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Trump signe un nouvel ordre visant à fermer les comptes bancaires illégaux
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Un décret aux vastes ramifications pour le système bancaire

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Des retraits d’espèces répétitifs sous les seuils d’alerte s’alignant sur les cycles de paie, des sociétés écrans faisant circuler des fonds via l’immobilier, ou encore des numéros d’identification fiscale individuels utilisés pour ouvrir des comptes sans statut légal vérifié. Ces éléments figurent parmi les signaux d’alerte spécifiques énumérés dans le décret signé par le Président Trump le 19 mai 2026. Intitulé « Restoring Integrity to America’s Financial System », ce texte cible des crimes financiers qui ont déjà coûté des centaines de milliards de dollars au pays. Il ne gèle aucun compte dans l’immédiat, mais s’appuie sur le mécanisme du Bank Secrecy Act, une loi de 1970 obligeant déjà les banques à signaler les activités suspectes.

Le 2 juin, Donald Trump a pris la parole sur le réseau Truth Social pour présenter ce décret comme l’un des outils les plus puissants de son administration contre l’immigration illégale, l’activité des cartels et la fraude financière. Il y a affirmé que l’accès aux systèmes financiers de la nation « doit être limité à ceux qui ont le Droit Légal d’être ici ». Il a également précisé que les comptes bancaires utilisés pour faciliter l’immigration illégale ou pour détenir des aides sociales perçues par des immigrés sans-papiers « seront fermés, et les fonds feront finalement l’objet d’une Confiscation et d’une Saisie ».

Le décret s’avère à la fois plus ciblé et plus vaste que son titre ne le suggère. Plutôt que d’imposer des blocages instantanés, il déclenche une série d’échéances réglementaires. Celles-ci ont pour objectif de remodeler, au cours des six à douze prochains mois, la manière dont les institutions bancaires américaines examinent et filtrent leurs clients, en ajoutant le statut d’immigration comme un facteur de risque explicite aux côtés des signaux d’alerte existants.

Des directives strictes et un calendrier réglementaire serré

Le texte présidentiel ordonne au Secrétaire du Trésor, Scott Bessent, de publier des directives identifiant les schémas financiers suspects liés à l’évasion des charges sociales, au trafic de main-d’œuvre, à l’activité des sociétés écrans et au paiement de salaires non déclarés. Sont également visées les personnes utilisant un numéro d’identification fiscale individuel (ITIN) pour obtenir des services financiers sans présence légale vérifiée sur le territoire.

Le calendrier est précis. D’ici 90 jours, le Secrétaire du Trésor, en consultation avec les régulateurs financiers fédéraux compétents, doit proposer des modifications aux réglementations du Bank Secrecy Act. L’objectif est de renforcer les exigences de vigilance à l’égard de la clientèle pour les institutions financières couvertes. Ces dernières devront collecter et vérifier suffisamment d’informations sur l’identité des clients pour identifier raisonnablement les propriétaires nominaux et effectifs des comptes. Elles devront également conserver l’autorité d’obtenir des informations supplémentaires, notamment sur la légalité du statut d’immigration et l’autorisation de travail. Une deuxième échéance, fixée à 180 jours, impose au Trésor et aux régulateurs d’examiner les exigences des programmes d’identification des clients, avec une attention particulière portée à l’utilisation des cartes d’identification consulaire étrangères.

Enfin, dans un délai de 60 jours, le Consumer Financial Protection Bureau (CFPB) est chargé d’étudier une clarification importante : le risque de déportation et la perte potentielle de salaires pourraient affecter négativement la capacité de remboursement d’un emprunteur non autorisé à travailler. Les prêteurs pourraient intégrer ces éléments lors d’une évaluation de bonne foi. Le décret justifie cette directive par des questions de sécurité et de solidité, soulignant que prêter à des individus sans autorisation de travail légale crée une déficience structurelle de la capacité de remboursement qui fragilise le système bancaire national.

Les 312 milliards de dollars du blanchiment et l’affaire de l’Ohio

lanature.ca (image IA)

L’argumentaire de l’administration repose largement sur des crimes financiers documentés qui transitent par les banques américaines depuis des années. Selon un avis du Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) du Département du Trésor, les réseaux de blanchiment d’argent chinois utilisent des comptes basés aux États-Unis pour blanchir des centaines de milliards de dollars au profit d’organisations criminelles. Le FinCEN a analysé 137 153 rapports déposés en vertu du Bank Secrecy Act entre janvier 2020 et décembre 2024. Ces documents, associés à des soupçons de blanchiment par des réseaux chinois impliqués dans le trafic de drogue, la fraude et le trafic d’êtres humains, totalisent environ 312 milliards de dollars de transactions suspectes.

Le secteur immobilier est également particulièrement touché. Dans cet ensemble de données, les institutions financières ont déposé 17 389 rapports d’activité suspecte liés à l’immobilier, représentant plus de 53,7 milliards de dollars. Ce système s’appuie sur des fonds qui circulent au grand jour à travers des institutions américaines, en respectant les critères techniques habituels appliqués par les banques à leurs clients de routine. Le Bank Secrecy Act exige déjà le signalement des transactions en espèces dépassant 10 000 dollars, mais le nouveau décret vise à étendre cette vigilance aux activités liées aux infractions migratoires.

