L’Univers a-t-il une date d’expiration ? Des scientifiques pensent l’avoir trouvée
Auteur: Adam David
On a longtemps cru notre univers en expansion perpétuelle, un voyage sans fin vers le vide glacial. Mais et si cette histoire avait une date de péremption ? Une étude récente vient bousculer nos certitudes et remettre sur la table un scénario que l’on pensait oublié : celui d’un effondrement final.
Un compte à rebours de 22 milliards d'années
Le pavé dans la mare a été jeté par une équipe de chercheurs chinois, espagnols et américains. Dans une publication du Journal of Cosmology and Astroparticle Physics, ils avancent une simulation qui fait froid dans le dos : notre univers pourrait s’effondrer sur lui-même dans environ 22 milliards d’années. C’est ce qu’on appelle le « Big Crunch ».
L’idée va à contre-courant de la pensée dominante, comme le résume Henry Tye, l’un des auteurs de l’université Cornell : « Ces 20 dernières années, on pensait que l’univers s’étendrait pour toujours. Les nouvelles données suggèrent plutôt que la constante cosmologique est négative et que l’univers a une fin. »
L'énergie sombre, ce mystérieux moteur cosmique
Au cœur de ce débat se trouve une entité aussi mystérieuse que puissante : l’énergie sombre. Elle composerait près de 70 % de notre univers et agirait comme une force répulsive qui accélère son expansion. Pour la décrire, les physiciens utilisent un paramètre imaginé par Einstein, la fameuse « constante cosmologique ».
Imaginez-la comme un interrupteur cosmique. Si elle est positive, elle pousse l’univers à s’étendre de plus en plus vite. Si elle est négative, la machine s’inverse et tout commence à se contracter.
Et si l'énergie sombre n'était pas constante ?
Jusqu’ici, la plupart des modèles tenaient pour acquis que cette constante était… eh bien, constante et positive. Mais toute l’hypothèse de cette nouvelle étude repose sur une idée fascinante : et si l’énergie sombre n’était pas immuable ? Si sa nature pouvait changer au fil des éons, elle pourrait très bien faire basculer l’interrupteur du positif au négatif.
Ce serait un tournant radical dans l’histoire de notre cosmos, dont la destinée ne serait plus une fuite en avant infinie, mais un cycle de vie avec un début et, surtout, une fin.
L'axion, la particule qui pourrait tout changer
Pour donner corps à leur théorie, les physiciens se sont tournés vers une particule hypothétique, l’axion, candidate au titre de composant de la matière noire. Dans leur modèle, les axions agissent un peu comme un moteur au début de sa vie : ils fournissent l’énergie nécessaire à l’expansion. Mais après des milliards d’années, ce moteur s’épuise.
La force d’expansion s’affaiblit, laissant le champ libre à la force de contraction, qui, avec une intensité croissante, finit par tout emporter dans un grand fracas final.
faut-il s'inquiéter ?
Alors, faut-il annuler ses projets pour dans 22 milliards d’années ? Probablement pas. Pour l’heure, tout cela reste une simulation, un modèle théorique aussi élégant qu’incertain. Personne ne peut affirmer que l’énergie sombre se comporte exactement comme ces fameux axions.
Cette étude a surtout le mérite de nous rappeler que, même à l’échelle cosmique, rien n’est jamais gravé dans le marbre. La fin de l’histoire de l’univers reste, pour l’instant, à écrire.
Selon la source : geo.fr