Bilan de sécurité en Colombie-Britannique : 143 décès recensés en randonnée et escalade sur 10 ans
Auteur: Adam David
Introduction et bilan des accidents dans l’arrière-pays

À l’approche de la saison estivale, le Service des coroners de la Colombie-Britannique a publié un bilan détaillé concernant les dangers inhérents à l’exploration de l’arrière-pays. Les données statistiques, couvrant la période s’étendant de 2016 à 2025, indiquent que la pratique de la randonnée et de l’escalade a causé la mort de 143 personnes dans la province, ce qui représente une moyenne d’environ 14 décès par année.
Le coroner en chef de la province, le docteur Jatinder Baidwan, a pris la parole pour exposer la nature de ces incidents mortels. Il indique que la majorité de ces événements fatals pourraient être évités si des mesures de précaution adéquates étaient mises en place par les pratiquants, exhortant le public à placer la sécurité au premier plan lors des excursions en nature.
Le docteur Baidwan met en perspective l’attrait de la saison chaude avec les données statistiques. Il déclare : « Le temps chaud apporte plus d’occasions d’aventures, mais aussi plus de risques », qualifiant l’ensemble de ces drames de situations strictement « évitables » par une approche plus prudente de la montagne.
Analyse des causes et profil démographique des victimes

Le rapport institutionnel du Service des coroners identifie une temporalité précise quant à la survenue de ces accidents. La grande majorité des incidents mortels se concentre entre les mois de mai et de septembre, avec un pic statistique particulièrement marqué durant le mois de juillet.
Concernant les circonstances exactes des décès, les chutes physiques constituent la toute première cause de mortalité dans l’arrière-pays. Elles totalisent 81 cas répertoriés sur la décennie étudiée, devançant largement les urgences médicales découlant de causes naturelles, qui ont pour leur part entraîné 19 décès.
Les données démographiques du document révèlent une prédominance de victimes masculines, les hommes représentant 73 % des personnes décédées. Sur le plan de l’âge, les jeunes adultes âgés de 19 à 29 ans forment la cohorte la plus touchée avec 29 % des cas, suivis de près par les individus de 60 ans et plus, qui comptent pour 24 % des décès enregistrés.
Préparation logistique et risques liés à l’isolement

Afin de limiter ces statistiques, le docteur Jatinder Baidwan recommande une planification rigoureuse des sorties, de rester systématiquement sur les sentiers balisés et de communiquer son itinéraire à des proches. Nelson Augustine, gestionnaire de la boutique Mountain Man Outdoors située à Cranbrook, soutient cette approche en rappelant que la préparation exige des éléments matériels de base : une carte, des vêtements adaptés, ainsi que des réserves suffisantes d’eau et de nourriture.
Sur le terrain, cette préparation fait face aux contraintes de la géographie locale. Peter Reid, responsable de recherche pour l’équipe de recherche et sauvetage de Kimberley, identifie l’absence de réseau cellulaire comme le danger principal. « Dès que vous vous éloignez du corridor [principal], vous n’avez plus de service cellulaire », explique-t-il, soulignant l’impossibilité de joindre les secours sans posséder un appareil satellite.
Le spécialiste note une propension chez les randonneurs à sous-estimer « le temps, l’effort et les changements météorologiques » en altitude. Peter Reid illustre cet isolement : « L’une des choses que j’aime le plus en vivant dans l’East Kootenay, c’est que je peux partir en randonnée ou en ski de randonnée et ne croiser personne de la journée. C’est une expérience magnifique. Cependant, si je me blesse, cela devient une très mauvaise situation, très rapidement. »
Répartition géographique des zones accidentogènes

Le territoire de la Colombie-Britannique présente des secteurs spécifiques où le nombre d’accidents mortels est particulièrement élevé. À l’échelle municipale, Squamish enregistre le plus grand nombre de drames avec 22 morts, devançant la municipalité de North Vancouver qui compte 9 victimes recensées par les autorités.
L’analyse des données à travers la répartition des juridictions sanitaires montre que les régies de la santé de Vancouver Coastal et de l’Intérieur concentrent à elles seules les deux tiers des accidents mortels survenus dans l’ensemble de la province sur cette période de dix ans.
La région d’East Kootenay, qui englobe plusieurs municipalités distinctes, figure également parmi les zones affichant les taux les plus hauts. Ce secteur cumule un bilan de 18 décès sur une décennie, incluant quatre accidents mortels pour la seule année 2025. Face à ces urgences localisées, Peter Reid lance une directive aux explorateurs : « Dès que vous êtes en difficulté, s’il vous plaît, appelez plus tôt que tard ». Il précise que cette réactivité octroie aux équipes « le temps nécessaire pour localiser les personnes égarées ».
Une vigilance provinciale élargie à d’autres facteurs de risque

Au-delà des accidents spécifiques liés aux ascensions en montagne, les autorités de la Colombie-Britannique maintiennent un niveau de vigilance étendu face à l’évolution de la mortalité dans d’autres contextes de plein air et de transport à l’échelle provinciale.
Les registres récents démontrent que, pour la période s’étalant du 1er mars au 31 mai 2026, la province a enregistré une hausse marquée des accidents mortels comparativement au bilan de l’année précédente. Sur ce trimestre printanier, les services ont officiellement dénombré 14 décès impliquant des motos, ainsi que 9 morts survenues par noyade.
En marge des activités strictement terrestres, le Bureau des coroners rappelle l’incidence directe des substances altérant les facultés physiques et mentales lors des loisirs nautiques. L’institution précise que la consommation d’alcool ou de drogue a été identifiée comme un facteur contributif dans 40 % des noyades accidentelles documentées au cours de la dernière décennie.
Selon la source : ici.radio-canada.ca