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Fonctionnaires au Québec : pourquoi ils sont considérés comme les ‘gagnants à vie’
Crédit: lanature.ca (image IA)

Le gros lot de la sécurité d’emploi

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En se penchant sur un dossier consacré à la retraite publié par Le Journal, une conclusion semble s’imposer : les fonctionnaires bénéficieraient d’une situation particulièrement avantageuse. Pour illustrer ce propos, une expression familière française est évoquée, celle d’avoir « le cul bordé de nouilles ». Cette image suggère une chance exceptionnelle, comme si, dans la grande loterie qu’est la préparation de la retraite, ce groupe de travailleurs avait tiré le billet gagnant.

Cette perception ne sort pas de nulle part. Elle se fonde sur un ensemble d’avantages qui, dans le contexte économique actuel, prennent une valeur considérable. La discussion dépasse la simple comparaison des fiches de paie pour s’intéresser à des notions plus fondamentales : la stabilité professionnelle et la tranquillité d’esprit face à l’avenir.

Un avantage qui vaut de l’or

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Il est vrai, et documenté, que pour certains postes équivalents, la rémunération dans la fonction publique peut être inférieure à celle du secteur privé. Ce n’est pas, comme il est parfois avancé, un argument inventé par les syndicats pour susciter la sympathie. Cependant, au-delà du salaire mensuel, d’autres facteurs entrent en jeu, des facteurs difficilement quantifiables mais essentiels.

Le premier est la quasi-certitude de ne jamais perdre son emploi. Le second est la perspective d’un revenu de retraite fixe et prévisible, immunisé contre les soubresauts des marchés financiers. Cette double garantie est décrite comme quelque chose qui « vaut de l’or ». Pour la majorité des salariés du secteur privé, souvent confrontés à l’incertitude et assis sur ce qui est comparé à un « siège éjectable », une telle sérénité relève de la « science-fiction ».

La menace d’un exode : mythe ou réalité ?

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Le débat sur les conditions de travail dans le secteur public est régulièrement alimenté par les déclarations des organisations syndicales. Récemment, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec a mis en avant une menace potentielle liée au retour au bureau : « Si vous nous obligez à travailler trois jours semaine au bureau, il y aura un exode des fonctionnaires vers le secteur privé ».

Cette affirmation est toutefois remise en question. L’idée que des employés quitteraient un emploi garanti à vie et un régime de retraite solide pour rejoindre une entreprise privée, qui pourrait fermer ses portes en quelques mois, semble peu probable. La tendance observée serait même inverse : un mouvement du secteur privé vers le public, attiré par la sécurité.

Une nuance importante est apportée à ce tableau. Cette analyse ne concernerait pas les enseignants et les médecins, dont les conditions de travail dans le secteur public se sont détériorées. Elle viserait plutôt la grande majorité des fonctionnaires travaillant devant un ordinateur ou derrière un comptoir.

Le poids du secteur public au Québec

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Les chiffres viennent appuyer ce constat d’attractivité. Au Québec, près d’un citoyen sur quatre travaille dans le secteur public ou parapublic. Ce taux est le plus élevé de toutes les provinces canadiennes et l’un des plus importants parmi les pays de l’OCDE. Pourquoi une telle concentration ?

Deux raisons principales sont avancées. D’une part, le secteur public est le principal créateur d’emplois au Québec, un fait qui soulèverait des questions sur la vigueur de l’économie privée de la province. D’autre part, et c’est le point central, un emploi gouvernemental offre une tranquillité d’esprit inégalée, permettant de « dormir sur tes trois oreilles ». La promesse est double : la conservation de son poste et la garantie de vieux jours sereins.

Cette sécurité se traduit par une qualité de vie enviable, illustrée par l’image de pouvoir faire de la marche rapide sur les Plaines d’Abraham ou de siroter un café sur la rue Cartier sans se soucier du lendemain. C’est cette combinaison d’avantages qui mène à la qualification de « gagnant à vie ».

La cigale et l’avenir du Québec

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Le principal écueil de la retraite est qu’elle doit se préparer très en amont. Plus on commence jeune à mettre de l’argent de côté, plus les vieux jours seront confortables. Or, la jeunesse est souvent vécue dans l’instant présent. Il est difficile de se projeter à 40 ans, et encore plus à 65. À l’image de la cigale de la fable de La Fontaine, beaucoup chantent sans penser à l’hiver qui approche.

Et cet hiver, symbolisé par la retraite et la vieillesse, arriverait bien plus vite qu’on ne l’imagine. Ceux qui n’ont pas anticipé risquent de se retrouver démunis, « les fesses sur la glace ». Ce défi individuel se double d’un enjeu collectif majeur pour le Québec.

La province fait face à deux phénomènes préoccupants : un vieillissement de sa population qui s’accélère à « vitesse grand V » et le fait que la plupart de ses habitants vivent « à la petite semaine », sans épargne conséquente. Cette situation combinée laisse entrevoir un avenir incertain et fait naître des inquiétudes sur le visage que pourrait avoir le Québec dans une décennie.

Selon la source : journaldemontreal.com

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