Aller au contenu
Plusieurs morts sur un navire de croisière : l’OMS confirme un foyer d’hantavirus dans l’Atlantique
Crédit: lanature.ca (image IA)

Alerte en haute mer : un virus mortel détecté

credit : lanature.ca (image IA)

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a officiellement signalé un foyer épidémique d’hantavirus à bord d’un bateau de croisière qui effectuait une traversée de l’Atlantique Sud. L’alerte a été déclenchée après que plusieurs passagers et membres de l’équipage ont été testés positifs. Le bilan est déjà lourd : trois décès ont été enregistrés.

Selon les premières analyses, l’infection proviendrait d’un sous-groupe du virus connu pour provoquer des affections respiratoires. La propagation du pathogène fait l’objet d’une surveillance étroite. Bien que les cas de transmission de l’animal à l’homme, ou transmission zoonotique, soient rares, ils peuvent entraîner des symptômes d’une grande gravité.

Hantavirus : un ennemi à deux visages

credit : lanature.ca (image IA)

Pour comprendre la menace, il faut savoir qu’il existe deux grandes familles d’hantavirus. Le premier groupe, dit de l' »Ancien Monde », est principalement présent en Afrique, en Asie et en Europe. Ces virus sont responsables de fièvres hémorragiques accompagnées d’un syndrome rénal. Le second groupe, celui du « Nouveau Monde », a été identifié sur le continent américain. Il est à l’origine d’une pathologie différente : le syndrome pulmonaire à hantavirus.

La contamination se fait majoritairement par l’inhalation de particules virales en suspension dans l’air ou la poussière. Ces particules proviennent des excréments, de l’urine ou de la salive de rongeurs infectés. L’être humain peut aussi être infecté par contact direct avec des zones souillées ou, plus rarement, par la morsure d’un animal porteur du virus.

La piste du virus « Andes », une souche particulièrement virulente

credit : lanature.ca (image IA)

Si la transmission entre humains est rare, elle est documentée depuis plusieurs décennies pour un sous-groupe spécifique : le virus Andes. Détecté pour la première fois au Chili et en Argentine en 1995, il appartient à la famille des hantavirus du Nouveau Monde. Selon les autorités sanitaires argentines, plusieurs décès liés à cette souche ont d’ailleurs été rapportés dans le pays entre juillet 2025 et janvier 2026.

Plus inquiétant encore, le taux de mortalité semble en hausse. Le ministère argentin de la Santé rapporte que, sur la période allant de janvier 2025 à janvier 2026, 34 % des personnes infectées par le virus sont décédées. En comparaison, les moyennes nationales annuelles se situaient entre 10 et 32 % entre 2019 et 2024.

Cette situation alarme les spécialistes. Vaithi Arumugaswami, chercheuse en maladies infectieuses à l’Université de Californie à Los Angeles, a confié à la revue Nature qu’elle soupçonnait la même souche virale d’être responsable de l’infection des passagers du navire de croisière MV Hondius. Pour en avoir le cœur net, les autorités sanitaires devront prélever des échantillons sur les malades afin de séquencer le génome du virus et de confirmer s’il s’agit bien du virus Andes.

À bord du MV Hondius : chronologie d’une contamination

credit : lanature.ca (image IA)

Les premiers signalements ont été transmis à l’OMS le 2 mai 2026. Ils faisaient état d’un regroupement de cas de maladies respiratoires sévères parmi les passagers du MV Hondius, qui transportait 147 personnes au total, équipage compris. Au 4 mai, le bilan était de sept cas : deux infections à hantavirus confirmées en laboratoire et cinq cas suspects. Trois personnes sont décédées, dont une à bord du navire. Un autre patient se trouvait dans un état critique, tandis que trois autres présentaient des symptômes légers.

Selon les témoignages recueillis, les premiers symptômes sont apparus sur une période allant du 6 au 28 avril 2026. Les malades ont d’abord souffert de fièvre et de troubles gastro-intestinaux. Pour certains, l’état de santé s’est rapidement dégradé, évoluant vers une pneumonie et un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Un passager a dû être évacué vers un hôpital en Afrique du Sud, et le transfert à terre des deux membres d’équipage infectés était également prévu.

L’origine de l’infection : une énigme au cœur de l’Atlantique Sud

credit : lanature.ca (image IA)

Le navire avait quitté Ushuaia, en Argentine, le 1er avril 2026. Son itinéraire l’a conduit à travers l’Atlantique Sud, avec de multiples escales dans des régions isolées et riches en biodiversité. Parmi les étapes figuraient l’Antarctique continental, la Géorgie du Sud, l’île Rossignol, l’archipel Tristan da Cunha, l’île de Sainte-Hélène et l’île de l’Ascension.

Cependant, ces régions sont relativement éloignées des zones argentines où des cas d’infection au virus Andes ont été signalés. Pour la chercheuse Vaithi Arumugaswami, cela suggère deux hypothèses : soit les passagers ont été infectés lors de voyages en Argentine avant même d’embarquer, soit le virus circule déjà dans les zones les plus méridionales du pays. Le mystère demeure, comme le souligne l’OMS dans un communiqué : « L’étendue des contacts entre les passagers et la faune locale pendant la traversée, ou avant l’embarquement à Ushuaia, reste indéterminée ».

De nouveaux cas pourraient apparaître dans les prochaines semaines, la période d’incubation du virus pouvant être longue. Actuellement, le MV Hondius se trouve au Cap-Vert, au large des côtes du Sénégal.

Quels traitements ? Quel risque pour la population mondiale ?

credit : lanature.ca (image IA)

À ce jour, il n’existe aucun traitement spécifique pour guérir les infections à hantavirus. Les soins prodigués visent uniquement à soulager les symptômes. Des vaccins existent bien en Chine et en Corée du Sud, mais ils ne sont efficaces que contre les hantavirus de l’Ancien Monde, ceux qui provoquent des syndromes hémorragiques avec insuffisance rénale. Ils sont sans effet contre les souches responsables du syndrome pulmonaire.

La recherche est freinée par plusieurs obstacles. La faible prévalence du syndrome pulmonaire à hantavirus rend difficile la constitution de groupes de patients assez larges pour tester d’éventuels vaccins ou traitements. De plus, la dangerosité de ces virus exige des protocoles de biosécurité extrêmement stricts. Seuls quelques laboratoires dans le monde disposent des infrastructures nécessaires pour les étudier sans risque.

Malgré la gravité de ce foyer épidémique, l’OMS se veut pour l’instant rassurante. L’organisation « évalue actuellement comme faible le risque que cet événement fait courir à la population mondiale et continuera de surveiller la situation épidémiologique afin d’actualiser son évaluation des risques ».

Selon la source : trustmyscience.com

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu