Aller au contenu
Trump plaisante sur une candidature au poste de Premier ministre en Israël et affirme y avoir « 99 % de soutien »
Crédit: shutterstock

Un discours sur le tarmac qui ravive la surveillance publique

Lors d’un échange avec les journalistes sur le tarmac d’un aéroport, Donald Trump a déclaré qu’il pourrait se présenter au poste de Premier ministre d’Israël une fois son mandat de président des États-Unis terminé. Tout en multipliant les éloges à l’égard du Premier ministre Benjamin Netanyahu, il s’est vanté de sa popularité dans le pays, justifiant son propos par un sondage lui attribuant « 99 % de soutien » en Israël. Cette suggestion, formulée avec un sérieux apparent, s’inscrit dans une habitude désormais bien installée consistant à mêler commentaires politiques libres, flatteries personnelles et autopromotion, au moment même où ses détracteurs soulèvent des questions sur son âge, sa condition physique et sa vivacité d’esprit.

Cet épisode sur le tarmac ne constitue pas un événement isolé. À 79 ans, Donald Trump est devenu la personne la plus âgée de l’histoire américaine à être investie présidente lors de sa seconde investiture en 2025. Chaque discours, chaque point presse improvisé et chaque message sur les réseaux sociaux fait désormais l’objet d’un examen d’une intensité clinique autrefois réservée aux salles d’attente médicales. Quelques jours avant cette déclaration, il avait publié une série d’images sur les réseaux sociaux affirmant qu’il « vieillit à l’envers », tentant visiblement de balayer les inquiétudes liées à son âge.

Ces publications semblaient faire écho aux commentaires de Bo Loudon, un influenceur de droite de 19 ans, qui avait partagé des photos de Donald Trump sur un terrain de golf en Virginie en déclarant : « 79 est le nouveau 39. Le président Trump vieillit à l’envers. » Pour de nombreux observateurs, le contraste entre ce type de communication et ce qui est réellement capté par les caméras se trouve au cœur des préoccupations actuelles du grand public.

Des incidents publics et des signaux physiques documentés

shutterstock

Le registre public des moments inhabituels s’est régulièrement allongé depuis sa prise de fonctions pour ce second mandat. Donald Trump a été observé en train de s’endormir dans des lieux publics à de multiples reprises, notamment lors de réunions du cabinet, à l’US Open, lors de rencontres avec des dirigeants étrangers, et même pendant les funérailles du Pape. Ses digressions emblématiques se sont également rallongées, déviant vers des sujets inattendus allant des parcs éoliens à la décoration de la Maison-Blanche, jusqu’à des détails personnels sur la Première dame Melania Trump.

Certains moments captés dans le Bureau Ovale ont particulièrement marqué les esprits. Dans un cas précis, il est resté figé lorsqu’un homme s’est effondré derrière lui. Lors d’une autre réunion, il s’était assoupi, et il est apparu désorienté lorsqu’un homme s’est évanoui à côté du bureau Resolute. Le 21 janvier 2026, lors d’un discours à Davos, il a fait référence au Groenland en l’appelant « Islande » à plusieurs reprises. Son langage est devenu un sujet de préoccupation supplémentaire tout au long du mois d’avril 2026, avec des publications longues et truffées de jurons sur les réseaux sociaux, incluant des menaces apparentes contre l’Iran et des réprimandes à l’encontre du pape Léon XIV.

Sur le plan physique, les questions se sont également multipliées. En juillet, la Maison-Blanche a annoncé que Donald Trump avait été diagnostiqué d’une insuffisance veineuse chronique, une affection courante chez les personnes âgées qui provoque une accumulation de sang dans les veines. De larges ecchymoses ont continué d’apparaître sur le dos de ses mains. Son médecin a attribué cela à « une irritation mineure des tissus mous due à de fréquentes poignées de main et à l’utilisation d’aspirine », qualifiant le phénomène d' »un effet secondaire bien connu et bénin du traitement à l’aspirine. » Les médecins ont toutefois recommandé qu’il prenne une dose d’aspirine plus faible pour la prévention cardiaque, citant des inquiétudes liées à cette tendance aux ecchymoses. Dans une interview au Wall Street Journal, Donald Trump a rejeté ces inquiétudes, blâmant sa forte dose d’aspirine et insistant sur le fait qu’il déborde d’énergie. Par ailleurs, des ressources spécialisées permettent d’en apprendre davantage sur les signes de déclin cognitif chez les adultes vieillissants et ce qu’il faut surveiller chez ses proches.

Les évaluations cognitives et leurs limites cliniques

lanature.ca (image IA)

Face à ces interrogations, Donald Trump s’est vanté à plusieurs reprises d’avoir réussi des tests cognitifs avec brio depuis sa première élection en 2016. Ces dernières semaines, il s’est encore targué d’avoir identifié avec succès un ours lors de l’un de ces tests, tout en vantant son intelligence. Plus spécifiquement, il a passé le Montreal Cognitive Assessment (MoCA) au moins à deux reprises : en janvier 2018 lors de sa première présidence, et en avril 2025 pendant la seconde. Selon les deux médecins administrateurs, il a obtenu un score parfait de 30 sur 30 à chaque évaluation.

Créé par le neurologue canadien Dr Ziad Nasreddine, le MoCA est largement utilisé pour évaluer les troubles cognitifs légers. La documentation officielle précise qu’il teste le langage, la mémoire, les capacités visuospatiales et l’orientation, la version standard nécessitant environ 10 minutes. Le Dr Nasreddine lui-même a souligné qu’un score de 30/30 est « rassurant pour écarter un Alzheimer ou une démence légère », tout en précisant qu’un trouble cognitif très léger peut échapper au dépistage, particulièrement chez les patients très instruits.

