La Russie pourrait être prête à abandonner son module défectueux de l’ISS qui fuit
Auteur: Simon Kabbaj
Les origines d’une brèche persistante

Depuis sept ans, la Station spatiale internationale (ISS) fait face à un problème d’évasion d’air permanent. De minuscules fissures laissent échapper l’oxygène de la structure, un défi technique qui mobilise la NASA et son homologue russe, Roscosmos. Les deux agences spatiales ont multiplié les délibérations pour trouver une solution pérenne, mais les différentes tentatives de réparation n’ont donné aucun résultat probant jusqu’à ce jour.
L’agence spatiale russe a signalé cette déperdition atmosphérique pour la toute première fois en septembre 2019. Les ingénieurs au sol ont alors retracé l’origine de cette fuite jusqu’à un vestibule spécifique, nommé PrK. Cette zone intermédiaire sert de point de connexion physique entre un port d’amarrage et le module russe Zvezda.
Face à cette situation, les cosmonautes russes ont mené plusieurs interventions à bord afin de tenter de colmater la brèche. Cependant, malgré ces multiples efforts initiaux, l’air continue de s’échapper de la station spatiale, et ce phénomène s’est même accentué à un rythme croissant au fil du temps.
Une fuite qui s’aggrave au fil des années
Ce flux d’air incessant représente un risque majeur pour la sécurité structurelle de la station spatiale, ainsi que pour les astronautes qui y résident en permanence. Un rapport exhaustif publié au cours de l’année 2024 met en lumière l’ampleur mathématique de cette détérioration matérielle continue.
Selon ce document officiel, le rythme de l’échappement de l’air a doublé au fil des années. Il est passé d’une livre par jour à un peu plus de deux livres par jour. Face à l’évolution de ces données chiffrées, la NASA a pris la décision d’élever cette fuite au niveau de risque le plus élevé de son échelle interne.
À cette période, les rapports indiquaient que la NASA et Roscosmos ne parvenaient pas à s’entendre sur la cause première de la fuite, ni sur la méthode appropriée pour la corriger définitivement. Le dialogue technique entre les deux puissances spatiales a donc traversé une phase de stagnation complexe.
L’illusion d’une réparation face aux données brutes

La chronologie des mesures atmosphériques présente des fluctuations déroutantes. En juin 2025, la situation a semblé prendre une tournure beaucoup plus prometteuse. La NASA a mesuré un nouveau signal de pression au sein du module russe concerné.
Ce signal spécifique correspondait à un changement dans le flux d’air ou la pression de la cabine, capté par des capteurs de précision. Cette variation singulière a été interprétée par les équipes d’analyse comme le signe que les tentatives antérieures de réparation de la fuite d’air avaient été couronnées de succès.
Toutefois, le 1er mai, un incident est venu contredire ces espoirs. Alors que les cosmonautes russes déchargeaient la cargaison du vaisseau spatial Progress 95, ils ont remarqué une lente chute de pression dans le module Zvezda. Cette observation signifiait sans la moindre ambiguïté que l’air s’échappait toujours de la station spatiale et que cette longue saga redoutée était loin d’être terminée.
L’escalade du 5 juin et l’opération de la scie

Avant une nouvelle tentative de réparation, les responsables russes ont informé la NASA de leur intention d’utiliser une scie. L’objectif de cette manœuvre était d’obtenir un meilleur accès à la fissure laissant échapper l’air, située spécifiquement dans le tunnel de transfert du module Zvezda.
Le 5 juin, la situation a atteint son point culminant lorsque la Russie a commencé à préparer cette réparation risquée qui consistait à découper un support porteur avec cet outil. La NASA a exprimé son désaccord face à cette stratégie, déclarant que l’opération « aurait pu entraîner un risque élevé pour la structure dans la zone. »
Selon un rapport d’Ars Technica, la décision de la NASA d’ordonner à ses cinq membres d’équipage de se mettre à l’abri à l’intérieur du vaisseau spatial SpaceX Dragon a poussé la Russie à reculer sur son plan. Roscosmos a alors reporté l’opération, permettant aux astronautes de retourner en toute sécurité à bord de l’ISS. Les deux agences ont continué à se disputer sur cette question technique sensible par la suite.
La décision de condamner le module vestibule
Les délibérations continues entre la NASA et Roscosmos semblent avoir mené à une solution radicale et définitive. La Russie a fini par informer la NASA de sa décision finale : elle prévoyait de mettre le module PrK hors service dans son intégralité.
Cette procédure implique de fermer de manière permanente l’écoutille menant au module de service. L’action a pour but direct de minimiser la quantité d’air perdue dans le vide spatial et d’isoler physiquement la fuite elle-même du reste de la station spatiale internationale.
Si cette fermeture se concrétise, les cosmonautes russes n’auront plus aucun accès au module. De son côté, Roscosmos devra s’adapter et utiliser d’autres ports d’amarrage afin de transférer les fournitures essentielles vers l’ISS. Une fois l’écoutille scellée, le chaos engendré par cette saga de la fuite d’air pourrait enfin trouver son dénouement.
Créé par des humains, assisté par IA.