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Conseil des ministres de Christine Fréchette : Bernard Drainville promu ‘super ministre’, priorité à l’efficacité
Crédit: Christine Fréchette / via X

Une transition sous le signe du pragmatisme

credit : lanature.ca (image IA)

La transition à la tête du gouvernement québécois s’annonce subtile. La nouvelle première ministre, Christine Fréchette, prépare son équipe ministérielle en vue des quatre mois décisifs qui précèdent le déclenchement de la prochaine campagne électorale. L’objectif établi ne vise pas une rupture brutale avec la période dirigée par François Legault, mais plutôt une évolution pragmatique.

Pour atteindre ses cibles dans un délai restreint, la stratégie retenue s’appuie sur des valeurs sûres tout en intégrant quelques nouveaux visages. L’architecture du nouveau Conseil des ministres, dont la présentation est prévue pour le début de la semaine prochaine, reposera sur une redéfinition des équilibres internes. Cette refonte passe notamment par l’élévation de Bernard Drainville au rang de super ministre et par une volonté affichée d’offrir une meilleure représentativité aux régions du Québec.

La continuité comme gage d’efficacité immédiate

L’entourage de la nouvelle première ministre insiste sur la quantité de travail à accomplir dans un horizon temporel très court. Dans cette optique, l’attribution des dossiers complexes à des élus novices, qui nécessiteraient une longue période d’adaptation, a été écartée d’emblée.

La stabilité primera dans les portefeuilles majeurs. France-Élaine Duranceau maintient sa position au Conseil du trésor, où son rendement est jugé excellent, et se verra attribuer des responsabilités supplémentaires. Le quatuor de base reste intact : Sonia Bélanger conserve la Santé, Sonia LeBel demeure à l’Éducation, tandis qu’Eric Girard garde les rênes des Finances. Le mot d’ordre circulant dans les couloirs est clair : « On ne va pas bouger inutilement les compétences reconnues », dit-on.

Un retour notable est prévu dans le domaine médical et social. Le médecin Lionel Carmant, qui avait quitté ses fonctions avant de réintégrer les rangs de la Coalition Avenir Québec, est pressenti pour reprendre les rênes des Services sociaux.

Le retour de la force régionale

credit : lanature.ca (image IA)

L’une des critiques internes formulées à l’encontre de François Legault au sein de la famille caquiste concernait la concentration du pouvoir entre les mains d’élus issus de la région montréalaise. La nouvelle administration tente de corriger cette perception en redessinant la carte des influences territoriales.

La Gaspésie devrait retrouver une place à la table décisionnelle grâce à la promotion attendue de Catherine Blouin, députée de la circonscription de Bonaventure. De son côté, l’Abitibi-Témiscamingue, qui souffrait d’une absence de représentation ministérielle depuis l’éviction de Pierre Dufour, s’apprête à faire son retour. Le mandat devrait revenir à Daniel Bernard, député de Rouyn-Noranda.

Bien que ce dernier ait suscité des réactions négatives en raison de son déménagement en Estrie, son profil économique reste très apprécié par les instances dirigeantes. L’intention de la chefferie est explicite : « Il y aura une affirmation plus claire de l’importance accordée aux régions », promet-on en coulisses.

L’ascension de Bernard Drainville et de son entourage

credit : Side-by-side fusion: « Bernard Drainville Janvier 2024 (1; cropped).jpg » by TVA Nouvelles licensed under CC BY 3.0 via Wikimedia Commons + « Simon Jolin-Barrette (cropped).jpg » by ThomasVerville licensed under CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

Pour consolider l’unité des troupes gouvernementales, l’octroi d’une position stratégique à Bernard Drainville apparaissait comme une nécessité absolue pour Christine Fréchette. Le député de Lévis est appelé à endosser le rôle de nouveau super ministre de l’Économie et de l’Énergie. Il hérite ainsi du poste où la première ministre s’était elle-même illustrée, confirmant au passage que ces deux missions restent indissociables et ne feront l’objet d’aucune scission.

L’influence de la faction associée à Bernard Drainville se manifeste également par le maintien de Simon Jolin-Barrette, figure de proue du nationalisme au sein du parti, au ministère de la Justice. Cette décision agit comme un gage de stabilité pour cette aile du gouvernement.

Dans ses fonctions, Simon Jolin-Barrette aura l’opportunité de faire adopter ses projets législatifs concernant la revente de billets de spectacles ainsi que l’encadrement des juges aux comportements répréhensibles. Le ministre prévoit une ultime manœuvre pour tenter de concrétiser son ambition d’établir une constitution propre au Québec.

La gestion des vétérans et le volume du cabinet

credit : Side-by-side fusion: « Geneviève Guilbault, écrivaine.jpg » by Simon Dumas licensed under CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons + « Sonia Lebel en 2019.jpg » by LouisRoyQc licensed under CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

L’intégration de nouvelles recrues au sommet de l’État exige inévitablement des départs. Afin de projeter une image de renouveau, plusieurs figures d’expérience devront céder leur place. Geneviève Guilbault, Caroline Proulx, Isabelle Charest et Jonatan Julien, tous titulaires de postes ministériels depuis 2018, ont signifié leur intention de se retirer de la vie politique à l’horizon d’octobre prochain. Si certains finiront leur mandat sur les banquettes arrière de l’Assemblée, ce ne sera pas le cas de tout le monde.

Sonia LeBel fait figure d’exception notable. L’ancienne procureure de la commission Charbonneau conserve non seulement son poste à l’Éducation, mais elle reconsidère actuellement sa décision de ne pas briguer un nouveau mandat. En revanche, le sort de Geneviève Guilbault, ancienne vice-première ministre dont l’étoile a pâli au fil du temps, demeurait incertain au moment d’aller sous presse.

Sur le plan structurel, le gouvernement ne subira pas la cure d’amaigrissement un temps évoquée. Avant les départs de Christian Dubé et Lionel Carmant à l’automne précédent, l’équipe de François Legault s’appuyait sur 29 membres, en plus du premier ministre et de deux officiers assistant aux délibérations.

Malgré une promesse formulée lors de la course à la chefferie de réduire la taille du cabinet, et bien que son adversaire Bernard Drainville ait suggéré un groupe resserré de 20 élus, Christine Fréchette maintiendra le cap. Même s’il aurait été aisé de fusionner certains ministères, le Conseil devrait conserver une équipe d’environ 29 membres, se limitant à de simples modifications de structures.

Selon la source : journaldequebec.com

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