Aller au contenu
Trêve de 3 jours entre Russie et Ukraine : l’annonce surprise de Donald Trump qui change la donne
Crédit: Side-by-side fusion: "Владимир Зеленский (31-12-2023).jpg" by President.gov.ua licensed under CC0 via Wikimedia Commons + "Vladimir Vladimirovich Putin 2022.jpg" by http://www.kremlin.ru licensed under CC BY 4.0 via Wikimedia Commons

Une annonce inattendue pour une trêve de trois jours

credit : lanature.ca (image IA)

C’est une déclaration qui a pris tout le monde de court. Vendredi, Donald Trump a annoncé la mise en place d’un cessez-le-feu de trois jours entre l’Ukraine et la Russie, effectif dès le samedi. L’ancien président américain a exprimé l’espoir que cette pause dans les hostilités marque une étape décisive dans ce conflit qui déchire l’Europe de l’Est.

Sur sa propre plateforme, Truth Social, il a partagé sa vision : « Espérons que ce soit le début de la fin d’une guerre très longue, meurtrière et difficile ». Cette trêve, a-t-il précisé, ne vient pas seule. Elle doit s’accompagner d’un « échange de prisonniers de 1 000 détenus de chaque pays », un geste humanitaire de grande ampleur.

Les coulisses diplomatiques et les premières réactions

credit : lanature.ca (image IA)

Cette annonce n’est pas la première du genre pour Donald Trump. Il a jugé que l’issue de la guerre était « de plus en plus proche », une déclaration qui coïncide avec la reprise des discussions cette semaine entre les négociateurs ukrainiens et américains. Ces pourparlers, qui se tiennent en Floride, dans le sud-est des États-Unis, avaient été relégués au second plan depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Les réactions officielles ne se sont pas fait attendre. Juste après la publication du message de Donald Trump, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ordonné à son armée de ne pas mener d’attaque contre le défilé prévu le samedi sur la place Rouge à Moscou. De son côté, la capitale russe a confirmé avoir accepté les termes de la trêve ainsi que l’échange de prisonniers. Volodymyr Zelensky a également exprimé son souhait de voir les négociateurs américains se rendre en Ukraine dans les semaines à venir.

Le défilé du 9-Mai, un enjeu sous haute tension

credit : lanature.ca (image IA)

L’annonce de cette trêve intervient dans un contexte particulièrement tendu autour des commémorations russes du 9-Mai, qui célèbrent la capitulation allemande de 1945. Moscou avait clairement menacé de lancer une frappe massive au cœur de Kiev si l’Ukraine venait à perturber le défilé militaire. Une menace que les habitants de la capitale ukrainienne semblaient prendre avec un certain fatalisme.

Interrogés vendredi par l’AFP, les Kiéviens affichaient une forme de résilience lasse. « Il ne se passera rien de nouveau », estimait Vassyl Kozar, un employé de banque de 40 ans. « Je suis inquiet mais c’est devenu la routine. » Pour Viktoria Dorofeïeva, une ingénieure de 30 ans, la conduite à tenir est simple : elle ira « simplement dans un abri. C’est le maximum que je ferai. » Avant même l’annonce de Donald Trump, des sources au sein du pouvoir ukrainien indiquaient à l’AFP qu’aucune mesure sécuritaire spécifique n’était prévue. Une députée, sous couvert d’anonymat, avait résumé l’état d’esprit ambiant d’une formule lapidaire : « On fait simplement un doigt d’honneur ».

Une spirale de violences malgré une première trêve unilatérale

credit : lanature.ca (image IA)

La méfiance était de mise, et pour cause. Moscou avait déjà décrété unilatéralement une trêve à l’occasion des commémorations du 9-Mai, mais les attaques de drones s’étaient poursuivies de part et d’autre. Vendredi matin, sur le réseau social X, Volodymyr Zelensky avait accusé Moscou de n’avoir fait aucune tentative pour respecter son propre cessez-le-feu.

Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a lancé 67 drones de longue portée durant la nuit, un chiffre présenté comme le plus faible en près d’un mois. En réponse, Moscou a assuré avoir riposté « de manière symétrique » aux « violations » ukrainiennes. La défense aérienne russe a affirmé de son côté avoir intercepté 409 drones ukrainiens depuis l’entrée en vigueur de sa trêve. Dans ce climat de violence continue, un drone lancé par l’Ukraine a tué un homme de 41 ans et sa fille de 15 ans dans la partie de la région de Kherson occupée par les forces russes, selon l’administration locale soutenue par Moscou.

L’invasion à grande échelle lancée par la Russie en 2022 est désormais entrée dans sa cinquième année, causant des centaines de milliers de morts et devenant le conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

L’Ukraine intensifie ses frappes en territoire russe

credit : lanature.ca (image IA)

Loin de se contenter de défendre son territoire, l’Ukraine a récemment démontré sa capacité à frapper en profondeur. Vendredi, Volodymyr Zelensky s’est félicité d’une attaque ukrainienne réussie contre un dépôt pétrolier dans la région de Iaroslav, à environ 200 kilomètres au nord-est de Moscou. Les services de sécurité ukrainiens ont également revendiqué une frappe sur une raffinerie dans la région de Perm, en plein cœur de l’Oural.

L’intensification de ces frappes, rendue possible par le renforcement des capacités en matière de drones, a des conséquences directes. Treize aéroports ont dû être fermés dans le sud de la Russie après qu’un drone ukrainien a touché un bâtiment administratif lié au trafic aérien à Rostov-sur-le-Don. Même si les vols ont partiellement repris par la suite, l’incident a provoqué une réaction au plus haut sommet de l’État russe. Vladimir Poutine a convoqué une réunion de son Conseil de sécurité, qualifiant cette frappe d' »acte de nature terroriste ».

Moscou sur la défensive : des célébrations sans précédent

Signe de la nervosité ambiante, la Russie a pris des mesures exceptionnelles pour son défilé du 9-Mai à Moscou. Pour la première fois en près de vingt ans, aucun équipement militaire n’a été annoncé sur la place Rouge, une décision qui rompt avec une longue tradition de démonstration de force.

En parallèle, des coupures intermittentes d’internet ont été ordonnées dans la capitale russe, une mesure de sécurité qui en dit long sur les craintes des autorités. Ces décisions inhabituelles, couplées à l’acceptation d’une trêve négociée en dehors de son influence directe, dessinent le portrait d’une Russie peut-être plus sur la défensive qu’il n’y paraît, alors que le conflit entre dans une nouvelle phase d’incertitude.

Selon la source : tvanouvelles.ca

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu