Retraite au Québec : ces chiffres qui révèlent la grande fracture financière des aînés
Auteur: Adam David
Une retraite à deux vitesses qui inquiète les Québécois

Au Québec, l’arrivée à la retraite ne signifie pas la même chose pour tout le monde. Une fracture nette sépare ceux qui bénéficient de régimes de retraite garantis et stables d’une majorité contrainte de composer avec des revenus publics modestes ou les fluctuations des marchés boursiers. Cette incertitude pèse lourdement sur les esprits.
Un sondage mené par Le Journal/Leger met en lumière cette anxiété grandissante. Il révèle que plus de la moitié des Québécois âgés de 50 ans et plus expriment une crainte réelle : celle de manquer d’argent une fois leur vie active terminée. Une peur qui, pour beaucoup, se transforme en une dure réalité.
Moins de 25 000 $ : un tiers des aînés en situation de précarité

Les chiffres officiels de 2023 dressent un portrait financier alarmant pour une part considérable des aînés québécois. Sur un total de 1 824 580 personnes de 65 ans et plus percevant la pension de sécurité de la vieillesse, une proportion de 32,5 % déclarait un revenu total annuel inférieur à 25 000 $.
Avec des ressources aussi limitées, le quotidien s’apparente à un exercice d’équilibriste. Une fois les dépenses essentielles comme le logement et l’épicerie couvertes, la marge de manœuvre est quasi inexistante. Boucler les fins de mois demande des trésors d’ingéniosité pour éviter de basculer dans une plus grande précarité.
Sous les 35 000 $ : la réalité de plus d’un retraité sur deux

La précarité ne se limite pas à la tranche de revenus la plus basse. Une autre portion importante des aînés dispose de moyens très modestes. En effet, 20,5 % des retraités se situaient dans la fourchette de revenu total comprise entre 25 000 $ et 35 000 $.
En additionnant ces deux catégories, le constat est sans appel : plus de la moitié des Québécois de 65 ans et plus, soit 53 % d’entre eux, doivent organiser leur vie avec un revenu brut annuel inférieur à 35 000 $. Une situation qui laisse peu de place aux imprévus et aux loisirs.
Entre 35 000 et 50 000 $ : une survie un peu moins périlleuse

Une légère amélioration de la situation financière est observée pour la tranche de revenus suivante. La statistique dénombre 18,2 % des aînés disposant d’un revenu total annuel s’échelonnant de 35 000 $ à 50 000 $.
Bien que ce niveau de revenu ne garantisse pas une grande aisance, il offre une marge de manœuvre supérieure. La survie financière s’annonce moins périlleuse, permettant de faire face aux dépenses courantes avec un peu plus de sérénité que les catégories précédentes.
Passer le cap des 50 000 $ : vers un confort accru

La situation devient notablement plus confortable pour une minorité de retraités. Le groupe des aînés gagnant entre 50 000 $ et 60 000 $ par an représente 9,5 % de l’ensemble des 65 ans et plus.
Ce seuil de revenu marque une étape importante, permettant non seulement de subvenir à ses besoins sans angoisse, mais aussi d’envisager des projets personnels, des loisirs ou de se constituer une épargne de précaution plus conséquente.
La catégorie aisée : les revenus de 60 000 $ à 100 000 $

Une fraction plus restreinte de la population retraitée accède à ce que l’on peut qualifier de catégorie aisée. Ce groupe se divise en deux segments distincts, selon les données de l’année 2023.
Le premier segment concerne 9,7 % des aînés, qui ont clôturé l’année avec un revenu brut situé entre 60 000 $ et 80 000 $. Le second segment, encore plus restreint, est composé des 4,6 % d’aînés ayant déclaré un revenu annuel allant de 80 000 $ à 100 000 $.
Au-delà de 100 000 $ : qui sont les retraités qualifiés de « riches » ?

Au Québec, le seuil symbolique des 100 000 $ de revenu brut annuel est souvent celui à partir duquel une personne est qualifiée de « riche ». Cette perception s’applique également à la population des aînés, mais elle ne concerne qu’une très petite élite.
Selon les statistiques, à peine 5,5 % des retraités québécois franchissent cette barre. En chiffres absolus, cela représente un groupe de 91 700 aînés bénéficiant d’un niveau de vie nettement supérieur à la moyenne de leur génération.
D’où vient l’argent ? Le portrait fiscal moyen d’un aîné

Pour comprendre la composition des finances des retraités, les statistiques fiscales des particuliers pour 2023, colligées par le ministère des Finances du Québec, sont éclairantes. Elles révèlent que le revenu moyen d’une personne de 65 ans et plus s’élevait à 50 202 $.
Ce revenu moyen est un amalgame de plusieurs sources, réparties comme suit :
- Prestations et rentes de retraite : 31 380 $ (62,5 %)
- Emploi : 5869 $ (11,7 %)
- Autres revenus de placement : 5347 $ (10,65 %)
- Prestations sociales : 2722 $ (5,4 %)
- Gains en capital imposables : 2149 $ (4,3 %)
- Autres sources : 1576 $ (3,1 %)
- Entreprise et profession : 977 $ (1,95 %)
- Assurance emploi : 182 $ (0,4 %)
Pensions, placements et travail : le cocktail des revenus à la retraite

L’analyse de la structure des revenus confirme sans surprise la place prépondérante des prestations et rentes de retraite. Celles-ci, incluant la pension de la sécurité de la vieillesse, les rentes du Régime de rentes du Québec (RRQ), les prestations de régimes privés ou les rentes tirées d’un FERR, constituent la part la plus importante du revenu total, avec 62,5 %.
Les revenus issus des placements arrivent loin derrière, mais forment tout de même le deuxième pilier financier pour les aînés. Les intérêts, dividendes et gains en capital représentent près de 15 % de l’ensemble de leurs revenus. Enfin, le travail d’appoint n’est pas négligeable : il procure près de 12 % du revenu total, témoignant du fait que de nombreux aînés continuent une activité professionnelle pour compléter leurs pensions.
Selon la source : journaldemontreal.com