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Trump menace de retirer des troupes américaines d’Italie et d’Espagne — la controverse prend de l’ampleur en Europe
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Le détroit d’ormuz à l’arrêt : un choc économique mondial

credit : Détroit d’Ormuz lanature.ca

La campagne militaire menée par les États-Unis et Israël a désormais des répercussions qui dépassent largement les frontières du Moyen-Orient. Les conséquences de ce conflit atteignent directement les bureaux des chefs de gouvernement européens, les couloirs de l’OTAN et s’étendent jusqu’au Vatican. L’Italie et l’Espagne, qui figurent parmi les partenaires militaires les plus proches de l’Amérique, se retrouvent personnellement ciblées par les retombées de cette crise. Au centre des tensions se trouve le détroit d’Ormuz, un bras de mer étroit séparant l’Iran et Oman. Cette voie maritime est aujourd’hui virtuellement paralysée : les navires qui y naviguaient quotidiennement en silence sont désormais ancrés, déviés ou évitent simplement la zone, ce qui divise l’alliance occidentale sur la responsabilité de sa réouverture.

Ce blocage provoque un arrêt brutal de flux commerciaux majeurs. Habituellement, ce détroit voit transiter environ un quart du commerce mondial de pétrole par voie maritime, ainsi que d’importants volumes de gaz naturel liquéfié et un tiers du commerce mondial d’engrais, incluant de grandes quantités d’exportations d’azote. Entre le mois de février et le mois de mars, le trafic des navires est passé de 130 passages quotidiens à seulement 6, ce qui représente un effondrement vertigineux d’environ 95 %. Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, définit cette situation comme « la plus grande perturbation de l’approvisionnement dans l’histoire du marché pétrolier mondial ».

Les répercussions financières sont colossales et se font sentir dans le monde entier. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déclaré devant le Parlement européen qu’en seulement 60 jours de conflit, la facture des importations de combustibles fossiles de l’Union européenne a augmenté de plus de 27 milliards d’euros, « sans une seule molécule d’énergie supplémentaire ». Une évaluation rapide de la CNUCED pour 2026 prévoit par ailleurs que la croissance du commerce mondial de marchandises devrait chuter, passant d’environ 4,7 % en 2025 à une fourchette située entre 1,5 % et 2,5 % en 2026. Cette baisse traduit un choc d’offre majeur qui pousse les prix à la hausse tout en pesant lourdement sur la demande mondiale.

La pression américaine et la menace d’un retrait des troupes

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Face aux hésitations européennes, le président Trump maintient une position constante et exige le déploiement des marines européennes dans le détroit d’Ormuz pour protéger cette route commerciale essentielle. Devant le refus des gouvernements européens de s’impliquer directement et d’envoyer des navires de guerre pour rouvrir le passage, la Maison-Blanche a choisi la confrontation publique. Le président américain a vivement critiqué ses alliés, qualifiant publiquement l’OTAN de « inutiles » et de « lâches ». L’administration américaine a multiplié les pressions pour obtenir un soutien plus direct dans les opérations liées au conflit avec l’Iran, demandant un accès élargi aux bases militaires et une participation accrue à la sécurisation des voies navigables clés.

Cependant, plusieurs pays alliés ont marqué un coup d’arrêt. L’Espagne a imposé des restrictions strictes sur la manière dont les forces américaines pouvaient utiliser les bases exploitées conjointement. Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol, s’est opposé vocalement au conflit, qualifiant les frappes initiales américaines et israéliennes de « illégales » et refusant aux forces américaines l’accès aux bases militaires et à l’espace aérien espagnols pour les opérations en Iran. De son côté, l’Italie, dirigée par la Première ministre Giorgia Meloni pourtant alliée de M. Trump, a permis aux troupes américaines de continuer à opérer sur son territoire, mais a limité l’utilisation de ses installations pour certaines missions. Elle a notamment refusé aux États-Unis l’utilisation d’une base aérienne en Sicile pour des avions transportant des armes vers l’Iran.

