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Des grèbes huppés observés chassant, noyant et dévorant des pouillots dans une réserve naturelle espagnole
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une scène de chasse inédite dans la réserve de Las Cañas

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Les grèbes huppés sont des oiseaux aquatiques réputés pour leur élégance. Les observateurs de la faune les connaissent particulièrement pour leurs danses nuptiales élaborées à la surface des étangs. Un photographe a récemment immortalisé un comportement radicalement différent, capturant des images rares d’un individu tenant un petit pouillot véloce dans son bec.

L’événement s’est déroulé en Espagne, au cœur de la réserve naturelle de Las Cañas, située dans la région de la Navarre. Le photographe Juan Montiel se trouvait sur place et observait des pouillots véloces. Ces petits passereaux volaient au ras de l’eau pour chasser des insectes volants.

La suite de la scène a pris une tournure inattendue. Deux grèbes huppés se sont mis à traquer les petits oiseaux. Les prédateurs aquatiques les ont attrapés, les ont noyés dans l’eau de la réserve, avant de les avaler entiers.

Un comportement prédateur répété au fil des heures

credit : lanature.ca (image IA)

L’observation de ce comportement prédateur ne s’est pas limitée à une action isolée. Sur une période de quatre-vingt-dix minutes, Juan Montiel a pu assister à deux autres tentatives de chasse de la part du couple de grèbes. Ces deux assauts supplémentaires se sont toutefois soldés par des échecs.

Le grèbe huppé, scientifiquement nommé Podiceps cristatus, est une espèce dont le régime alimentaire est presque exclusivement composé de poissons. Ce statut de piscivore strict rend l’ingestion d’autres oiseaux particulièrement remarquable pour les spécialistes du monde aviaire.

Cette espèce a pourtant connu des heures sombres en raison de son apparence. Au Royaume-Uni, ces oiseaux ont frôlé l’extinction à la fin du dix-neuvième siècle, traqués pour les plumes fantaisie exhibées lors de leurs parades nuptiales. Les populations ont finalement pu se reconstituer à la suite de l’adoption de la loi d’interdiction des plumages, le Plumage Prohibition Act de 1921.

Des antécédents documentés au Royaume-Uni et aux États-Unis

credit : lanature.ca (image IA)

L’absorption d’autres espèces animales par des grèbes huppés possède des précédents. En 2019, une séquence vidéo diffusée par le Durham Wildlife Trust au Royaume-Uni montrait déjà un individu de cette espèce en train d’avaler une hirondelle de rivage.

Le continent nord-américain offre des exemples impliquant un cousin proche, le grèbe à bec bigarré. Un cas enregistré aux États-Unis en 2021 décrit la capture et l’ingestion d’une paruline masquée, faisant écho à un incident séparé survenu en 2016 avec une gorge-jaune.

Le grèbe à bec bigarré est d’une taille inférieure à celle du grèbe huppé, mais il dispose d’un régime alimentaire plus large incluant des crustacés. Ses muscles de la mâchoire et son bec sont suffisamment puissants pour broyer le corps des écrevisses et les épines des poissons-chats. Cette force physique lui permet logiquement de consommer un oiseau comme la paruline.

L’étrange habitude des plumes avalées et le soin aux poussins

Au-delà de ces épisodes de chasse atypiques, les grèbes huppés se distinguent par une autre pratique alimentaire inhabituelle. Ils arrachent régulièrement leurs propres plumes pour ensuite les avaler entières.

La motivation exacte derrière cette ingestion volontaire reste partiellement incomprise par les ornithologues. Une hypothèse scientifique avance que ce tapissage de plumes aiderait à protéger l’estomac des arêtes de poisson pointues, ou contribuerait à éliminer les parasites présents dans leur système digestif.

Cette habitude se transmet dès le plus jeune âge. Les parents grèbes nourrissent leurs poussins en leur donnant des plumes à manger. Les jeunes oiseaux reçoivent ce soin particulier tout en étant transportés en toute sécurité sur le dos de leurs géniteurs lors de leurs déplacements sur l’eau.

D’autres observations de prédation chez les canards colverts

credit : lanature.ca (image IA)

Ce type de violence entre oiseaux aquatiques et passereaux se retrouve chez d’autres espèces communes. Dans le sud-ouest de la Roumanie, au niveau du réservoir de Trei Ape, des canards colverts sauvages ont été observés en train de dévorer un poussin de rougequeue noir.

Une deuxième observation effectuée dans le même périmètre géographique a mis en évidence un autre canard colvert attaquant et consommant une bergeronnette des ruisseaux. Ces scènes révèlent des comportements opportunistes insoupçonnés chez des oiseaux évoluant dans des milieux aquatiques partagés.

L’ensemble de ces récits détaillés, allant des événements survenus en Espagne jusqu’aux attaques en Roumanie, a été rapporté et documenté sur le site français spécialisé dans l’observation des oiseaux, Ornithomedia.

Selon la source : iflscience.com

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