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Le rover Curiosity s’est enlisé dans une roche martienne : la NASA a résolu le problème à 334 millions de km
Crédit: NASA/JPL-Caltech

Treize années d’exploration sur la planète rouge

credit : lanature.ca (image IA)

Une distance de 334 millions de kilomètres sépare les ingénieurs terrestres de leur machine, ce qui n’a pas empêché la NASA de résoudre un incident technique majeur. L’agence spatiale est parvenue à libérer le rover Curiosity, immobilisé sur la planète rouge après s’être coincé dans une roche. Cet événement marque un nouveau chapitre dans une épopée spatiale qui dure depuis maintenant 13 ans.

Le périple du robot a débuté en août 2012 par un atterrissage sur le site nommé Bradbury Landing, au cœur du cratère Gale. Ces derniers temps, la mission traverse une période complexe, marquée par une série de défis techniques que les équipes au sol doivent gérer à distance avec une grande précision.

Une usure matérielle sous la surveillance des caméras

Plus tôt cette année, les ingénieurs chargés de surveiller l’état matériel du rover ont identifié une situation préoccupante. Un suivi visuel régulier est assuré grâce à la caméra Mars Hand Lens Imager, qui photographie occasionnellement les différentes parties de la structure. L’examen minutieux de ces clichés a révélé que les roues présentaient des signes de dommages significatifs.

Cette dégradation matérielle représente un enjeu logistique absolu. L’équipement de remplacement est inexistant à cette distance, l’absence de boutiques Goodyear dans l’espace obligeant les équipes scientifiques à repenser totalement l’utilisation du matériel endommagé pour garantir la survie de la mission.

Les simulations terrestres avec le modèle Scarecrow

credit : lanature.ca (image IA)

L’incapacité d’envoyer des mécaniciens sur Mars impose une anticipation rigoureuse de ce type d’avarie. Pour pallier cette distance, la NASA s’appuie sur Scarecrow, une réplique exacte de Curiosity conservée sur Terre. Ce jumeau permet aux ingénieurs de reproduire les conditions martiennes et de tester des solutions en laboratoire.

Les expérimentations menées par l’équipe de Curiosity ont permis de formuler une hypothèse claire : le rover conserverait la capacité de rouler sur le sol martien « indéfiniment » en utilisant la portion restante de la roue, à condition de réussir à s’en détacher en brisant les crampons endommagés.

Les chercheurs ont répété plusieurs manœuvres spécifiques avec Scarecrow. La technique consiste à bloquer intentionnellement la roue défectueuse contre un rocher, puis à activer les autres roues motrices jusqu’à ce que la partie abîmée se détache. Le niveau d’inquiétude de la NASA face à l’étendue des dégâts reste à déterminer, tout comme la décision finale de recourir ou non à cette méthode radicale. Malgré ces dommages massifs, le robot conserve actuellement sa capacité de déplacement.

credit : NASA/JPL-Caltech

L’incident de forage face au rocher Atacama

Le 25 avril, un obstacle d’une tout autre nature a entravé le parcours de Curiosity. L’incident s’est produit lors d’une session d’analyse de routine : la perceuse du dispositif de prélèvement est restée coincée dans un bloc rocheux que la machine était en train d’examiner.

La cible géologique a été surnommée Atacama. Les relevés télémétriques indiquent que cette roche possède un diamètre estimé à 0,5 mètre (1,5 pied) à sa base, pour une épaisseur de 15 centimètres (6 pouces). Son poids total est évalué à environ 13 kilogrammes (28,6 livres).

Un communiqué officiel détaille le déroulement des événements : « Curiosity a foré un échantillon d’une roche surnommée ‘Atacama’, qui fait environ 0,5 mètre (1,5 pied) de diamètre à sa base, 15 centimètres (6 pouces) d’épaisseur et pèse environ 13 kilogrammes (28,6 livres) », explique l’agence dans une mise à jour. « Lorsque le rover a rétracté son bras, la roche entière s’est soulevée du sol, suspendue par le manchon fixe qui entoure le foret rotatif. Le forage a déjà fracturé ou séparé les couches supérieures de roches par le passé, mais une roche n’est jamais restée attachée au manchon de forage. »

Des manœuvres vibratoires pour sauver le matériel

credit : lanature.ca (image IA)

Cet incident évoque un aléa bien connu des amateurs de bricolage, mais prend une dimension critique sur une autre planète. Acheminer un foret de rechange jusqu’à Curiosity représenterait un investissement se chiffrant en centaines de millions de dollars, voire davantage. Face à cette contrainte économique et technique, la NASA a mis au point une stratégie consistant à soumettre la perceuse à des vibrations répétées jusqu’à ce que la roche tombe.

La première tentative de dégagement n’a provoqué aucun mouvement. Une seconde manœuvre, exécutée le 29 avril, s’est également soldée par un échec, la roche restant solidement fixée au mécanisme.

Le 1er mai, le centre de contrôle a planifié une nouvelle séquence incluant l’utilisation de vibrations, la rotation du bras et le tournoiement du foret. Cette approche combinée a fonctionné dès le premier essai du jour, projetant la roche qui s’est finalement brisée sur la surface martienne. Le rover reprend désormais ses opérations de cartographie et d’analyse géologique de la planète rouge, dans l’espoir que ce type d’enlisement ne se reproduise plus lors de ses futures investigations.

Selon la source : iflscience.com

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