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Une veuve canadienne perd 130 000 $ à cause d’un commentaire Facebook : son avertissement
Crédit: Lynn MacLeod screenshot CBC

Un contact anodin, des conséquences dévastatrices

lanature.ca (image IA)

Tout a commencé par une interaction qui semblait parfaitement innocente sur Facebook. Lynn MacLeod, une résidente de Kentville en Nouvelle-Écosse âgée de 74 ans, a laissé un commentaire sur une publication concernant le pont de la Confédération. Elle y exprimait la fierté de son défunt mari, un ingénieur de l’Île-du-Prince-Édouard qui avait participé à la construction de ce pont, le plus long du Canada, reliant l’île au Nouveau-Brunswick.

C’est ce commentaire qui a attiré l’attention d’un homme. Il s’est montré intéressé, affirmant être lui-même ingénieur et désireux d’en savoir plus sur la construction de l’ouvrage. Cet intérêt partagé a ouvert la porte à une demande d’ami sur Facebook, puis à des conversations de plus en plus fréquentes. Pour Lynn MacLeod, cette nouvelle compagnie était la bienvenue.

La mécanique de l’arnaque : confiance et fausse opportunité

lanature.ca (image IA)

Au fil des discussions, qui se tenaient plusieurs fois par semaine, l’homme a su tisser un lien de confiance. Lynn MacLeod décrira plus tard leur relation comme celle de « deux très bons amis ». C’est alors que le piège s’est refermé. L’homme a mentionné travailler pour une compagnie pétrolière bien connue. Il a suggéré à Lynn, désormais seule, qu’elle pourrait améliorer sa situation financière en investissant dans cette entreprise.

Convaincue, elle a commencé à envoyer de l’argent. Sur plusieurs mois l’année dernière, elle a transféré plus de 130 000 dollars par virements électroniques vers ce qu’elle croyait être une adresse e-mail légitime. La terrible vérité n’a éclaté qu’à Noël, lorsque sa famille l’a confrontée, lui révélant qu’elle était victime d’une escroquerie. « J’étais choquée, vraiment choquée, parce que je pensais que j’étais plus intelligente que ça », a-t-elle confié à CBC News.

La chute : la ruine financière et le poids de la culpabilité

Lynn MacLeod screenshot CBC

Lynn MacLeod fait partie des dizaines de milliers de Canadiens, dont de nombreux aînés, victimes d’arnaques chaque année. Son compte en banque est aujourd’hui vide. C’est son église qui paie son loyer, et sa famille l’aide à couvrir ses dépenses de base. Bien qu’elle sache avoir été ciblée par des criminels expérimentés, elle s’en veut terriblement d’avoir perdu les économies de toute une vie.

Le choc a été si violent qu’il a anéanti sa volonté de vivre. « Je ne voulais pas vivre. Je m’en fichais, vous savez, j’ai élevé mes enfants. Ils n’avaient pas besoin de moi. C’était mon état d’esprit. Je veux dire, je n’étais pas suicidaire, mais j’étais morte. J’étais juste anéantie », a-t-elle expliqué. Ce type d’arnaque sentimentale, où un fraudeur gagne la confiance et l’affection de sa victime, cause des ravages. Selon Jeff Horncastle, porte-parole du Centre antifraude du Canada, « les médias sociaux ont considérablement augmenté ce volume. Nous avons vu, par exemple, qu’en 2025, 63 millions de dollars ont été perdus uniquement à cause des fraudes amoureuses ».

La responsabilité de la banque mise en cause

lanature.ca (image IA)

Dans cette épreuve, Lynn MacLeod estime que son institution financière, la Banque Royale du Canada (RBC), aurait pu et dû en faire plus pour la protéger. Elle se souvient d’une expérience avec une autre banque par le passé. L’établissement l’avait contactée pour signaler un virement électronique qu’elle avait envoyé à une nouvelle adresse e-mail non reconnue. Elle ne comprend pas pourquoi sa banque actuelle n’a pas réagi en voyant des dizaines de milliers de dollars sortir de son compte.

Ce n’est qu’après qu’elle ait signalé la fraude à la banque et à la police que la RBC lui a confirmé que son argent avait été envoyé à des escrocs. Selon ses dires, la banque lui a remboursé environ un tiers de ce qu’elle avait perdu, mais elle estime qu’elle devrait récupérer la totalité de la somme. « La banque est censée protéger nos affaires », affirme-t-elle.

La Banque Royale du Canada a refusé une demande d’interview, mais un porte-parole a rappelé aux clients de ne jamais envoyer d’argent à quelqu’un qu’ils n’ont pas rencontré en personne.

Parler pour protéger : l’éducation comme rempart

Malgré l’immense embarras qu’elle ressent d’avoir perdu toutes ses économies, Lynn MacLeod a décidé de parler. Elle espère que son témoignage pourra empêcher d’autres personnes de tomber dans le même piège. Si son histoire sauve ne serait-ce qu’une seule personne, alors son effort en aura valu la peine. Sa survie, dit-elle, elle la doit à sa famille, à ses amis et à sa foi.

Cette démarche fait écho aux propos de Janette Hughes, titulaire d’une Chaire de recherche du Canada en technologie et pédagogie, qui travaille à l’éducation des aînés sur la sécurité en ligne. Pour elle, l’éducation est essentielle pour les protéger des arnaques. « Les personnes âgées sont le groupe le plus ciblé, en partie parce qu’elles ont des économies et aussi parce que, et je ne veux pas généraliser, elles ne sont pas toujours aussi douées pour la technologie », explique-t-elle.

Selon la source : cbc.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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