En réponse à ces blocages, le président américain a menacé de retirer les milliers de soldats américains basés dans ces deux pays. S’exprimant depuis le Bureau ovale devant les journalistes, il a déclaré : « L’Italie ne nous a été d’aucune aide et l’Espagne a été horrible, absolument horrible ». Les effectifs visés sont massifs : selon les données du U.S. Defense Manpower Data Center publiées en décembre 2025, plus de 12 600 militaires américains en service actif étaient stationnés en Italie en décembre, et plus de 3 800 en Espagne.

Les réponses européennes et le poids des contraintes logistiques

L’Allemagne figure également sur la liste des alliés menacés d’être livrés à eux-mêmes. Le pays abritait 36 436 militaires américains en service actif stationnés en permanence, selon les mêmes données de décembre 2025. Tout comme l’Italie, l’Allemagne accueille des bases américaines clés qui servent de centres logistiques pour les opérations au Moyen-Orient. Une réduction significative des troupes compliquerait donc directement les efforts militaires liés au conflit iranien. Ce paradoxe pose un problème pratique à l’administration : les bases mêmes qu’elle menace d’abandonner sont celles dont l’armée américaine a un besoin vital pour continuer à opérer dans la région. Par ailleurs, la loi d’autorisation de la défense nationale de 2026, adoptée par le Sénat l’année dernière, comprend une disposition qui interdit de réduire de façon permanente le niveau des troupes américaines en Europe en dessous de 76 000 hommes. Le Congrès dispose ainsi de moyens légaux et financiers pour bloquer ou compliquer d’éventuels retraits majeurs.

La menace n’est toutefois pas purement théorique. Une annonce faite au début du mois de mai, indiquant que les États-Unis retireraient 5 000 soldats d’Allemagne, a secoué les alliés européens de l’Amérique, les analystes suggérant que cela pourrait n’être que le début d’un retrait beaucoup plus vaste. Cette décision faisait suite à une confrontation similaire avec le chancelier allemand Friedrich Merz, qui s’était attiré les foudres du président après avoir critiqué la guerre en Iran, affirmant que les États-Unis étaient « humiliés » par ce conflit prolongé. Les remarques présidentielles concernant l’Italie et l’Espagne reflètent un avertissement déjà adressé à l’Allemagne : « Les États-Unis étudient et examinent la possible réduction des troupes en Allemagne, avec une décision à prendre au cours de la prochaine courte période ».

La riposte diplomatique de l’Europe s’est révélée pointue. Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a déclaré à l’agence de presse italienne ANSA ne pas « comprendre les raisons » de ces commentaires : « Comme c’est clair pour tout le monde, nous n’avons pas utilisé le détroit d’Ormuz. Et nous avons même proposé de mener une mission pour protéger la navigation, un geste qui a été en fait grandement apprécié par l’armée américaine ». Le Premier ministre espagnol s’est montré encore plus direct devant les journalistes : « Pas d’inquiétudes. La position du gouvernement espagnol est claire : coopération absolue avec nos alliés, mais toujours dans le cadre du droit international ». Ces tensions s’inscrivent dans un contexte précis : ni l’OTAN en tant qu’alliance, ni les gouvernements européens n’ont été consultés avant la décision d’entrer en guerre, ni même pleinement informés avant que l’opération ne soit en cours.

Une passe d’armes inédite impliquant le Vatican

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Au-delà des enjeux stratégiques, l’escalade a pris un tournant particulièrement personnel impliquant les plus hauts sommets de la religion et de la politique. Le président Trump s’est publiquement brouillé avec le pape Léon XIV, premier pontife américain, après que ce dernier a dénoncé l’impact humanitaire de la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Sur la plateforme Truth Social, le président a fustigé l’appel à la désescalade lancé par le Vatican, qualifiant le pontife de « FAIBLE sur la Criminalité » et de « terrible pour la Politique Étrangère », avant de le prévenir qu’il ferait mieux de « se concentrer sur le fait d’être un Grand Pape, pas un Politicien ».

