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« Première équipe spatiale terrestre » : la NASA dévoile l’équipage d’Artemis III, qui ne fera pas le tour de la Lune
Crédit: NASA/Bill Stafford

Un nouveau cap pour la mission Artemis III

La NASA vient d’annoncer la composition de l’équipage d’Artemis III, marquant une nouvelle étape dans le programme spatial américain visant à ramener des humains sur la surface de la Lune. Toutefois, comme le rapporte l’article source, le profil de cette expédition diffère grandement du plan initial. Alors que la mission devait originellement atterrir sur le pôle sud lunaire, ce n’est désormais plus le cas.

Cette réorientation modifie la dynamique de l’expédition, qui s’annonce moins ludique que la mission Artemis II ou que les futures missions Artemis IV et V. Pour bien comprendre ce changement, il faut se tourner vers l’ère Apollo : Apollo 9 avait testé les systèmes d’atterrissage clés avant le grand jour, Apollo 10 avait répété toutes les procédures à l’exception de la descente finale, et Apollo 11 avait finalement emmené des humains sur la Lune. Dans le cadre actuel, après le vol à vide d’Artemis I et le contournement de la Lune par l’équipage d’Artemis II pour la première fois en un demi-siècle, Artemis III s’apparente davantage à une mission de type Apollo 9 qu’à un équivalent d’Apollo 10.

Malgré la déception de ceux qui espéraient voir des humains poser le pied sur la Lune dès cette étape, le programme reste particulièrement impressionnant. D’une durée d’environ deux semaines, ce vol orbital est décrit par l’agence spatiale comme une étape vitale pour la suite du programme Artemis.

La composition officielle de l’équipage

credit : lanature.ca (image IA)

Le casting de cette aventure orbitale a été dévoilé aujourd’hui lors d’une conférence de presse officielle. Le commandement sera assuré par l’astronaute de la NASA Randy Bresnik. À ses côtés, l’astronaute de l’ESA (Agence spatiale européenne) Luca Parmitano occupera le poste de pilote. L’équipe embarquée à bord de la capsule Orion sera complétée par les astronautes de la NASA Andre Douglas et Frank Rubio, qui interviendront en tant que spécialistes de mission.

Un dispositif de sécurité est également prévu en cas de défection d’un des membres. Bob Hines, pilote d’essai, colonel de l’armée de l’air et ancien pilote de la mission SpaceX Crew-4, se tiendra prêt en tant que remplaçant de réserve. La présence d’un pilote européen a par ailleurs été saluée par Josef Aschbacher, le directeur général de l’ESA, dans une déclaration officielle.

« Artemis III repoussera les limites des opérations d’engins spatiaux en orbite. L’affectation de Luca en tant que pilote reflète la profondeur de l’expertise européenne dans les vols spatiaux habités et s’appuie sur sa vaste expérience opérationnelle dans des situations à haute pression, » a souligné le responsable européen. Il a ensuite ajouté : « En même temps, le module de service européen de l’ESA fournira une fois de plus les capacités critiques qui alimentent Orion, démontrant le rôle durable de l’Europe au cœur même du programme Artemis. Les nouvelles en provenance de Houston aujourd’hui constituent une reconnaissance puissante du rôle de l’ESA pour permettre le retour de l’humanité sur la Lune – et une avancée clé dans notre partenariat avec la NASA. Les Européens peuvent être fiers de faire partie de ce voyage passionnant. »

Des manœuvres inédites en orbite terrestre basse

credit : lanature.ca (image IA)

La mission Artemis III sera riche en démonstrations technologiques inédites. Lors de la conférence de presse tenue aujourd’hui, la NASA a détaillé le calendrier très précis des manœuvres qui attendent les astronautes. « L’équipage effectuera son voyage en orbite terrestre basse sur une trajectoire circulaire autour de la Terre. Orion et l’atterrisseur de Blue Origin se rejoindront dans l’espace, passant environ deux jours en opérations amarrées pour mener des démonstrations technologiques de test, y compris à l’intérieur du vaisseau spatial de Blue Origin, » a précisé l’agence.

Les opérations de validation ne s’arrêteront pas à ce premier amarrage. La NASA a insisté sur la complexité et l’importance des essais à venir : « Plus important encore, nous avons l’intention de nous amarrer, d’effectuer le contrôle intégré de l’ensemble, de faire traverser l’écoutille à l’équipage, d’opérer l’atterrisseur, et d’obtenir des tests critiques des systèmes de survie qui ne peuvent être effectués que dans l’espace. Cela donne à nos équipes des informations clés sur les systèmes dont l’équipage de l’atterrisseur lunaire dépendra dans un environnement proche de chez nous par rapport à quatre jours et plus autour de la Lune. »

Une fois cette première phase validée, le vaisseau Orion devra se détacher de l’atterrisseur de Blue Origin. La capsule attendra ensuite le vaisseau Starship de SpaceX. Les deux engins s’amarreront à leur tour, et l’équipage restera lié à cette structure durant deux jours supplémentaires avant d’entamer le voyage de retour vers la Terre.

Les raisons du retard : sécurité et défis logistiques

Le report du retour de l’humanité sur le sol lunaire s’explique par plusieurs facteurs, à commencer par une volonté inflexible de garantir la sécurité des astronautes. Comme le souligne le rapport d’origine, un accident serait catastrophique, incitant la NASA à exiger des garanties absolues. Cependant, le frein principal reste l’absence d’un véhicule finalisé et capable de transporter les humains jusqu’à la surface lunaire. Si la capsule Orion a su emmener l’équipage d’Artemis II autour de la Lune, elle n’a absolument pas été conçue pour s’y poser.

Le plan actuel repose sur un véhicule distinct, imaginé et construit par l’entreprise de l’homme d’affaires Elon Musk, SpaceX. L’Agence spatiale européenne explique la mécanique prévue : « Orion s’amarrera au Starship Human Landing System (HLS) de SpaceX qui attendra le vaisseau spatial dans une orbite qui l’amène relativement près de la Lune tous les six jours et demi, ». L’ESA précise par ailleurs : « La nouvelle orbite lunaire s’appelle une orbite de halo quasi rectiligne qui amène les engins spatiaux près de la surface de la Lune et vole ensuite dans une ellipse allongée plus loin de la Lune. »

Cependant, la concrétisation de ce plan ambitieux se heurte à la lenteur du développement du côté de SpaceX. En mars dernier, un rapport de l’inspecteur général de la NASA, relayé par Reuters, pointait du doigt environ deux années de retard dans le développement du vaisseau. Parmi les obstacles majeurs figure la nécessité de ravitailler le vaisseau dans l’espace via environ 11 vaisseaux de ravitaillement. Ces derniers devront s’amarrer au HLS, une opération d’une envergure jamais tentée jusqu’ici. La NASA s’inquiète du fait que la technologie de transfert de propergol cryogénique ne sera « pas suffisamment mature » pour un atterrissage prévu en 2028.

Vers la création de la première « Starfleet » humaine

credit : lanature.ca (image IA)

En dépit des retards de développement matériels et des défis logistiques vertigineux, Artemis III constitue un petit pas supplémentaire et indispensable vers un nouvel atterrissage sur la Lune. L’ensemble des opérations orchestrées en orbite basse posera les fondations des protocoles d’amarrage et de survie pour les missions interplanétaires à venir.

La multiplication des acteurs et des vaisseaux impliqués donne à cette phase de l’exploration une dimension inédite. L’administrateur de la NASA Jared Isaacman, tel que désigné dans le document source, a mis en perspective l’évolution spectaculaire du trafic orbital : « Pensez au nombre d’engins spatiaux, qui transporteront tous éventuellement des êtres humains, qui seront en orbite en même temps, des atterrisseurs Dragon, Shenzhou, Soyouz, potentiellement Starliner, Starship et Blue Origin, » a-t-il déclaré.

Cette densité nouvelle de flottes spatiales marque un tournant dans l’histoire de l’humanité, transformant la science-fiction en une réalité imminente. En guise de conclusion, l’administrateur a partagé sa vision de cette évolution : « Cela ressemble au début du futur que nous imaginions enfants. Cela me semble être le tout début de la première Starfleet de la Terre. »

Selon la source : iflscience.com

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