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Ornières sur les autoroutes : pourquoi ce danger s’aggrave et comment y faire face
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un constat alarmant sur les routes de la capitale

Si vous avez l’impression que les routes se creusent sous vos roues dans la région de la capitale nationale, vous n’êtes pas seul. Le phénomène des ornières, ces sillons profonds qui se forment sur la chaussée, est en nette augmentation sur les autoroutes. Les automobilistes, de plus en plus exaspérés, s’inquiètent des dangers que ces déformations représentent pour leur conduite quotidienne.

Le constat n’est pas qu’une simple impression. Il est officiellement confirmé par le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD). « La présence d’ornières sur le réseau routier est effectivement à la hausse », a déclaré la porte-parole du ministère, Émilie Lord. Cependant, le MTMD tient à nuancer le tableau. Malgré cette hausse visible des dégradations, son bilan des chaussées indique que, globalement, 86 % du réseau routier de la capitale demeure en bon état.

L' »écœurantite » des conducteurs et les enjeux de sécurité

credit : lanature.ca (image IA)

Cette multiplication des déformations de la chaussée ne laisse personne indifférent. Pour CAA-Québec, l’exaspération des conducteurs est palpable et les problèmes de sécurité, bien réels. L’organisme, qui s’apprête à dévoiler son palmarès annuel des pires routes, sent monter une grogne généralisée. « Ce qu’on remarque, c’est qu’il y a quand même une certaine écœurantite un peu partout à travers la province. Il y a des problématiques multiples: oui, les nids-de-poule, mais les ornières, c’est aussi une problématique », explique Nicolas Ryan, directeur des affaires publiques chez CAA-Québec.

Au-delà de l’inconfort, ces défectuosités sont considérées comme étant « de nature à créer des dangers sur différentes routes ». Pour Monsieur Ryan, il n’y a pas de doute : « Il y a des enjeux de sécurité routière ». Il estime d’ailleurs que le cycle électoral actuel représente une opportunité idéale pour interpeller les partis politiques sur le déficit d’entretien du réseau routier et sur l’urgence de corriger la situation.

Pneus à crampons et poids lourds : les causes identifiées

credit : lanature.ca (image IA)

Mais comment expliquer cette dégradation accélérée ? Plusieurs facteurs sont pointés du doigt. L’utilisation des pneus à crampons durant l’hiver est l’une des principales raisons, car ils usent prématurément le revêtement des routes. Le ministère des Transports a d’ailleurs lancé une étude pour évaluer précisément leurs impacts sur les chaussées québécoises.

Les méthodes de construction sont également en cause, surtout dans un contexte où le nombre de poids lourds, qui contribuent massivement à la détérioration, ne cesse d’augmenter. Face à cette situation, le MTMD assure prendre des mesures. « Le MTMD met de l’avant des améliorations de ses pratiques en ce qui concerne la conception, la qualité des matériaux et la mise en œuvre », affirme le ministère. Une des solutions concrètes est déjà en place : « Depuis quelques années, un nouveau mélange d’enrobé bitumineux est utilisé au Ministère. Celui-ci offre de meilleures résistances à l’orniérage. Il a été testé sur notre réseau et a donné des résultats satisfaisants en termes de durabilité de vie ».

Les grands chantiers d’asphaltage prévus pour la saison 2026

credit : lanature.ca (image IA)

Pour contrer la détérioration visible des chaussées, le ministère des Transports a planifié une série de travaux d’asphaltage qui seront déployés sur le réseau autoroutier de la capitale nationale. Ces chantiers toucheront plusieurs axes majeurs, avec des interventions ciblées pour restaurer la qualité du revêtement.

Voici la liste des secteurs concernés pour la saison 2026 :

  • Autoroute Félix-Leclerc (A-40) : Les travaux couvriront les secteurs du chemin Girard, du chemin du Lac, de l’autoroute Duplessis, ainsi que les tronçons entre la rivière Saint-Charles et le boulevard Pierre-Bertrand, et entre l’autoroute Laurentienne et le boulevard Bourg-Royal.
  • Autoroute Duplessis (A-540) : Une section sera refaite entre l’autoroute Félix-Leclerc et le chemin des Quatre-Bourgeois.
  • Autoroute Henri-IV (A-40) : Plusieurs zones seront traitées, notamment entre l’autoroute Charest et le boulevard Wilfrid-Hamel, entre le boulevard Jean-Marchand et la route Sainte-Geneviève, et entre la rue Industrielle et la rue Léo-Major.
  • Autoroute Robert-Bourassa (A-740) : En direction nord, l’asphaltage est prévu entre l’autoroute Charest (A-440) et le boulevard Lebourgneuf.
  • Autoroute Laurentienne (A-973) : Les interventions auront lieu entre le boulevard Wilfrid-Hamel et la rue de la Croix-Rouge, et entre les sorties du boulevard du Lac et de l’avenue de la Faune.

Adapter sa conduite pour éviter le pire

En attendant que les routes soient réparées, la prudence est de mise. Le ministère des Transports et CAA-Québec s’accordent à dire que les automobilistes doivent impérativement ajuster leur comportement au volant. « Les usagers sont invités à adapter leur conduite, particulièrement lors de conditions météorologiques défavorables », conseille le MTMD. Un avis partagé avec une pointe de résignation par Jesse Caron, expert automobile et porte-parole chez CAA-Québec : « Les automobilistes doivent composer avec ça. On voit que ça a été une année très difficile pour la conduite sur le réseau routier au printemps et à la fin de l’hiver ».

Le danger principal est l’aquaplanage, qui survient lorsque les ornières se remplissent d’eau. Les pneus perdent alors leur adhérence, rendant le freinage inefficace et pouvant entraîner une perte de contrôle. En cas d’aquaplanage, il faut à tout prix éviter de freiner brusquement. « La clé, c’est de ralentir et de faire de légères corrections de direction », précise Jesse Caron. Il met aussi en garde contre un réflexe courant : « Le premier réflexe est de vouloir se sortir des ornières. C’est un couteau à double tranchant parce qu’on risque d’empiéter sur la voie contiguë ou encore sur l’accotement, où peuvent se cacher des nids-de-poule ». Il est donc souvent plus sûr de rester dans son sillon, même si la voie de gauche est parfois moins creusée. Enfin, méfiez-vous des autres véhicules qui, en roulant dans les flaques, peuvent projeter de l’eau sur votre pare-brise et réduire votre visibilité. La seule solution : ralentir et éviter les manœuvres brusques.

Pneus à crampons : un choix à bien peser

S’ils contribuent à la dégradation des routes, les pneus à crampons ne sont pas toujours la meilleure option pour la sécurité de tous les conducteurs. CAA-Québec rappelle que leur utilité est surtout avérée pour les personnes vivant en région éloignée, sur des routes où les produits déglaçants ne sont pas épandus.

Pour la majorité des automobilistes qui circulent en milieu urbain ou périurbain, leur pertinence est discutable. Jesse Caron utilise une image parlante pour résumer la situation : « Quand on habite en banlieue, à Québec ou même dans les couronnes, si on emprunte principalement les autoroutes et les routes principales, avoir des pneus à crampons c’est comme porter une ceinture et des bretelles en même temps ». Selon l’expert, il est préférable, dans ces conditions, de privilégier de bons pneus conçus spécifiquement pour la neige et la glace, qui offrent une excellente performance sans endommager la chaussée.

Selon la source : journaldequebec.com

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