Cette attaque a poussé Giorgia Meloni à sortir de son silence. Jusqu’alors l’une des alliées européennes les plus proches du président américain, elle a publié une déclaration tranchante : « Je trouve les mots du président Trump envers le Saint-Père inacceptables. Le Pape est le chef de l’Église catholique, et il est juste et normal qu’il appelle à la paix et condamne toutes les formes de guerre ». Ce soutien au Vatican a déclenché une série de répliques. Le président s’est dit « choqué » par les commentaires de la dirigeante italienne, ajoutant : « Je pensais qu’elle était courageuse, mais j’avais tort ». La Première ministre a réitéré que les remarques sur le pape étaient « inacceptables », ce à quoi le président a répondu qu’elle était « celle qui est inacceptable ».

De son côté, le pape Léon XIV a précisé que sa condamnation de la violence et de la guerre n’était pas spécifiquement dirigée contre l’administration actuelle. Toutefois, s’adressant aux journalistes, il a répondu au président en affirmant n’avoir « aucune peur, ni de l’administration Trump, ni de proclamer haut et fort le message de l’Évangile ». Cette passe d’armes illustre une rupture singulière au cœur des relations internationales traditionnelles, alors même que l’attention publique est parallèlement attirée par d’autres sujets, comme la sortie toute récente sur le marché du Trump Phone.

Fragilités structurelles et impacts sur la vie quotidienne

lanature.ca (image IA)

Sous la surface de ces querelles quotidiennes, c’est un problème structurel profond qui s’installe au sein de l’alliance occidentale. Des documents internes du Pentagone auraient révélé que les États-Unis envisagent d’examiner le soutien diplomatique accordé aux « possessions impériales » des pays européens, comme les îles Malouines, allant jusqu’à évoquer l’idée de suspendre l’Espagne de l’OTAN. Si l’administration américaine parvient à obtenir l’approbation du Congrès pour son projet présumé de retirer des troupes de certains États membres pour les déplacer vers des pays ayant soutenu plus fermement la campagne militaire, l’alliance subirait une escalade sans précédent. Comme l’a récemment souligné Ivo Daalder, ancien ambassadeur des États-Unis auprès de l’OTAN : « il est difficile de voir comment un pays européen sera désormais capable et désireux de faire confiance aux États-Unis pour venir à sa défense ». Le fait que les États-Unis aient lancé la guerre en Iran sans notifier la plupart des alliés de l’OTAN a porté un coup difficilement mesurable à la crédibilité des garanties de sécurité américaines, préfigurant ce qui s’apparente à une vague de contestations de la politique étrangère de 2026.

Pendant ce temps, le fardeau économique du blocage d’Ormuz continue de s’alourdir. Selon l’évaluation de la CNUCED, la croissance mondiale devrait ralentir, de 2,9 % en 2025 à 2,6 % en 2026, à condition que le conflit ne s’intensifie pas davantage. Cette crise expose de nombreuses fragilités sous-jacentes : une croissance faible, des inégalités croissantes et l’augmentation des coûts de la vie. Si la situation perdure, les perturbations sur les marchés financiers et commerciaux pourraient se creuser, augmentant le risque d’une crise systémique en cascade.

Pour les citoyens, la réalité de cette crise diplomatique est tangible. L’augmentation des coûts de l’énergie, des engrais et des transports, combinée à la hausse des tarifs de fret, des prix du carburant et des primes d’assurance, risque de faire grimper les prix alimentaires et d’intensifier les pressions sur le coût de la vie pour les populations les plus vulnérables. Selon une analyse du Stimson Center, une perturbation durable à Ormuz aggravera les anticipations d’inflation, resserrera les conditions financières et pèsera très lourdement sur les marchés émergents dépendants des importations, bien que les effets frapperont également les économies plus riches. De la pompe à essence aux factures d’épicerie, en passant par les coûts de fabrication, cette fermeture n’est pas qu’un sujet de politique étrangère, c’est une crise économique qui touche directement le budget des ménages.

Selon la source : time.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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