CAQ : la liste des départs s’allonge, le parti de Legault face à une hémorragie sans précédent
Auteur: Adam David
Une vague de départs qui fragilise le pouvoir
La Coalition Avenir Québec (CAQ) fait face à une véritable saignée. Depuis le début de l’année, le nombre de ministres et de députés annonçant qu’ils ne se représenteront pas aux prochaines élections ne cesse de grimper. Ce phénomène, perçu comme un signe de l’usure du pouvoir et une conséquence des mauvaises performances dans les sondages, s’accélère à l’approche du scrutin général de l’automne prochain.
L’annonce la plus récente est venue de Caroline Proulx, qui a confirmé lundi qu’elle ne briguera pas de nouveau mandat. Son départ s’ajoute à une dizaine d’autres, dessinant les contours d’un parti qui sera profondément transformé. Même la perspective de la course à la succession de François Legault ne semble pas parvenir à enrayer cette hémorragie politique.
Le malaise semble plus large encore. Au-delà des élus, de nombreux employés de cabinet de longue date annoncent également leur départ sur les réseaux sociaux depuis plusieurs semaines, laissant planer une question essentielle : qui voudra porter les couleurs de la CAQ en octobre ?
Geneviève Guilbault, une figure majeure sur le départ
Parmi les poids lourds du gouvernement qui ont décidé de quitter la vie politique nationale figure Geneviève Guilbault. Actuellement ministre des Affaires municipales, elle est également la députée de la circonscription de Louis-Hébert.
Son départ, comme celui de plusieurs de ses collègues du Conseil des ministres, marque la fin d’un chapitre pour la CAQ. Cette décision contribue au renouvellement forcé de l’équipe qui entourera le chef du parti lors de la prochaine campagne électorale.
Sonia LeBel, ministre de l’Éducation, tourne la page
Sonia LeBel, une autre personnalité influente du gouvernement Legault, ne sera pas sur les rangs en 2026. Elle occupe le poste de ministre de l’Éducation et représente les électeurs de la circonscription de Champlain.
Son annonce s’inscrit dans cette tendance de fond qui voit plusieurs piliers de l’administration caquiste choisir de mettre un terme à leur carrière politique. Ce mouvement collectif pose un défi de recrutement majeur pour la formation au pouvoir.
Caroline Proulx : une décision mûrie par des épreuves personnelles
La ministre de l’Habitation et députée de Berthier, Caroline Proulx, quittera également la vie politique après deux mandats. Ancienne animatrice de télévision bien connue du public, elle avait été ministre du Tourisme entre 2018 et 2025. Sa décision survient après une année particulièrement difficile sur le plan personnel.
L’an dernier, Mme Proulx a vécu la perte tragique de sa mère. Cet événement l’avait contrainte à prendre une pause de la vie politique en octobre, peu après sa nomination au poste de ministre des Aînés. Elle a confié que son court passage dans ce ministère l’avait profondément marquée. « Il est survenu dans un moment personnellement difficile, où les réalités familiales devenaient plus ardues à concilier avec les exigences de la vie politique », a-t-elle écrit sur le réseau social X. Après cette période, elle avait été nommée à l’Habitation lors d’un petit remaniement. À l’aube de la soixantaine, elle souhaite désormais consacrer son énergie à d’autres projets.
Jonatan Julien, le ministre des Transports, quitte la scène
La liste des ministres partants inclut aussi Jonatan Julien. Il est l’actuel ministre des Transports et le député de la circonscription de Charlesbourg. Son retrait de la vie politique vient confirmer l’ampleur du remaniement que la CAQ devra opérer.
Son nom s’ajoute à ceux de Geneviève Guilbault, Sonia LeBel et Caroline Proulx, formant un quatuor de ministres dont l’absence pèsera lourd lors du prochain scrutin et dans la composition d’un éventuel futur gouvernement caquiste.
Suzanne Roy, ex-ministre, ne se représentera pas
Suzanne Roy, députée de Verchères, a également annoncé qu’elle ne sollicitera pas de nouveau mandat. Elle a précédemment occupé la fonction de ministre de la Famille au sein du gouvernement.
Son départ s’ajoute à la longue liste d’élus qui choisissent de ne pas poursuivre l’aventure politique sous la bannière de la CAQ, accentuant la perception d’un cycle qui s’achève pour une partie de l’équipe élue en 2018 et 2022.
André Lamontagne, figure de l’Agriculture, se retire
André Lamontagne, l’ex-ministre de l’Agriculture, a lui aussi fait savoir qu’il ne serait pas candidat en 2026. Il est le député de la circonscription de Johnson. Son expérience ministérielle manquera à la formation politique.
Chaque départ d’un député d’expérience représente un défi pour la CAQ, qui doit non seulement défendre des sièges, mais aussi trouver de nouvelles personnalités capables de convaincre l’électorat.
Sylvain Lévesque, député de Chauveau, passe le flambeau
Le député de Chauveau, Sylvain Lévesque, fait partie des élus caquistes qui mettront un terme à leur carrière parlementaire à l’issue de leur mandat actuel.
Son nom vient allonger la liste des sièges qui seront laissés vacants par leur titulaire, obligeant le parti à mener une vaste opération de recrutement pour combler les vides dans ses rangs.
André Bachand, député de Richmond, sur la liste des partants
Le député de Richmond, André Bachand, a également annoncé sa décision de ne pas se représenter aux prochaines élections générales. Son expérience de parlementaire ne sera plus au service de la CAQ.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte plus large où le parti de François Legault doit gérer une transition d’effectifs d’une ampleur inédite depuis sa prise de pouvoir.
Denis Lamothe, le député d’Ungava, met fin à sa carrière politique
La liste se clôt avec Denis Lamothe, le député de la circonscription d’Ungava. Il a lui aussi fait le choix de ne pas solliciter un nouveau mandat auprès de ses électeurs en 2026.
Cette multiplication des départs représente la pointe de l’iceberg d’un malaise plus profond qui affecte la formation politique au pouvoir.
Un parti à reconstruire : démissions, défections et l’ombre de Legault
Au-delà des élus qui ne se représenteront pas, la CAQ a subi d’autres revers. Depuis l’élection de 2022, les démissions des caquistes Joëlle Boutin, Pierre Fitzgibbon, Éric Lefebvre et Andrée Laforest ont provoqué quatre élections partielles. Toutes ont été perdues par le gouvernement au profit du Parti Québécois, et dans chacune de ces courses, la formation de François Legault n’a pas réussi à présenter de candidats vedettes.
Il faut également ajouter au tableau les six ex-caquistes devenus déserteurs, qui siègent désormais comme députés indépendants. Parmi eux se trouvent les anciens ministres Christian Dubé, Lionel Carmant et Maïté Blanchette Vézina. En coulisses, des ministres ont souvent témoigné du pouvoir de persuasion de François Legault, qui parvenait à convaincre des personnalités de se lancer en politique. La question se pose maintenant : Christine Fréchette ou Bernard Drainville, pressentis pour lui succéder, posséderont-ils ce talent, et surtout le temps, pour relancer le parti et attirer des figures d’envergure ?
Selon la source : journaldequebec.com