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Vous avez trouvé une étrange masse gélatineuse dans un lac ou une rivière ? Elle pourrait être vivante.
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une rencontre inattendue avec les bryozoaires d’eau douce

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Nous gardons tous en mémoire ces moments d’enfance passés à fouiller les mares. Ces premières expériences de terrain consistaient à plonger une épuisette dans l’eau pour examiner ce qui s’y trouvait piégé. Une personne aurait probablement poussé un cri si elle avait attrapé un bryozoaire d’eau douce lors de ces explorations.

Ces immenses masses gélatineuses sont parfois découvertes par des voyageurs prudents dans les lacs et d’autres étendues d’eau douce. Ramasser un gros bloc de ces bryozoaires ne revient pas à tenir un seul animal, mais des centaines de spécimens enveloppés dans une matière gélatineuse riche en eau.

Ces créatures commencent leur vie de manière isolée avant de se regrouper pour former des organismes coloniaux. Des rapports du US Fish & Wildlife Service indiquent que ces formes de vie sont présentes sur Terre depuis environ 500 millions d’années.

L’anatomie singulière des zoïdes

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Les individus qui composent ces structures portent le nom de zoïdes et présentent un plan d’organisation corporelle d’une grande simplicité. L’image d’un raisin microscopique doté d’une bouche et d’un anus illustre assez précisément leur anatomie.

Selon les informations publiées par Delaware.gov, ils sont dépourvus de systèmes respiratoire, excréteur ou circulatoire. Ils disposent toutefois d’un ganglion nerveux central qui leur permet de réagir aux stimuli. Il ne faut pas s’attendre à une grande réaction en leur disant bonjour, mais cette structure nerveuse est suffisante pour assurer leur survie.

Ce mécanisme rudimentaire leur donne la capacité de se nourrir. Ils utilisent pour cela une couronne de tentacules entièrement recouverte de minuscules cils semblables à des cheveux.

Un indicateur biologique recherché par les experts

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Peu d’individus se réjouiraient de plonger la main dans l’eau pour toucher une substance visqueuse non identifiée, bien que les bryozoaires d’eau douce soient souvent un motif de satisfaction. Sur les quelque 5 000 espèces recensées par la communauté scientifique, seules 90 évoluent dans des habitats d’eau douce. La personne touchant cette texture gélatineuse fait donc partie des rares individus favorisés par ce ratio.

Ces organismes, parfois surnommés animaux-mousses, constituent un indicateur de la bonne santé d’un écosystème. Rebecca Downey, spécialiste des ressources naturelles au J. Strom Thurmond Project Office, apporte des précisions sur leur rôle écologique auprès du US Army Corps of Engineers.

« Le bryozoaire peut être trouvé communément sur les quais, les bâtons et d’autres structures sous-marines, » souligne la spécialiste. Elle précise : « Ces invertébrés aquatiques inoffensifs vivent en colonies et sont le filtre à eau naturel de la nature. Ils sont des signes de la qualité d’eau propre et sont parfois de la nourriture pour de nombreux escargots, insectes et poissons. »

Des voyageurs capables de boucher les infrastructures

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Ces amas vivants sont capables de voyager sur de vastes distances. Ils se déplacent dans les intestins des oiseaux aquatiques ou des poissons, ou en s’accrochant aux plantes aquatiques, et font parfois leur apparition dans des endroits où l’on préférerait ne pas les voir.

Certaines espèces comme Pectinatella magnifica se sont établies de manière invasive en Europe, en Asie et dans plusieurs régions des États-Unis. Les espèces indigènes sont tout à fait capables de provoquer des complications techniques si elles établissent leur campement à l’intérieur des tuyaux d’arrivée et de sortie d’eau.

Ces structures gélatineuses ont une propension marquée à obstruer les conduits. Une situation comparable s’est produite avec des salpes, une autre forme de vie gélatineuse, qui ont réussi à mettre deux réacteurs nucléaires à genoux.

Une gestion simple pour une créature inoffensive

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La gestion des bryozoaires installés à des emplacements problématiques reste une opération très facile à traiter. L’intervention humaine ne nécessite pas de protocoles complexes pour venir à bout de ces organismes aquatiques.

Rebecca Downey indique la marche à suivre : « Ils peuvent être facilement retirés des surfaces en les grattant. » Elle aborde ensuite leur cycle de vie saisonnier : « Aussi, les colonies commencent généralement à mourir à l’automne lorsque le temps commence à se refroidir et auront probablement complètement disparu d’ici l’hiver. Mais nous sommes heureux de savoir qu’ils prospèrent actuellement dans nos lacs. »

L’internaute effrayé qui vient de toucher une substance visqueuse non identifiée et qui cherche à savoir s’il est sur le point de mourir n’a donc aucune raison de s’inquiéter. Les bryozoaires vivent simplement leur existence sans représenter le moindre danger.

Selon la source : iflscience.com

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