L’El Niño 2026 pourrait apparaître dès mai, selon l’OMM, et s’annoncer exceptionnellement intense
Auteur: Mathieu Gagnon
Des signes avant-coureurs qui se multiplient

Le retour d’El Niño cette année est presque certain et pourrait se manifester dans les toutes prochaines semaines. Cette perspective n’est pas inattendue pour la communauté météorologique, qui observe l’évolution de la situation océanique depuis plusieurs mois avec attention.
La dernière mise à jour de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), publiée le 21 avril, indique que les températures de surface de la mer dans l’est de l’océan Pacifique augmentent rapidement. Ces données pointent vers un retour probable des conditions d’El Niño dès la période allant de mai à juillet 2026.
D’autres organisations météorologiques majeures partagent ce constat. Au cours des derniers mois, le Climate Prediction Center de la NOAA et le Service Copernicus concernant le changement climatique de l’Union européenne ont suggéré que le retour de ce phénomène en 2026 devenait de plus en plus probable.
Les prévisions détaillées de l’Organisation Météorologique Mondiale

L’OMM hésite à employer le terme de « super El Niño » car il ne correspond pas à une définition strictement scientifique, cependant tous les indicateurs suggèrent que cet événement sera particulièrement vigoureux. Leurs modèles de prévision indiquent qu’il s’agira d’un « événement fort », bien que l’institution précise qu’il est encore relativement tôt dans la saison et qu’une vision plus claire émergera à mesure que l’année avancera.
Wilfran Moufouma Okia, chef de la prévision climatique à l’OMM, a détaillé cette dynamique dans une déclaration officielle. « Après une période de conditions neutres au début de l’année, les modèles climatiques sont désormais fortement alignés, et il y a une grande confiance dans l’apparition d’El Niño, suivie d’une intensification supplémentaire dans les mois qui suivent, » a-t-il expliqué.
Le spécialiste a toutefois nuancé le niveau de certitude actuel concernant l’intensité exacte. « Les modèles indiquent qu’il pourrait s’agir d’un événement fort – mais ce que l’on appelle la barrière de prévisibilité printanière constitue un défi pour la certitude des prévisions à cette période de l’année. La confiance dans les prévisions s’améliore généralement après avril, » ajoute-t-il.
Comprendre les rouages du cycle climatique naturel

L’El Niño-Oscillation australe, connu sous l’acronyme ENSO, est un cycle climatique naturel provoqué par les fluctuations des températures océaniques et de la pression atmosphérique dans l’est de l’océan Pacifique tropical.
Ces conditions spécifiques créent un effet d’entraînement qui se fait ressentir à travers toute la planète. Leurs conséquences influencent un grand nombre de phénomènes extrêmes, allant des précipitations aux sécheresses, en passant par les cyclones tropicaux et les vagues de chaleur.
La mécanique de ce cycle climatique oscille continuellement entre trois phases distinctes : El Niño qui représente la phase chaude, La Niña qui constitue son pendant plus froid, et un état médian qualifié de neutre.
Un calendrier qui s’accélère ces dernières années

Le monde vient tout juste de sortir d’un état La Niña pour entrer dans des conditions ENSO-neutres, qui se caractérisent par un retour à des températures de surface de la mer proches de la moyenne dans le Pacifique équatorial oriental.
Maintenant que les températures augmentent à nouveau dans cette zone géographique précise, il semble très probable que la planète bascule de nouveau vers des conditions El Niño dans les mois à venir.
Historiquement, le phénomène El Niño se produit en moyenne tous les deux à sept ans et s’étend sur une durée allant d’environ neuf à douze mois. Toutefois, les années récentes ont contourné cette tendance habituelle, l’événement El Niño le plus récent s’étant déroulé durant la saison 2023-2024.
Des conséquences géographiques mondiales anticipées

Si El Niño frappe effectivement en 2026, et au moment où il le fera, il entraînera de profonds changements dans les schémas climatiques et météorologiques à travers le monde. Selon l’OMM, la saison de mai à juillet 2026 provoquera probablement des températures de surface terrestre supérieures à la normale « presque partout ».
Les conséquences s’annoncent particulièrement rudes pour plusieurs régions spécifiques du globe. L’impact sera particulièrement intense dans le sud de l’Amérique du Nord, en Amérique centrale, dans les Caraïbes, ainsi qu’en Europe et en Afrique du Nord.
Les régimes de précipitations seront également modifiés de manière significative. Les prévisions indiquent que les pluies seront affectées à l’échelle mondiale, bien que le phénomène se traduira par de fortes variations régionales selon les territoires concernés.
Un impact majeur sur les relevés mondiaux de température

Cette augmentation générale des températures pourrait être un ingrédient critique pour faire de 2026 l’une des années les plus chaudes de l’histoire des relevés météorologiques. Le phénomène El Niño est structurellement capable d’augmenter les températures mondiales jusqu’à environ 0,2 degré Celsius.
Cette hausse mécanique des thermomètres accroît de facto les risques de chaleur record, de sécheresses prolongées, d’incendies de forêt dévastateurs et d’autres événements météorologiques extrêmes à travers la planète.
L’année précédente offre d’ailleurs un contexte de comparaison saisissant. Même avec l’influence refroidissante de La Niña, 2025 s’est classée parmi l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées. Sachant que l’effet de réchauffement d’El Niño sera probablement de retour, il y a fort à parier que l’année 2026 se classera comme une nouvelle année exceptionnellement chaude.
Selon la source : iflscience.com