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Éric Duhaime appuie Pauline Marois pour la tenue d’un sommet provincial sur l’itinérance d’ici 2027
Crédit: Side-by-side fusion: "Éric Duhaime 2022-07-05 (cropped).jpg" by Asclepias licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons + "Pauline Marois (gros plan).png" by Pauline Marois - Chicoutimi 03.jpg: Amélie Binette derivative work: — Riba (talk) licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

Un appui conservateur pour le projet de sommet

credit : Montage réalisé à partir d’images de Amélie Caron (CC BY-SA 4.0), Alexis G (CC BY-SA 4.0), QuebecSolidaireMercier (CC BY-SA 4.0) et Asclepias (CC BY-SA 3.0), via Wikimedia Commons.

Le paysage politique québécois voit converger plusieurs de ses acteurs autour de la question de la précarité sociale. À l’issue d’un entretien organisé à Québec ce mercredi après-midi, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a officiellement apporté son appui à l’ancienne première ministre Pauline Marois.

Cette rencontre visait à consolider les appuis en faveur de la tenue d’un sommet provincial sur l’itinérance, une initiative que l’ex-cheffe d’État souhaite voir se concrétiser d’ici au mois de juin 2027. Le ralliement du chef conservateur vient s’ajouter à une liste croissante d’appuis issus de l’opposition politique.

En effet, monsieur Duhaime a confirmé qu’il se montrait favorable à cette démarche, rejoignant ainsi les positions déjà exprimées par d’autres figures de l’échiquier politique. Charles Milliard du Parti libéral, Paul St-Pierre Plamondon du Parti québécois (PQ) ainsi que Ruba Ghazal de Québec solidaire (QS) avaient préalablement signifié leur accord pour l’organisation de cet événement d’envergure.

Position gouvernementale et craintes liées à la toxicomanie

credit : Christine Fréchette / via X

Face à cette mobilisation de la classe politique, le gouvernement en place maintient pour l’instant une position de réserve. La première ministre Christine Fréchette a refusé de s’engager formellement quant à la tenue de ce sommet, argumentant que son administration agit déjà sur le terrain. Pauline Marois a toutefois précisé qu’une rencontre avec la cheffe du gouvernement est prévue au cours des prochaines semaines pour aborder le dossier.

De son côté, Éric Duhaime a profité d’une mêlée de presse suivant la rencontre de mercredi pour souligner l’urgence d’intervenir. Selon le chef conservateur, des mesures immédiates sont requises pour éviter que la situation au Québec n’atteigne la gravité observée à Vancouver. Il a décrit la réalité de la métropole britanno-colombienne en affirmant que « c’est hors de contrôle et en train de détruire une ville ».

L’aggravation de la crise est, selon l’élu, intrinsèquement liée à la consommation de substances illicites. « La consommation des drogues nous préoccupe, parce qu’il y a une explosion à ce niveau », a déclaré monsieur Duhaime devant les journalistes. Il a ajouté que « les effets sont de plus en plus dévastateurs et c’est des drogues de plus en plus dures. Je pense qu’il va falloir se poser beaucoup de questions. »

La formation d’une coalition et l’appel public

À l’issue de leurs échanges, l’ancienne première ministre a exprimé sa satisfaction quant à l’accueil réservé à sa proposition par le chef conservateur. « On a eu une excellente rencontre », a déclaré Pauline Marois alors qu’elle se tenait aux côtés du dirigeant.

Elle a souligné la réceptivité de son interlocuteur face aux objectifs du projet. « On a échangé en profondeur et je crois que M. Duhaime comprend bien l’esprit de ce qu’on veut faire avec la tenue d’un sommet et de cet engagement qui va mobiliser tout le Québec », a-t-elle poursuivi, rappelant que cette initiative s’inscrit dans une coalition visant à mieux coordonner les efforts des instances gouvernementales et municipales.

Ce mouvement avait d’ailleurs été publiquement officialisé le 20 mai dernier par la parution d’une lettre ouverte dans le quotidien Le Devoir. Le document réunissait les signatures de nombreuses personnalités publiques, dont les maires de Montréal et de Québec, Soraya Martinez Ferrada et Bruno Marchand, les anciennes ministres Michelle Courchesne et Marguerite Blais, ainsi que l’ex-co-porte-parole de QS, Françoise David. S’y ajoutaient également les appuis de Louis Audet, président du conseil d’administration de Cogeco, d’Alexandre Cloutier, président de l’Université du Québec, de Magali Picard, présidente de la FTQ, et de Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Constats territoriaux et statistiques en hausse

credit : lanature.ca (image IA)

L’objectif principal du rassemblement proposé par madame Marois consiste à établir des consensus larges et à s’entendre sur des mesures concrètes. Lors des consultations qu’elle a menées au cours des derniers mois, l’instigatrice du projet a noté qu’il existait un manque de coordination évident dans les stratégies de lutte contre l’itinérance, et ce, malgré un grand nombre d’efforts et de réalisations jugées tout à fait louables.

L’urgence de cette concertation s’appuie sur des données démographiques récentes. Le dénombrement des personnes en situation d’itinérance effectué pour l’année 2025 révèle que pas moins de 12 000 individus ont été recensés à travers l’ensemble de la province.

Cette précarité connaît une croissance marquée dans des secteurs géographiques spécifiques. Selon les données officielles, cinq régions québécoises ont enregistré une augmentation de l’itinérance dépassant la barre des 50 % entre les années 2022 et 2025. Les registres détaillent une hausse de 119 % en Abitibi-Témiscamingue, de 74 % dans les Laurentides, de 65 % sur la Côte-Nord, de 59 % à Laval et de 51 % dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Investissements et mesures budgétaires du gouvernement

credit : lanature.ca (image IA)

Face à l’ampleur du phénomène documenté, l’administration provinciale a structuré diverses mesures financières. Dans le cadre de son budget 2026-2027, le gouvernement caquiste consacre une enveloppe de 90 millions de dollars, répartie sur cinq ans, destinée à aider les personnes itinérantes ou en voie de le devenir.

Ces fonds incluent des allocations ciblées pour freiner la perte de logement. Un montant de 27 millions de dollars est ainsi dédié à la prévention des expulsions. En parallèle, une somme de 21,4 millions de dollars est versée sous la forme de suppléments au loyer d’urgence afin d’offrir un soutien direct aux ménages vulnérables.

Ce financement ponctuel s’inscrit dans un cadre budgétaire plus large entamé au début de la décennie. Depuis 2021, le gouvernement a annoncé un total de plus de 1,1 milliard de dollars pour prévenir et réduire l’itinérance. Cette enveloppe globale comprend notamment les 277 millions prévus dans le Plan d’action interministériel en itinérance 2021-2026, ainsi que 614 millions de dollars spécifiquement alloués à l’aide au logement et à la réalisation de logements destinés aux personnes vulnérables.

Selon la source : lapresse.ca

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