Aller au contenu
La Colombie va euthanasier jusqu’à 80 hippopotames liés à Pablo Escobar
Crédit: Colombian National Police — Colombia National Registry; Colombian National Police via wikimedia public domaine / lanature.ca (image IA)

Une décision radicale pour un problème hors norme

lanature.ca (image IA)

C’est une page sombre de l’héritage de Pablo Escobar qui s’apprête à être tournée. Les autorités colombiennes ont officiellement autorisé un plan visant à abattre des dizaines d’hippopotames. Ces animaux, descendants directs de ceux importés illégalement par le célèbre baron de la drogue, sont devenus une menace pour l’écosystème local.

Après deux années de tentatives infructueuses pour contrôler leur population par des méthodes non létales, le gouvernement a tranché. Jusqu’à 80 de ces mammifères seront euthanasiés, une décision qui suscite une vive controverse et met en lumière un dilemme écologique et éthique complexe.

Du caprice d’un narco-trafiquant à la crise écologique

Colombian National Police — Colombia National Registry; Colombian National Police via wikimedia public domaine

L’origine de ce problème remonte aux années 1980. Pablo Escobar, alors à la tête du cartel de Medellín et l’un des criminels les plus riches de l’histoire, avait fait venir illégalement quatre hippopotames pour son domaine privé. Après sa mort lors d’une fusillade en 1993, à l’âge de 44 ans, ces animaux ont été livrés à eux-mêmes.

Échappés de la propriété, les quatre hippopotames originels ont trouvé dans les rivières colombiennes un environnement idéal pour se reproduire. Sans prédateur naturel, leur population a explosé, passant d’une curiosité locale à une véritable colonie invasive. Aujourd’hui, on dénombre au moins 169 individus, tous descendants de ce premier groupe.

Une menace croissante pour la faune et les humains

lanature.ca (image IA)

Loin d’être un simple héritage folklorique, la présence de ces géants africains est devenue un casse-tête pour la Colombie. Ils sont considérés comme une espèce prédatrice très menaçante pour la faune native, bouleversant l’équilibre fragile des écosystèmes fluviaux. Leur comportement territorial représente également un danger direct pour les villageois vivant à proximité des cours d’eau.

Face à cette situation, les autorités ont tenté plusieurs approches. Pendant deux ans, des efforts de relocalisation et de stérilisation ont été menés, mais ces tentatives se sont avérées coûteuses et largement infructueuses face à la vitesse de reproduction des animaux. La décision d’abattage est présentée comme une mesure de dernier recours.

La justification du gouvernement : « préserver nos écosystèmes »

portrait de Irene Vélez / ireneveleztorres/instagram

Lors d’une conférence de presse, la ministre de l’Environnement, Irene Vélez, a défendu cette mesure controversée. Elle a souligné que les autres méthodes de contrôle s’étaient révélées inefficaces et trop onéreuses. « Si nous ne faisons pas cela, nous ne serons pas en mesure de contrôler la population. Nous devons prendre cette mesure pour préserver nos écosystèmes », a-t-elle déclaré.

La ministre a appuyé son propos sur des estimations scientifiques alarmantes : la population pourrait atteindre au moins 500 individus d’ici 2030, ce qui pourrait « affecter nos écosystèmes et nos espèces indigènes ». Elle a ajouté : « C’est notre responsabilité de prendre cette mesure ». Selon le magazine Scientific American, ce nouveau plan controversé dispose d’un budget d’environ 2 millions de dollars, alloué à l’euthanasie chimique et physique.

Un choix qui divise : entre pragmatisme et indignation

La stratégie du gouvernement ne se limite pas à l’abattage. Un plan de suivi sera mis en place pour identifier les animaux à euthanasier en priorité, en fonction de leur taille et de leur proximité avec les populations humaines. En parallèle, les responsables continueront de stériliser la population restante et d’explorer des options de relocalisation ailleurs dans le pays.

Pour certains experts, la situation ne laissait plus le choix. « Le scénario idéal serait qu’aucun animal ne meure », a commenté Luis Domingo Gómez Maldonado, professeur de droit de l’environnement à l’Université Coopérative de Colombie. « Mais la réalité est qu’à ce stade, il n’y a pas d’autre option ».

Cependant, cette vision pragmatique est loin de faire l’unanimité. Andrea Padilla, sénatrice et militante des droits des animaux, a qualifié la décision de « cruelle », accusant les responsables gouvernementaux de choisir la facilité. Sur le réseau social X, elle a écrit : « Les meurtres et les massacres ne seront jamais acceptables. Ce sont des créatures saines qui sont victimes de la négligence ». Dans une autre déclaration, elle a insisté : « Les tueries, les massacres, ne seront jamais des solutions acceptables ; encore moins lorsqu’ils sont orchestrés par un gouvernement. Il est douloureux qu’en Colombie, tuer soit devenu une coutume ».

Selon la source : usnews.com

Créé par des humains, assisté par IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu