Escalade verbale et menaces directes

C’est reparti pour un tour, et ça ne fait pas dans la dentelle. Donald Trump a décidé de couper court, littéralement, en mettant une pression monstre sur Cuba. Son objectif ? Affaiblir l’île pour tordre le bras à son président et forcer la signature d’un accord. La méthode est brutale, c’est le moins qu’on puisse dire. Dimanche dernier, sur son réseau social fétiche, Truth Social, il a lâché une bombe en majuscules : « IL N’Y AURA PLUS DE PÉTROLE OU D’ARGENT À DESTINATION DE CUBA – ZÉRO ! ». Le message est clair, non ? Il suggère même, avec cette diplomatie du bulldozer qu’on lui connaît, que La Havane ferait mieux d’accepter un deal « AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD ».
Évidemment, ça n’a pas tardé à réagir en face. Miguel Diaz-Canel, le président cubain, a vu rouge. Sur X (l’ancien Twitter, on s’y fait toujours pas…), il a rétorqué que « personne ne dicte quoi faire » à son pays. Pour lui, Cuba est une « nation libre, indépendante ». Il a même ajouté une phrase qui en dit long sur l’état d’esprit là-bas : « Cuba n’agresse pas, elle est agressée par les États-Unis depuis 66 ans, et elle ne menace pas, elle se prépare, prête à défendre la Patrie jusqu’à la dernière goutte de sang ». Ambiance.
Comme si ce n’était pas assez tendu, Trump a rajouté une couche, un peu d’huile sur le feu si j’ose dire, en partageant le message d’un internaute suggérant que Marco Rubio deviendrait le prochain dirigeant de Cuba. Oui, Marco Rubio, le secrétaire d’État américain actuel. C’est une provocation assez énorme quand on connaît l’histoire. Gilles Baril, un spécialiste de la géopolitique latino-américaine, nous rappelle d’ailleurs très justement que « Marco Rubio est le fils de Cubains qui ont fui la révolution et se sont exilés aux États-Unis ». On imagine l’effet que ça fait à La Havane…
Une île de plus en plus isolée : l’étau se resserre

Ce qui se joue là, c’est peut-être la survie économique de l’île, ni plus ni moins. Charles-Philippe David, qui préside l’Observatoire des États-Unis de la Chaire de Recherche Raoul-Dandurand, n’y va pas par quatre chemins. Il voit dans ces déclarations « une volonté très claire d’affaiblir sérieusement Cuba au point où elle tombe ». C’est radical. Il parle même d’un équivalent de « blocus pétrolier ». Et franchement, il pose la bonne question : « Comment une économie peut survivre de ça ? C’est vraiment terrible », se désole-t-il.
Le timing est catastrophique pour Cuba. Pourquoi ? Parce que le 3 janvier dernier, le président vénézuélien Nicolas Maduro a été capturé. C’est un coup dur immense car, avec le Mexique, le Venezuela était l’un des principaux fournisseurs de pétrole de ce petit état des Caraïbes. Sans eux, c’est la panne sèche.
On pourrait penser aux vieux alliés, non ? Depuis le blocus de 1962, Cuba s’était tournée vers la Russie, la Chine, l’Iran… Mais Gilles Baril, notre expert de l’Amérique latine, est assez pessimiste sur ce coup-là. « Je ne suis pas certain qu’ils vont être là aujourd’hui », s’avance-t-il. Selon lui, ces pays n’ont plus vraiment d’intérêt stratégique ou économique à faire des affaires avec Cuba en ce moment. L’île se retrouve donc plus seule que jamais.
L’impact direct : pénuries alimentaires et tourisme en berne

Au-delà de la grande politique, il y a les gens. La réalité du terrain. Pour le peuple cubain, la situation s’annonce extrêmement difficile. Comme le résume très bien M. Baril, « la question première c’est de manger ». Il y a déjà des problèmes de denrées alimentaires très importants là-bas. C’est le quotidien qui trinque.
Et puis, il y a nous, les Québécois. On le sait, l’île est très prisée par chez nous, on adore y aller. Sauf que l’économie cubaine dépend du tourisme, et là, ça commence à coincer. Tina Beaulieu, qui tient l’agence de voyages N.T Air, sent déjà le vent tourner. Elle remarque un essoufflement des réservations. C’est palpable.
Elle a fait ses comptes : elle a 25 clients qui doivent partir pour Cuba dans les deux prochaines semaines. Eh bien, deux ont déjà changé leur destination. Ça peut paraître peu, mais c’est un signal. Le pire, c’est pour les nouveaux clients. « Les nouveaux qui réservent veulent éviter Cuba », signale-t-elle. Son constat est sans appel et formulé avec une franchise qu’on apprécie : « Les Cubains en arrachent en tabarouette. Ils vivent avec le tourisme, mais s’il y en a moins, ils vont souffrir ». C’est ça la triste réalité derrière les tweets et les déclarations chocs.
Conclusion : Un avenir incertain

On se retrouve donc face à un bras de fer qui dépasse largement les frontières de la diplomatie habituelle. Entre un Donald Trump déterminé à serrer la vis jusqu’à la rupture et un régime cubain qui joue la carte de la résistance héroïque, c’est la population qui se retrouve prise en étau. Les semaines à venir seront décisives, tant pour la stabilité politique de la région que pour les vacances de nombreux Québécois qui regardent désormais cette destination avec inquiétude.
Selon la source : journaldemontreal.com
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