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Des scientifiques viennent de découvrir l’origine réelle de la Terre
Crédit: lanature.ca (image IA)

Les prémices de notre monde et le processus d’accrétion

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La Terre est un amalgame rocheux dont la formation a longtemps suscité de vifs débats. Selon les données scientifiques, la naissance de notre jeune planète a suivi l’une des deux voies principales envisagées par les chercheurs. La première hypothèse suggère que des débris provenant du système solaire interne ont façonné notre monde il y a des milliards d’années, conjointement avec d’autres mondes telluriques tels que Mars et Vénus. La seconde théorie propose que la matière constituant la Terre a été apportée par le survol de comètes et d’astéroïdes venus des confins de notre voisinage cosmique.

La formation des planètes s’opère principalement par un phénomène appelé l’accrétion. Il est estimé que la Terre a mis environ 30 à 40 millions d’années pour s’accréter. Durant cette période, elle a lentement collecté des planétésimaux et divers débris spatiaux qui s’entrechoquaient continuellement. Une fois ce chaos primordial terminé, tout ce qui restait de cette matière a fini par former les astéroïdes et les météorites que nous connaissons aujourd’hui.

Une enquête géochimique basée sur les anomalies isotopiques

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Afin d’éclaircir ce pan de notre histoire, les planétologues Paolo Sossi et Dan Bower, chercheurs à l’ETH Zurich, ont voulu savoir si les roches bâtisseuses de la Terre provenaient du système solaire interne ou s’il y avait eu une interférence issue du système solaire externe. Pour élucider cette question, ils se sont tournés vers l’étude des anomalies isotopiques nucléosynthétiques. En raison de la répartition variée des composants de poussière d’étoiles dispersés dans le nuage qui a donné naissance à notre planète, ces anomalies se manifestent dans les météorites et les planètes qui portent ces signatures chimiques spécifiques.

Les deux scientifiques ont ainsi analysé les variations de ces anomalies présentes dans des roches météoriques, planétaires et autres corps spatiaux. Leurs échantillons comprenaient notamment des fragments provenant de l’astéroïde Vesta ainsi que des météorites qui se sont détachées de Mars à ses débuts. Leurs conclusions ont été publiées dans la prestigieuse revue Nature Astronomy.

L’équipe a expliqué sa démarche dans cette même étude : « L’identification de deux populations distinctes de météorites à partir de leurs compositions isotopiques indépendantes de la masse, la ‘dichotomie isotopique’, a précipité une révolution dans notre compréhension de la provenance des matériaux planétaires et, à son tour, de l’évolution spatio-temporelle du système solaire primitif ».

La dichotomie des météorites : l’indice caché des chondrites

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Les météorites se présentent sous deux catégories principales : les carbonées, dotées d’une forte teneur en carbone, ou les non carbonées, qui en contiennent très peu. Leur classification s’effectue par le biais de l’analyse isotopique. Les chondrites carbonées proviennent habituellement du système solaire externe. Elles sont riches en eau et sont parsemées de chondrules, qui sont des fragments incrustés composés d’autres roches carbonées telles que le diamant et le graphite.

À l’inverse, les météorites non carbonées tirent généralement leur origine du système solaire interne. De multiples processus nucléosynthétiques, responsables de la création des noyaux atomiques à partir de protons et de neutrons, ont engendré des différences minuscules entre les espèces de météorites carbonées et non carbonées. Cette classification minutieuse offre un accès direct à l’histoire enfouie de notre système planétaire.

Jupiter, la géante gazeuse agissant comme un bouclier

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Lors de sa formation, le système solaire s’est scindé en deux régions de matériaux distinctes. La planète Jupiter a probablement joué un rôle déterminant dans cette répartition conflictuelle du contenu météoritique. Au moment où Jupiter a vu le jour, d’immenses quantités de gaz et de poussière, en grande partie des restes de la formation du Soleil, ont été attirées par la gravité pour créer cet orbe tourbillonnant. N’ayant pas atteint la masse nécessaire pour devenir une étoile, Jupiter est demeurée une géante gazeuse.

Cependant, sa gravité était si extrême qu’elle a déchiré le nuage moléculaire qui incubait son étoile et les planètes environnantes. La masse imposante de Jupiter a bloqué les matériaux provenant des régions externes du système solaire, les empêchant d’atteindre les régions internes. Cela a créé une ligne de démarcation majeure influençant la composition des objets situés de part et d’autre. S’il y a eu des interrogations quant à la quantité de matériel protoplanétaire ayant pu se faufiler au-delà de Jupiter, Dan Bower et Paolo Sossi ont découvert que quasiment rien n’a terminé sa course sur notre planète.

Cette absence de matériaux en provenance d’au-delà de Jupiter ne peut impliquer qu’une seule conclusion. La majeure partie de la Terre a été fabriquée à partir de matériaux trouvant leur origine dans le système solaire interne, prenant la forme d’une planète il y a 4,6 milliards d’années. Bien que les matériaux eux-mêmes soient hétérogènes, la Terre dans son ensemble est relativement homogène, au sens où presque toute la poussière et la roche qui l’ont créée proviennent d’un seul et même endroit.

Le mystère persistant de l’eau et de la vie basée sur le carbone

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Une énigme subsiste face à ces découvertes. S’il n’y avait pratiquement pas de carbone incorporé dans la planète au départ, qu’est-ce qui a donné naissance aux formes de vie basées sur le carbone ? Les scientifiques pensent que la majeure partie de l’eau de la Terre a été apportée par des impacteurs venus du système solaire externe dans les dernières étapes de sa formation, ou légèrement après que celle-ci se soit formée. Il est donc possible qu’une grande part du carbone soit arrivée avec ces mêmes éléments extraterrestres.

Les deux chercheurs suisses ont déclaré de manière définitive : « Notre analyse montre que tous les éléments, indépendamment de leur caractère géochimique ou de leur origine nucléosynthétique, enregistrent la même [origine] isotopique ».

Cette homogénéité remet en perspective la genèse de notre monde. Les auteurs concluent avec une affirmation sans équivoque : « La composition de la [Terre] est par conséquent définie comme homogène en ce qui concerne les anomalies isotopiques ». Une preuve supplémentaire que notre planète porte en elle une histoire à la fois unique et profondément cohérente.

Selon la source : popularmechanics.com

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