Ce test peut aider à exclure certaines formes de déficience cognitive, mais ne peut à lui seul prouver une santé cognitive à vie ni mesurer des fonctions exécutives complexes. Il est surtout utile comme étape de dépistage pouvant inciter à des examens neuropsychologiques plus poussés. Le MoCA n’est pas un test de QI, mais un outil conçu pour détecter les signes précoces de la maladie d’Alzheimer ou de la démence, un point sur lequel Donald Trump a été critiqué pour avoir suggéré qu’il s’agissait d’un test d’intelligence. Réussir cet outil de dépistage a une signification réelle, mais diffère grandement d’un bilan de santé neurologique complet.

L’alerte formelle de trente-six experts médicaux

Le débat sur la santé du président a franchi un cap décisif à la fin du mois d’avril 2026. Le 30 avril 2026, un groupe de 36 médecins de premier plan et d’autres experts en santé mentale a publié une déclaration appelant à la destitution immédiate et légale du président Trump pour des raisons médicales. Ils ont déclaré que son instabilité mentale, couplée à son autorité unique et sans contrôle pour lancer des armes nucléaires, fait de lui « un danger clair et immédiat pour la sécurité de tous les Américains. »

Ce groupe est composé de neurologues, de psychiatres légistes et d’autres spécialistes, incluant des cliniciens de Harvard, Columbia, Tufts et de l’Université George Washington. On y retrouve également des figures comme Eric Chivian, cofondateur de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire et lauréat du prix Nobel de la paix. La déclaration a été officiellement inscrite au Congressional Record par le sénateur Sheldon Whitehouse, qui a demandé le consentement unanime pour l’y faire imprimer en son nom et au nom du sénateur Jack Reed. Bien que cela ne déclenche aucun processus légal automatique, la mise en garde est intégrée en permanence dans les archives officielles du gouvernement, forçant les législateurs à réagir publiquement.

Le groupe a explicitement précisé qu’il n’avait pas examiné le président en personne et qu’il n’offrait pas de diagnostic clinique formel, se basant sur des comportements et déclarations publics. Cette démarche contourne délibérément la Goldwater Rule, une norme établie en 1973 par l’American Psychiatric Association (APA) après la campagne de 1964, stipulant de ne pas diagnostiquer une personne sans l’avoir examinée. Les 36 médecins soutiennent que les enjeux de sécurité nationale rendent le silence indéfendable. En réponse, Davis Ingle, porte-parole de la Maison-Blanche, a rejeté ces affirmations, qualifiant Donald Trump de « le président le plus vif et le plus accessible de l’histoire américaine » et confirmant son « excellente santé. » Ces réfutations interviennent avant son évaluation prévue le 26 mai au Walter Reed National Military Medical Center, décrite comme s’inscrivant dans des soins de santé préventifs de routine.

L’opinion publique, les sondages et le vide constitutionnel

Ces inquiétudes médicales trouvent un écho marqué dans l’opinion publique. Un sondage Washington Post/ABC News/Ipsos a indiqué que 59 % des personnes interrogées estiment que Donald Trump n’a pas la vivacité d’esprit nécessaire pour diriger le pays, contre 40 % qui le jugent mentalement équipé. Parallèlement, 55 % ont déclaré qu’il n’est pas en assez bonne santé physique pour exercer la présidence. Une autre enquête Reuters-Ipsos a révélé que 61 % des Américains s’accordent à dire qu’il est « devenu erratique avec l’âge », un sentiment partagé par 30 % des Républicains. Une enquête distincte Washington Post-ABC News-Ipsos a montré que des majorités jugeaient qu’il n’avait ni la vivacité d’esprit (56 %) ni la santé physique (51 %) pour servir efficacement.

Parmi les Républicains et les indépendants penchant vers les Républicains, le pourcentage de ceux qui sont « très confiants » dans l’aptitude mentale de Donald Trump a chuté de 75 à 66 %, tandis que la confiance dans sa forme physique est passée de 65 à 55 %. D’ici mai 2026, de multiples sondages montraient qu’une majorité d’Américains ne le croyait pas mentalement apte à être président, un revirement notable pour un homme qui avait fait de l’âge de Joe Biden un thème central de sa campagne de 2024. Dans ce climat, de nouvelles propositions de loi sont même à l’étude pour exiger des tests d’aptitude cognitive pour les législateurs américains vieillissants.

Les médecins signataires de la déclaration du 30 avril ont exhorté à l’invocation du 25e amendement, le mécanisme constitutionnel permettant au vice-président et à une majorité des secrétaires du cabinet de déclarer un président inapte. Si invoqué, le vice-président assumerait les pouvoirs présidentiels à moins que le président ne conteste, laissant au Congrès le soin de trancher. Aucun président n’a jamais été destitué par ce biais. Actuellement, les États-Unis ne disposent d’aucun système formel et indépendant pour évaluer si un président en exercice est mentalement apte à contrôler les armes nucléaires. Un point soulevé tant dans les sondages que devant le Congrès. Remarque : L’auteur de cet article n’est pas un professionnel de la santé agréé. Ces informations sont fournies à des fins éducatives et générales, basées sur des sources publiques réputées, et ne remplacent en aucun cas un avis médical professionnel, qu’il convient de solliciter auprès d’un médecin qualifié.

Selon la source : independent.co.uk

Créé par des humains, assisté par IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu