Une attaque frontale contre l’arrogance péquiste

C’est dans une ambiance survoltée, typique des grands rassemblements politiques, qu’Éric Duhaime a lancé les hostilités ce week-end. Réuni avec ses troupes à Lac-Delage, en banlieue de Québec, le chef conservateur n’y est pas allé de main morte, c’est le moins qu’on puisse dire. Il semble préparer le terrain pour une confrontation directe, ciblant particulièrement ce qu’il qualifie d’« arrogance » chez Paul St-Pierre Plamondon. Selon lui, le chef du Parti Québécois (PQ) manque cruellement d’humilité en se présentant déjà comme le « gouvernement en attente ».
Pour illustrer son propos, Duhaime a utilisé une image sportive assez parlante, teintée d’un sarcasme évident : « Vous ne trouvez pas que c’est un peu arrogant ? […] M. St-Pierre Plamondon, c’est le gars qui organise le défilé de la rue Sainte-Catherine et qui n’a même pas le club pour faire les séries. » Une pique qui a sans doute fait sourire ses partisans. Il reproche aussi à son adversaire de préférer évoquer sa propre version de la bataille des plaines d’Abraham plutôt que de se concentrer sur le coût de la vie qui, soyons honnêtes, appauvrit les Québécois au quotidien.
Mais le chef péquiste n’était pas la seule cible. Duhaime a aussi ridiculisé le virage à droite soudain de certains caquistes. Il vise directement Bernard Drainville et Christine Fréchette, candidats à la succession de François Legault, qui se découvrent, selon ses dires, une nouvelle passion pour le centre droit après avoir pourtant haussé les dépenses de l’État et embauché massivement des fonctionnaires pendant sept ans. Pour le chef du PCQ, c’est une question de crédibilité.
En route vers Chicoutimi : sondages, candidats et stratégie

On sent bien que la machine électorale se met en branle, surtout à huit mois des élections générales et à l’approche du test crucial de l’élection partielle dans Chicoutimi. Éric Duhaime se dit prêt. Il faut dire que les chiffres commencent à parler. Un sondage Pallas, commandé par le parti lui-même et sa candidate Catherine Morissette, place le PCQ en deuxième position avec 23 % des intentions de vote.
Certes, le Parti Québécois domine encore largement avec 43 %, l’écart reste grand, mais si l’on regarde d’où ils partent — ils avaient récolté un maigre 8,4 % en 2022 — c’est ce qu’on appelle une remontée significative. Duhaime positionne donc son parti comme le visage de la « troisième voie », affirmant haut et fort que l’autonomisme ne va pas « mourir » avec la Coalition avenir Québec.
Pour appuyer cette dynamique, le parti a dévoilé une dizaine de candidats. On note la présence d’Éloïse Coulombe, une étudiante en droit qui briguera les suffrages dans Charlesbourg, et de Chantal Dauphinais dans Huntington. Plus stratégique encore, Duhaime a désigné son potentiel ministre de la Santé : Karim Elayoubi. Le chef songe d’ailleurs très sérieusement à lui trouver une circonscription « gagnable », où il aurait de réelles chances d’être élu. « Personne au Québec peut dire aujourd’hui que le PCQ n’a pas d’idées. On en a une quantité industrielle », s’est-il réjoui, ajoutant que ses adversaires tentent même de les lui voler.
Un programme économique audacieux : Crypto, État minceur et Logement
Lors de ce congrès, qualifié de « plus important » de l’histoire de la formation, près de 70 propositions politiques ont été adoptées. Le ton était donné par le chef dimanche : « Êtes-vous tannés de trop payer pour en recevoir de moins en moins ? Le Québec au grand complet est écœuré. » Le programme se veut donc radicalement différent. Parmi les idées les plus surprenantes — ou avant-gardistes, selon le point de vue —, on trouve la création d’un droit fondamental de posséder des bitcoins.
Mais ce n’est pas tout. Le parti mise gros sur la réduction de la taille de l’État. Au menu : élimination du marché du carbone, fin de l’organisme Consignaction, et surtout, une diminution des droits de mutation immobilière, la fameuse « taxe de bienvenue » qui fait grincer des dents tant de nouveaux propriétaires.
En parlant d’immobilier, la vision de Duhaime est claire : il veut construire des maisons. Il insiste lourdement sur ce mot. Pour lui, le rêve québécois, ce n’est « pas dans un trois et demie en haut du REM » qu’on élève une famille. Reste à voir, concrètement, comment il compte s’y prendre pour réaliser cela dans le contexte actuel de flambée des prix, mais l’intention de défendre l’accès à la propriété privée est là.
Société et Ordre : Natalité, Famille et Justice
Le volet social du programme risque de faire jaser dans les chaumières. Éric Duhaime a abordé un sujet sensible : la natalité. Il proposera un plan « famille », craignant que si les femmes ne font pas plus d’enfants, la nation québécoise ne finisse par se « ratatiner ». L’idée d’une allocation pour les parents choisissant de rester à la maison a été évoquée, bien que la décision finale ne soit pas encore arrêtée.
Sur le plan légal, les membres ont tranché sur une question délicate : ils ont voté (64 pour, 55 contre) pour « abroger » la réforme du droit de la famille et la création d’un patrimoine d’union parentale pour les conjoints de fait. L’argument ? Ce n’est pas au gouvernement de « s’ingérer dans un couple » ni à l’État de définir ce qu’est la famille. C’est une position libertarienne classique, disons.
Enfin, le volet « loi et ordre » porte la marque de l’ex-sénateur Pierre-Hugues Boisvenu. Les résolutions adoptées sont fermes : augmenter le nombre de prisons pour réduire la surpopulation carcérale, rendre les programmes de réhabilitation obligatoires, et soutenir les policiers pour coincer les « criminels à cravate ». Le parti souhaite aussi encourager les juges à être beaucoup plus sévères, notamment dans les dossiers de violence conjugale et de maltraitance d’enfant.
Selon la source : lapresse.ca
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