a expliqué travailler de concert avec le gouverneur du Michigan afin de « sauver les Grands Lacs » d’une menace écologique, à savoir la « carpe asiatique destructrice » qui envahit le lac Michigan.
Dans cette publication, Donald Trump a détaillé ses intentions en impliquant plusieurs États américains et la scène politique canadienne. Son message exact stipulait : « Je demanderai à d’autres gouverneurs de se joindre à ce combat, y compris ceux de l’Illinois, du Wisconsin, du Minnesota, de la Pennsylvanie, de l’Ohio, de l’Indiana, de New York et, bien sûr, le futur gouverneur du Canada, Mark Carney, qui, je le sais, sera heureux de contribuer à cette noble cause, ».
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