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Bilan 2025 de la gestion des déchets à Montréal : un taux de détournement de 48 % et des sites d’enfouissement saturés
Crédit: lanature.ca (image IA)

Le bilan global du détournement et de l’enfouissement

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Le plus récent bilan de gestion des déchets de l’île de Montréal révèle que les sacs à ordures expédiés vers les sites d’enfouissement contiennent encore une majorité de matières qui auraient pu être réutilisées, compostées ou recyclées. Dans l’agglomération montréalaise, la proportion des ordures ménagères effectivement détournées de l’enfouissement culmine à peine à 48 %. Les initiatives visant à atteindre la cible de « zéro déchets » stagnent, face à des résidents qui continuent d’opposer une résistance à l’obligation de trier leurs matières résiduelles.

Cette situation persiste malgré le fait que la collecte du bac bleu, destiné au recyclage, et celle du bac brun, conçu pour les matières organiques telles que les restes de table, soient proposées dans l’ensemble des municipalités de l’île de Montréal. Ce faible taux de détournement est d’autant plus critique que les deux principaux dépotoirs desservant la région métropolitaine ont presque atteint leur capacité maximale de remplissage.

Production par habitant et dynamiques socio-économiques

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Une analyse des données individuelles indique toutefois une diminution de la production globale de déchets par les Montréalais. En 2025, la génération de matières résiduelles s’est établie à 415 kilos par habitant sur l’île, ce qui représente une baisse de 10 % sur une période de cinq ans. Ce résultat demeure cependant supérieur à l’objectif fixé, qui était de 399 kilos par citoyen. Parallèlement, le volume de matières acheminé vers l’enfouissement a reculé de 11 % durant la même fenêtre temporelle, pour se chiffrer à 215 kilos par personne.

Le bilan annuel de gestion des matières résiduelles met en lumière l’impact de l’aménagement urbain sur ces statistiques. La densification constatée dans les quartiers centraux de l’agglomération contribue à la baisse du taux de production d’ordures par habitant. Les données montrent en effet que les occupants d’immeubles multilogements produisent une quantité de déchets inférieure à celle des résidents de maisons unifamiliales.

Le document souligne également l’influence de la conjoncture financière en précisant : « On peut également supposer que la situation économique a eu un impact sur la consommation et la génération de matières résiduelles. En septembre 2025, la hausse annuelle des prix dans la région métropolitaine de Montréal a atteint 3,4 %, soit son niveau le plus élevé depuis le printemps 2024 ».

Volumes globaux et retard sur la planification

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En 2025, les résidents de l’île de Montréal ont collectivement généré 900 344 tonnes de matières résiduelles. Sur cet important volume, 48 % a pu être récupéré grâce aux diverses collectes de compostage et de recyclage, à l’activité des sept écocentres de la région, ainsi qu’aux autres points de dépôt disponibles. Conséquemment, la majeure partie de ces matières résiduelles a terminé son cycle par un processus d’enfouissement.

Cette performance se heurte aux objectifs établis par les autorités municipales. Le Plan directeur de gestion des matières résiduelles 2020-2025 de l’agglomération de Montréal prévoyait initialement d’atteindre un taux de détournement de l’élimination de 70 % en 2025. Face au taux réel de 48 %, le rapport stipule explicitement que « des efforts doivent être réalisés pour atteindre la cible dans les meilleurs délais ».

L’évolution des habitudes de tri : bac bleu et bac brun

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Malgré le retard sur les objectifs globaux, l’analyse des habitudes des résidents montre de lents progrès dans l’utilisation des différents bacs. La récupération des matières recyclables a enregistré une progression de quatre points de pourcentage en l’espace de cinq ans, passant de 62 % à 66 %. Ce résultat signifie que, dans l’agglomération montréalaise, les deux tiers des déchets disposant d’un potentiel de recyclage finissent effectivement leur parcours dans le bac bleu.

La situation du bac brun présente un portrait différent, les résidents de l’île montrant moins d’inclination à y déposer leurs restes de table. Actuellement, à peine 40 % des matières organiques sont récupérées. Ce chiffre représente néanmoins une progression de dix points par rapport à l’année 2020. Il est à noter que l’intégralité des municipalités de l’agglomération, de même que les 19 arrondissements de la Ville de Montréal, mettent aujourd’hui à disposition le service de collecte des matières organiques.

Gestion des sites d’enfouissement et nouvelles infrastructures

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L’agglomération de Montréal réitère la nécessité de réduire les volumes destinés à l’élimination, compte tenu de l’état des infrastructures actuelles. Plus de la moitié des ordures de l’île, soit 53 %, sont enfouies dans les dépotoirs de Lachenaie, sur la rive nord, et de Sainte-Sophie, dans les Laurentides, deux sites qui sont pratiquement remplis à leur pleine capacité. La répartition du reste des déchets montréalais s’organise entre le site de Saint-Thomas dans Lanaudière, qui en capte 39 %, les installations de Sainte-Cécile-de-Milton en Montérégie (4 %), et celles de Drummondville (3 %).

Afin d’améliorer le traitement local, une nouvelle étape a été franchie en 2025 avec le déploiement du nouveau Centre de biométhanisation de Montréal-Est, qui a reçu son tout premier camion. Cette installation possède la capacité de traiter annuellement jusqu’à 60 000 tonnes de résidus alimentaires pour les convertir en fertilisant et en énergie renouvelable. Cette initiative s’ajoute à l’ouverture, en 2024, d’un tout nouveau Centre de compostage situé dans l’arrondissement de Saint-Laurent, des infrastructures conçues pour limiter le nombre de kilomètres effectués par les camions de collecte.

Au moment de la rédaction de ce bilan annuel, aucun représentant du comité exécutif de la Ville de Montréal n’était disponible pour émettre un commentaire officiel sur ces résultats.

Selon la source : ledevoir.com

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