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La dissolution des défunts : l’Écosse devient le premier pays du Royaume-Uni à autoriser l’aquamation, une alternative écologique à la crémation
Crédit: lanature.ca (image IA)

Choisir sa fin : une nouvelle option funéraire émerge

L’adage latin Memento mori nous invite à nous souvenir que nous sommes mortels. Cette prise de conscience peut offrir une forme de liberté, celle de vivre selon ses propres termes. Une liberté qui peut s’étendre jusqu’au choix de la manière dont nous quitterons ce monde, le moment venu.

Les pratiques funéraires humaines ont beaucoup évolué, mais les options modernes se résumaient principalement à l’inhumation ou à la crémation par le gaz ou le feu. Aujourd’hui, des alternatives écologiques gagnent en popularité. Parmi elles, la crémation par l’eau se distingue, et l’Écosse vient de marquer un tournant en devenant le premier pays du Royaume-Uni à autoriser cette pratique durable.

L’aquamation, ou l’hydrolyse alcaline expliquée

Qu’est-ce que la crémation par l’eau ? Connue sous plusieurs noms – aquamation, biocremation, resomation ou encore crémation sans flamme –, cette technique repose sur un processus chimique appelé hydrolyse alcaline pour disposer des dépouilles humaines ou animales. Présentée comme une solution plus respectueuse de l’environnement, elle utilise une solution alcaline chauffée pour décomposer le corps, ne laissant derrière elle que le squelette.

Concrètement, le corps est placé dans un cylindre pressurisé. Ce dernier est ensuite rempli d’un mélange d’eau et d’hydroxyde de potassium, une base forte également connue sous le nom de potasse caustique. Le tout est chauffé à une température comprise entre 90 et 150°C (soit 200 à 300°F). La pressurisation de l’appareil empêche la solution d’entrer en ébullition. Le liquide agit alors en douceur sur la matière organique, la décomposant entièrement en l’espace de plusieurs heures.

Que reste-t-il après le processus ?

L’aquamation ne dissout pas l’intégralité du corps. Tout comme lors d’une crémation par le feu, le squelette demeure intact. Ces ossements sont ensuite réduits en une fine poudre, appelée « cremains » en anglais, que les proches peuvent conserver dans une urne ou disperser. Une différence notable réside dans l’apparence : les restes issus d’une crémation traditionnelle sont de couleur grise, tandis que ceux de l’aquamation sont blancs. La quantité de restes obtenue est aussi généralement plus importante après une crémation par l’eau.

Cette méthode présente d’autres avantages pratiques. Il n’est par exemple pas nécessaire de retirer les dispositifs médicaux tels que les stimulateurs cardiaques avant le processus. De plus, selon la National Law School of India University, le mercure présent dans les amalgames dentaires est contenu et recyclé, au lieu d’être libéré dans l’atmosphère sous forme de vapeur lors d’une crémation classique.

Une empreinte carbone drastiquement réduite

La crémation traditionnelle est un processus énergivore. L’énergie nécessaire pour alimenter les fours est immense et rejette chaque année des millions de tonnes de dioxyde de carbone. Elle émet également des polluants comme les particules fines PM10 et PM2.5. Ces émissions ne sont pas sans conséquences sur la santé : les PM10 ont été associées à des cas de dépression et de suicide, tandis que les PM2.5 sont liées à une dégradation de la santé cardiaque et pulmonaire, à des maladies chroniques et à des complications à la naissance.

En comparaison, l’aquamation ne consomme qu’environ un septième de l’énergie utilisée pour une crémation par le feu et ne produit aucune de ces émissions nocives. On estime qu’elle pourrait réduire l’empreinte carbone associée aux rites funéraires de 75 %. Le liquide résiduel est un mélange stérile de composés organiques, incluant des sels et des acides aminés. Il peut être utilisé comme fertilisant ou, après neutralisation, être rejeté en toute sécurité dans les cours d’eau.

L’aquamation, un choix pour l’avenir ?

Malgré ces avantages, la crémation par l’eau n’est pas encore une option largement accessible dans le monde. Cependant, dans un contexte de prise de conscience écologique face aux changements climatiques rapides de notre planète, elle pourrait devenir une alternative séduisante pour beaucoup. C’est d’ailleurs le choix qu’avait fait le lauréat du prix Nobel de la paix, Desmond Tutu.

En l’autorisant légalement, l’Écosse prend la tête du mouvement au Royaume-Uni et ouvre la voie. Cette décision soulève une question plus large sur l’évolution des rites funéraires. Et vous, souhaiteriez-vous que la crémation par l’eau soit disponible dans votre pays ?

Selon la source : iflscience.com

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