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Victoire de Christine Fréchette : la Coalition avenir Québec est-elle plus montréalaise qu’on le croit ?
Crédit: Side-by-side fusion: "François Legault (portraitcrop 2).jpg" by LouisRoyQc licensed under CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons + "Christine Fréchette 2024.jpg" by TVA Nouvelles licensed under CC BY 3.0 via Wikimedia Commons

Une succession marquée par la géographie

Faut-il véritablement s’étonner de la victoire de Christine Fréchette à la tête de sa formation politique ? La course à la chefferie de la Coalition Avenir Québec (CAQ) a mis en lumière deux visions politiques distinctes pour l’avenir de la province. Elle a fait émerger une fracture géographique notable entre les candidats aspirant à prendre la relève de François Legault.

Bernard Drainville a orienté le début de sa campagne vers la Capitale-Nationale et la région de Chaudière-Appalaches. Le candidat a profité de ces premières sorties pour rappeler du même souffle les origines montréalaises de son opposante directe.

La compilation effectuée par le quotidien Le Journal révèle une dynamique de financement inattendue face à cette stratégie. Les partisans caquistes résidant sur l’île de Montréal se sont montrés, et de loin, les plus généreux pour appuyer un candidat à la succession au poste de premier ministre.

La métropole et la Montérégie mènent le bal financier

Les chiffres illustrent une mobilisation financière écrasante dans la région métropolitaine. Sur l’île de Montréal, une somme totale de 45 000 $ a été versée par les donateurs. Sans surprise, Christine Fréchette a récolté la part du lion de cette enveloppe, s’adjugeant environ 40 000 $.

La métropole domine le palmarès en ce qui concerne le nombre de dons. Au total, 155 citoyens montréalais ont contribué financièrement au profit de l’un ou l’autre des candidats. La région de la Montérégie affiche un chiffre rigoureusement identique, avec 155 résidents ayant fait un don à l’une ou l’autre des campagnes. Encore une fois, la nouvelle première ministre désignée a engrangé la très grande majorité de ces contributions.

Ce résultat s’explique en partie par les réseaux de contacts respectifs de chacun des candidats. Des âmes généreuses ont pu contribuer à la course à la chefferie sans forcément voter par la suite. Toutefois, en l’absence d’une liste des membres du parti, les dons demeurent le meilleur indicateur pour évaluer les forces vives de la formation politique.

La région de Québec en retrait des contributions

Le député de Lévis a rencontré moins de succès financier dans sa zone d’influence politique. La Capitale-Nationale a été globalement moins payante pour son équipe. La ville de Québec compte 104 donateurs pour les deux candidats, un chiffre auquel il faut ajouter 85 contributeurs recensés dans la région de Chaudière-Appalaches.

Ces citoyens ont versé des montants inférieurs dans les coffres des aspirants au poste de premier ministre. Dans ces deux régions administratives, Bernard Drainville a amassé tout près de 32 000 $. De son côté, Christine Fréchette y a obtenu à peine plus de 9 000 $.

À l’échelle de l’ensemble de la province, l’écart de financement entre les deux adversaires est prononcé. La somme récoltée par la nouvelle première ministre représente plus du double de celle de son adversaire, avec un total de 142 082 $ contre 66 725 $.

Une tendance structurelle ancrée au sud de Montréal

La concentration des soutiens dans la couronne sud ne se limite pas à cette élection interne spécifique. Un examen détaillé des dons versés à la CAQ depuis l’année 2019 met en évidence une tendance lourde et continue.

Cette analyse révèle que la formation politique engrange chaque année la plus grande part de ses contributions en Montérégie. Bon an, mal an, la Rive-Sud de Montréal représente, à elle seule, environ 18 % des donateurs du parti.

Le reste du portrait provincial du financement montre une hiérarchie bien établie. La Capitale-Nationale arrive au deuxième rang de ce classement. Elle est suivie de près par Montréal, les Laurentides et Lanaudière.

Le poids des alliances et l’influence de la métropole

Du côté du clan Drainville, on se défend d’avoir axé le discours du candidat uniquement sur la région de la Capitale-Nationale. D’après une source proche de l’équipe, cette impression vient directement du débat sur le troisième lien survenu en début de campagne.

L’entourage du candidat ajoute que des engagements spécifiques visaient des militants partout au Québec. L’équipe cite en exemple la proposition concernant le remboursement de la taxe carbone pour les agriculteurs.

Ce sont plutôt les appuis récoltés par chaque candidat qui ont fait la différence dans cette course. Les ténors du gouvernement se sont rapidement rangés derrière Christine Fréchette. Ces figures influentes sont généralement issues de la région métropolitaine et de ses couronnes, un secteur géographique qui est surnommé « le Caquistan » à l’interne.

Selon la source : journaldequebec.com

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