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Un volcan endormi depuis 100 000 ans ne serait pas éteint : d’autres volcans « calmes » pourraient être plus dangereux qu’on ne le pensait
Crédit: lanature.ca (image IA)

La redéfinition du sommeil volcanique

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Dans le monde naturel, les éléments inanimés ne reviennent généralement pas à la vie. Une nouvelle découverte suggère pourtant que certains volcans classés comme totalement éteints pourraient un jour sortir de leur torpeur. Ces résultats apportent un éclairage inédit sur le cycle de vie de ces structures géologiques.

Cette observation soulève des questions majeures pour les autorités chargées de la gestion des risques volcaniques. Les données recueillies indiquent la nécessité d’une réévaluation complète du statut de nombreuses montagnes à travers le monde. Cette remise en question concerne spécifiquement des sites qui sont restés silencieux pendant des dizaines de milliers d’années.

Le postulat selon lequel un long silence équivaut à une extinction définitive est désormais mis à l’épreuve par les avancées technologiques. L’étude invite les spécialistes à reconsidérer la distinction entre un volcan inactif et un cratère qui accumule silencieusement de l’énergie en profondeur.

Le dôme de lave de Methana et ses capsules temporelles

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La recherche s’est concentrée en Grèce, sur le site d’un volcan à dôme de lave actif nommé Methana. Les chercheurs présents sur place ont orienté leurs analyses sur le zircon. Ce type de cristal se forme directement à l’intérieur du volcan lors du refroidissement du magma.

Le zircon agit alors comme une véritable capsule temporelle. Lors de sa cristallisation, il verrouille de manière permanente les conditions physiques et chimiques qui existaient au moment précis de sa création. L’étude de ces minuscules fragments permet de lire le passé géologique avec une grande exactitude.

« Nous pouvons considérer les cristaux de zircon comme de minuscules enregistreurs de vol », a déclaré Olivier Bachmann de l’ETH Zurich dans une déclaration. « En datant plus de 1 250 d’entre eux à travers 700 000 ans d’histoire volcanique, nous avons reconstruit la vie intérieure du volcan avec une précision et une puissance statistique qui n’étaient tout simplement pas possibles il y a une décennie. »

Une activité souterraine insoupçonnée

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L’analyse des cristaux de zircon a mis en évidence des dynamiques de long terme spectaculaires. La chronologie cristalline de Methana montre que, même pendant des périodes de dormance s’étendant sur plus de 100 000 ans, le volcan a continué à présenter des signes d’une intense activité magmatique.

Loin d’être plongée dans un sommeil profond, la montagne était en réalité en train de construire et d’alimenter son réservoir, profondément enfoui sous la surface terrestre. Cette accumulation d’énergie invisible redéfinit la perception de la passivité volcanique.

« Ce que nous avons appris, c’est que les volcans peuvent ‘respirer’ sous terre pendant des millénaires sans jamais percer la surface », a précisé Olivier Bachmann. « Pour les autorités chargées des risques volcaniques, par exemple, en Grèce, en Italie, en Indonésie, aux Philippines, en Amérique du Sud et du Nord, au Japon, etc., cela signifie réévaluer le niveau de menace des volcans qui ont été calmes pendant des dizaines de milliers d’années mais qui montrent des signes périodiques d’agitation magmatique. »

Le rôle du magma riche en eau

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Si Methana accumulait un tel puits de potentiel explosif sous la terre, la question de l’absence d’éruption se pose naturellement. Les cristaux de zircon apportent un élément de réponse en révélant que le magma présent dans le volcan contenait davantage d’eau que prévu. Cette concentration était particulièrement élevée durant les phases où le volcan semblait calme en surface.

Un magma riche en eau adopte un comportement spécifique. Il a tendance à bouillonner et contient une plus grande quantité de cristaux, ce qui modifie sa consistance pour la rendre plus épaisse et plus collante. Une équipe de scientifiques a recréé cet effet en s’appuyant sur des modèles informatiques sophistiqués.

Les chercheurs ont ainsi observé comment ce type de magma ralentit lors de son ascension. Ce phénomène indique qu’un réservoir volumineux ne provoque pas systématiquement une énorme explosion, car la matière magmatique peine à atteindre la surface. Toutefois, cette dynamique n’exclut aucunement la possibilité qu’une éruption se produise à l’avenir.

Les implications pour la surveillance mondiale

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La recherche expose un mécanisme démontrant que des volcans qualifiés d' »éteints » après de longues périodes de dormance apparente peuvent conserver une activité bien supérieure à ce qui était estimé jusqu’à présent. Cette réalité modifie l’approche de la gestion des catastrophes naturelles à l’échelle internationale.

Ces découvertes ont des conséquences importantes pour l’évaluation des risques volcaniques. Elles mettent en exergue la nécessité de garder un œil vigilant sur des volcans endormis qui, sans ces nouvelles données, ne feraient l’objet d’aucune surveillance particulière par les observatoires de la planète.

Il convient de se préparer pour ne pas être pris au dépourvu lorsqu’ « un volcan se réveille », pour reprendre la citation exacte du titre de l’article scientifique. L’intégralité de cette étude géologique a été publiée dans la revue spécialisée Science Advances.

Selon la source : iflscience.com

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