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Des scientifiques viennent de découvrir un supervolcan entièrement caché au cœur de l’Europe
Crédit: lanature.ca (image IA)

Sous la douceur de la Toscane, un géant sommeille

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Nul besoin d’annuler vos projets de vacances pour l’instant : une éruption ne semble pas imminente. Pourtant, sous l’un des paysages les plus idylliques d’Europe se cache une force de la nature insoupçonnée. Les supervolcans ne prennent pas toujours la forme de montagnes imposantes crachant fumée et lave. Certains, à l’image de Yellowstone, affichent une tranquillité trompeuse, ne se manifestant que par quelques geysers épars. D’autres ont connu leur dernier soubresaut il y a des centaines de milliers d’années et sont depuis en sommeil.

Puis, il y a ceux qui dissimulent d’invisibles mais gigantesques poches de magma en fusion juste sous les pieds de touristes qui ne se doutent de rien. C’est précisément le cas en Toscane, cette région pittoresque du centre de l’Italie. Avec ses vignobles étendus et ses paysages qui ont servi de décor à des films comme « Sous le soleil de Toscane », l’endroit ressemble plus à une destination de rêve qu’à un terrain volcanique dévasté.

Pourtant, sous cette scène digne d’Instagram se trouve un véritable océan de magma souterrain. S’étendant sur 6 000 kilomètres cubes (soit 3 728 miles cubes) et enfoui entre 8 et 15 kilomètres de profondeur (5 à 9 miles), il rivalise avec la nappe magmatique située sous le parc de Yellowstone. Mais pas d’inquiétude, vous pouvez finir votre cappuccino en paix, une éruption est jugée très peu probable à court terme.

La découverte d’un monstre parfaitement dissimulé

credit : lanature.ca (image IA)

Ce qui est désormais connu sous le nom de système géothermique de Larderello a été mis au jour par une collaboration de chercheurs. L’équipe réunissait des scientifiques de l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie d’Italie (INGV), de l’Institut de Géosciences et des Géoressources (CNR-IGG) et de l’Université de Genève (UNIGE) en Suisse. Si ce supervolcan a pu rester caché si longtemps, c’est en raison de l’absence totale de preuves en surface.

Habituellement, les volcans laissent derrière eux des indices évidents : des cratères, des déformations du sol, des coulées de lave refroidies et durcies depuis longtemps, ou encore des émissions de gaz. Mais en Toscane, rien de tout cela. Même l’imagerie sismique et les recherches approfondies de signaux gravimétriques ou électromagnétiques n’avaient, jusqu’à présent, rien donné.

Dans une étude récemment publiée dans Communications Earth & Environment, les chercheurs expliquent cette difficulté : « Malheureusement, les études d’imagerie sismique passive antérieures dans le sud de la Toscane ont soit couvert de vastes zones avec des réseaux sismiques épars, soit se sont concentrées sur de petites régions avec des déploiements sismiques denses. Il en a résulté une imagerie incomplète du système géothermique, en particulier de ses régions d’alimentation plus profondes ».

La technologie qui a révélé le secret de la Terre

credit : lanature.ca (image IA)

Déterminés à savoir si un dragon endormi se cachait réellement dans les profondeurs de la croûte terrestre toscane, les scientifiques ont surveillé la région sud avec un réseau de sismomètres à large bande intégré à celui de l’INGV. Cette installation leur a permis de reconstituer la vitesse des ondes sismiques dans la croûte moyenne à supérieure de la zone. L’équipe de recherche s’est ensuite tournée vers une méthode de haute précision : la tomographie par bruit ambiant (ANT).

Cette technique permet d’analyser et de visualiser les vibrations du sol avec une grande finesse. Des capteurs à haute résolution en surface détectent et enregistrent les ondes sismiques qui se propagent dans le sol. Or, des vitesses d’ondes anormalement basses peuvent indiquer la présence de magma, car ces ondes ralentissent lorsqu’elles traversent un matériau visqueux.

De la simple suspicion à la preuve formelle

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Depuis un certain temps déjà, les scientifiques soupçonnaient la présence d’une grande quantité de magma cachée dans la croûte moyenne de la Toscane. Ce que l’on comprend aujourd’hui comme étant une région de roche liquide était auparavant interprété comme une possible frontière tectonique ou une déformation souterraine. Normalement, la vitesse des ondes sismiques augmente à mesure qu’elles s’enfoncent, mais elle peut être ralentie par le magma et d’autres fluides hydrothermaux.

La tomographie par bruit ambiant a finalement révélé que cette transition de vitesses, passant de rapides à lentes, était bien causée par la présence de magma dans la croûte moyenne. Grâce à leurs découvertes, les chercheurs ont également pu créer une image 3D du système. Celle-ci illustre son étendue et les zones où se trouvent les plus fortes concentrations de magma. Cette avancée représente une opportunité majeure pour mieux comprendre l’évolution des supervolcans.

Un potentiel dormant, entre menace et ressource d’avenir

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Bien que le volume de magma et le flux de chaleur du système géothermique de Larderello soient estimés proches de ceux d’autres supervolcans, comme Yellowstone, Taupō et Long Valley, qui montrent tous des signes d’anciennes super-éruptions, il n’y a aucune raison d’annuler ses projets de voyage. On pense que le magma toscan est trop épais pour jaillir à la surface de sitôt. Cette viscosité pourrait également empêcher la roche en fusion plus profonde et plus fluide de remonter davantage.

À l’avenir, cette région pourrait même devenir une source précieuse de lithium et d’éléments de terres rares, utilisés dans la fabrication de batteries et d’autres applications technologiques. Le potentiel économique pourrait donc côtoyer le risque géologique. Les chercheurs concluent : « De tels volumes [de magma] sont comparables à ceux des réservoirs de la croûte moyenne sous des supervolcans reconnus. La découverte de grands volumes de magma est essentielle pour expliquer l’évolution à long terme des systèmes magmatiques matures et pour comprendre le comportement des grandes provinces magmatiques ».

Selon la source : popularmechanics.com

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