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Une vitamine courante présente un lien complexe avec le cancer, selon des experts
Crédit: lanature.ca (image IA)

La nuance derrière la vitamine essentielle

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Les vitamines sont généralement présentées selon un principe simple : obtenez les bonnes quantités et votre corps rayonnera. Dans la réalité, le corps humain s’avère plus nuancé. Une quantité excessive ou insuffisante de certaines vitamines ou minéraux dans votre alimentation peut être liée à des problèmes importants, mais l’interprétation de ce lien n’est pas toujours évidente.

La vitamine B12, également connue sous le nom de cobalamine, fait partie de ces éléments. Pendant de nombreuses années, elle a été perçue comme l’un des bons élèves de la nutrition, aidant à maintenir le bon fonctionnement de l’organisme. Sans une quantité suffisante, les effets se font rapidement ressentir, avec une fatigue persistante et une fonction cognitive ralentie figurant parmi les symptômes les plus courants d’une carence.

Des recherches récentes suggèrent cependant que le tableau global de la B12 est plus complexe. Des relations déroutantes apparaissent entre des niveaux anormaux de B12 et certains cancers, notamment ceux des poumons, du sein, de l’œsophage et du côlon. Parallèlement, d’autres données scientifiques partagées dans des lettres d’information gratuites et vérifiées, comme celle de ScienceAlert à laquelle il est possible de s’abonner, soulignent d’autres effets physiologiques. L’augmentation d’une seule vitamine pourrait par exemple avoir un effet surprenant sur votre programme de selles.

Le mécanisme biologique et les premiers soupçons

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La cobalamine est une vitamine dont aucun animal ne peut se passer. Elle contribue à la fabrication de l’ADN et de la myéline qui protège nos nerfs. Elle s’avère également vitale pour la maturation des globules rouges, ainsi que pour les processus impliquant à la fois les acides gras et les acides aminés.

Les plantes n’ayant ni besoin de fabriquer ni de consommer de la B12, cette vitamine ne se trouve naturellement que dans les produits alimentaires d’origine animale. En conséquence, les personnes qui suivent un régime à base de plantes ou qui absorbent mal les nutriments luttent souvent contre une carence.

Son rôle dans la synthèse et la stabilisation de l’ADN est au moins en partie ce qui a conduit les scientifiques à enquêter sur un lien avec le cancer. Le cancer commence par des dommages à l’ADN, et on pense qu’une carence sévère en B12 interfère indirectement avec les processus que les cellules utilisent pour copier et réparer l’ADN. Les enquêtes sur ce lien ont conduit certains chercheurs à proposer que le maintien de niveaux sains de B12 pourrait aider à protéger les cellules des types d’instabilité génétique associés au cancer.

Le paradoxe des niveaux élevés et la question de la causalité

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D’autres études sont venues brouiller les pistes en montrant un lien entre des niveaux inhabituellement élevés de B12 dans le sang et le cancer du poumon. Ainsi, des niveaux de B12 à la fois anormalement bas et anormalement élevés ont été observés dans des cas de cancer lors de multiples études à travers le monde. La question se pose alors : un apport déséquilibré en B12 provoque-t-il le cancer ? La réponse est non. Il se pourrait même que ce soit l’inverse, comme l’illustre un document photographique de Kinga Krzeminska pour Getty Images interrogeant si un déséquilibre en B12 cause le cancer ou si c’est la situation opposée.

Une complication majeure réside dans le fait que les chercheurs mesurent souvent deux éléments distincts : la quantité de B12 que les personnes consomment et la quantité de la vitamine qui circule dans leur sang. Ces deux éléments ne sont pas nécessairement identiques, car les niveaux de B12 dans le sang sont influencés non seulement par l’alimentation, mais aussi par la façon dont le corps stocke, utilise et transporte la vitamine.

Le foie stocke de grandes quantités de B12. Plusieurs cancers, en particulier les cancers du foie et les cancers qui se propagent de manière agressive dans le corps, peuvent perturber la manière dont la vitamine est stockée, transportée et libérée. De plus, certaines tumeurs semblent augmenter la production des protéines qui transportent la B12 dans la circulation sanguine. Cela signifie qu’un taux élevé de B12 dans les analyses de sang peut parfois être un symptôme ou un effet secondaire de la maladie plutôt que l’élément qui la provoque.

Ce que disent les études récentes et les chiffres clés

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Les chercheurs tentent toujours de démêler la signification exacte de ces niveaux élevés de B12. Une étude de 2026 impliquant plus de 37 000 patients atteints d’un cancer du côlon a révélé que les personnes présentant des niveaux très élevés de B12 avaient des résultats de survie significativement pires. L’étude s’est toutefois arrêtée avant d’établir un lien de causalité, suggérant plutôt que la B12 pourrait fonctionner comme un biomarqueur d’une maladie agressive.

Une revue de 2022 portant sur des études humaines a conclu qu’il n’existe toujours pas de preuves solides indiquant qu’un apport élevé en B12, des niveaux sanguins élevés ou une supplémentation causent directement le cancer, et ce, malgré des associations répétées entre des niveaux anormaux de B12 et la maladie. Dans un contexte de recherche connexe, un expert a par ailleurs révélé que deux suppléments spécifiques pour la ménopause pourraient réellement aider l’organisme.

Une autre revue de 2024 a examiné les niveaux sanguins de B12 chez les patients atteints de cancer et a statué avec la conclusion suivante : « La signification diagnostique des niveaux élevés de B12 chez les patients déjà diagnostiqués avec un cancer reste incertaine et pourrait potentiellement être liée à une causalité inverse ».

Le cas vietnamien et la recherche du juste milieu

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Une étude de 2024 portant sur 3 758 patients atteints de cancer au Vietnam a encore compliqué la situation. Elle a comparé l’apport alimentaire en B12 entre les cas de cancer et 2 995 personnes sans cancer, découvrant une association en forme de U. Les personnes ayant un apport à la fois inhabituellement bas et inhabituellement élevé présentaient un risque global de cancer élevé par rapport à celles se trouvant dans la fourchette moyenne.

L’étude vietnamienne sur l’apport indique que la situation n’est peut-être pas si tranchée, mais elle présente également des limites importantes. Comme de nombreuses études enquêtant sur le lien entre la B12 et le cancer, il s’agissait d’une recherche observationnelle, ce qui signifie qu’elle ne pouvait identifier que des associations plutôt qu’une relation directe de cause à effet. Les chercheurs se sont par ailleurs appuyés sur des questionnaires alimentaires, qui peuvent constituer des mesures imparfaites du régime à long terme.

Même le groupe ayant l’apport le plus élevé ne consommait en moyenne qu’environ 2,97 microgrammes de B12 par jour, ce qui n’est pas dramatiquement supérieur aux recommandations nutritionnelles standard fixées de 2,4 à 2,8 microgrammes par jour. Avec de telles incohérences dans l’ensemble des recherches, le lien entre le cancer et la B12 reste flou. Les chercheurs tentent toujours d’établir si la vitamine contribue à la maladie, en est le résultat, ou les deux. Une chose semble claire : comme pour beaucoup d’aspects de la vie, c’est dans l’excès ou le manque que se trouvent les problèmes. Le meilleur conseil est de s’inspirer de Boucle d’or et d’atterrir dans le domaine du juste milieu.

Selon la source : scitechdaily.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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