L’administration met aussi en avant une affaire domestique illustrant l’intersection entre le trafic de main-d’œuvre et la fraude financière loin de la frontière. En avril 2025, dans l’Ohio, l’agence U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) a saisi les avoirs d’un réseau illégal de recrutement et de blanchiment évalué à 126 millions de dollars. Ce réseau utilisait environ 40 sociétés écrans pour employer et loger des travailleurs sans-papiers, souvent introduits clandestinement via le Mexique, tout en déplaçant des fonds vers l’immobilier et des biens de luxe. Les multiples entreprises, chacune se maintenant sous les seuils d’alerte, ont collectivement brassé plus de 100 millions de dollars de revenus illicites liés au travail, exploitant précisément les failles de retraits répétitifs visées par le nouveau décret.

La lutte contre les cartels et le financement du trafic de fentanyl

Le décret a été promulgué le même jour qu’une action coercitive majeure du Département du Trésor, mettant en lumière la mécanique financière du trafic de drogue. Le 20 mai 2026, le Trésor a sanctionné un réseau de blanchiment d’argent affilié au Cartel de Sinaloa. Selon l‘Office of Foreign Assets Control du Trésor, ce réseau coordonnait la collecte d’importantes quantités d’espèces aux États-Unis, issues de la vente de fentanyl et d’autres drogues, avant de les convertir en cryptomonnaie pour les transférer aux dirigeants du cartel au Mexique. Le système bancaire américain constitue un point de transit essentiel dans cette chaîne d’obscurcissement numérique.

Les enjeux de santé publique liés à ce trafic sont considérables. Selon les données des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), 79 384 décès par surdose ont eu lieu en 2024, avec un taux ajusté selon l’âge de 23,1 décès pour 100 000 habitants, le fentanyl en étant la cause principale. Les surdoses aux opioïdes de synthèse représentent d’ailleurs la première cause de décès chez les Américains âgés de 18 à 45 ans. L’agence U.S. Customs and Border Protection (CBP) indique sur sa page de données avoir saisi plus de 27 000 livres de fentanyl entrant aux États-Unis au cours de l’année précédente. En parallèle, la U.S. Sentencing Commission révèle que le fentanyl représente désormais 22% des affaires fédérales de trafic de drogue, une augmentation de 135% depuis l’année fiscale 2021.

Dans le communiqué de presse de mai 2026 accompagnant ces sanctions, le Secrétaire du Trésor Scott Bessent a déclaré : « Comme le Président Trump l’a dit clairement, cette Administration ne permettra pas aux narco-terroristes d’inonder nos frontières avec du poison. Le Trésor continuera de cibler les cartels terroristes et leurs réseaux de trafic de fentanyl pour protéger nos communautés et Garder l’Amérique en Sécurité. »

La question du numéro ITIN et les réticences du secteur bancaire

La disposition la plus contestée du décret concerne les numéros d’identification fiscale individuels (ITIN). L’ITIN est émis par l’Internal Revenue Service (IRS) pour toute personne devant déclarer des impôts aux États-Unis mais ne remplissant pas les conditions pour obtenir un numéro de sécurité sociale. Si des millions d’immigrés l’utilisent pour payer leurs impôts et ouvrir des comptes bancaires, le décret identifie désormais l’utilisation d’un ITIN pour obtenir des crédits ou des comptes de dépôt sans statut d’immigration légal vérifié comme un signal d’alerte potentiel. Bien que l’ITIN facilite la conformité fiscale, son usage à la place d’un numéro de sécurité sociale ou d’un visa de travail valide nécessite désormais une vérification approfondie de la part des banques, pouvant mener à des restrictions ou fermetures de comptes.

Initialement, l’administration Trump avait envisagé une proposition beaucoup plus stricte qui aurait rendu obligatoire la collecte des informations de citoyenneté pour tous les clients, nouveaux et existants. L’industrie bancaire a mené une intense campagne de lobbying pendant des mois pour s’y opposer, arguant qu’un tel processus exigerait une quantité massive de paperasse et serait extrêmement coûteux. Les leaders de la finance et les critiques ont averti que cette obligation risquait de priver de services bancaires des millions d’Américains. En effet, de nombreux citoyens ne possèdent pas de passeport ou d’autres documents de citoyenneté, ce qui aurait affecté de manière disproportionnée les personnes âgées, les foyers à faibles revenus et les résidents ruraux. Le décret final a donc opté pour une approche basée sur le risque plutôt que sur un mandat universel.

Aujourd’hui, les institutions financières doivent commencer à évaluer leurs programmes de conformité anti-blanchiment (BSA/AML) en attendant les modifications réglementaires. Pour la majorité des Américains disposant d’une documentation standard, les opérations bancaires quotidiennes ne devraient pas changer. Le texte ne ferme d’ailleurs automatiquement aucun compte existant et n’affecte pas les services actuels ; il charge les régulateurs d’élaborer de nouvelles directives. L’échéance de 60 jours pour l’avis du Trésor tombera à la mi-juillet 2026. C’est à ce moment-là que les règles pratiques seront clarifiées. Les personnes détenant un compte basé sur un ITIN ou utilisant une carte consulaire étrangère comme document bancaire principal sont incitées à contacter leur banque avant la publication officielle de ces directives afin de comprendre leurs options.

Selon la source : apnews.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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