Bilan financier 2025 de la Ville de Montréal : des dépenses hivernales historiques et des revenus records
Auteur: Adam David
Introduction

La Ville de Montréal a récemment rendu public son plus récent bilan financier, dévoilant une série de données comptables illustrant la gestion municipale de la dernière année. Ce document met en lumière d’importants contrastes budgétaires, marqués par des dépenses exceptionnelles dans certains secteurs et des rentrées de fonds inattendues dans d’autres.
Parmi les éléments centraux de ce rapport, on note l’enregistrement de l’hiver le plus coûteux de la dernière décennie pour l’administration publique. À cela s’ajoutent une collecte record issue des contraventions, ainsi que des dépassements majeurs concernant le budget alloué aux forces de l’ordre, notamment par le versement de plus de 80 millions de dollars supplémentaires aux policiers.
L’impact budgétaire d’un hiver particulièrement rigoureux

L’arrivée précoce de la saison hivernale, combinée à une tempête qualifiée d’historique l’an dernier, a exercé une pression considérable sur les finances municipales. En conséquence, la Ville a enregistré sa dépense la plus élevée des dix dernières années pour les seules opérations de déneigement des artères urbaines. Les données financières indiquent que Montréal a alloué 264 millions de dollars à cette tâche en 2025, marquant une augmentation de 43 % par rapport aux 184 millions de dollars dépensés lors de l’exercice 2024.
Les relevés météorologiques de l’aéroport international Montréal-Trudeau précisent que plus de 240 centimètres de neige ont recouvert la métropole l’an dernier, comparativement à 155 centimètres en 2024. Bien que cette accumulation représente un volume imposant, elle se situe légèrement au-dessus de la moyenne annuelle de la dernière décennie, qui s’établit à 215 centimètres.
Les opérations sur le terrain ont nécessité l’extraction et le déplacement de 12,4 millions de mètres cubes de neige hors du réseau routier montréalais en 2025. À titre de comparaison, cette masse représente l’équivalent de sept fois le volume total de l’enceinte du Stade olympique.
Une hausse inattendue des revenus issus des contraventions

En marge de ces dépenses, l’administration municipale a perçu une somme record de 242 millions de dollars au moyen des contraventions au cours de l’année 2025. Ce montant totalise 26 millions de dollars de plus que ce qui avait été inscrit dans les prévisions budgétaires initiales de la municipalité.
Cet écart positif s’explique principalement par une augmentation imprévue des amendes imposées pour des infractions liées à la circulation routière et au stationnement. En revanche, les données indiquent que les constats d’infraction délivrés pour des manquements aux divers règlements municipaux ont généré moins de revenus que par le passé au cours de cette même année.
L’analyse des bilans précédents démontre que les revenus tirés des amendes s’inscrivent dans une trajectoire ascendante constante depuis cinq ans sur le territoire montréalais. Pour mettre ce chiffre en perspective, la somme perçue par la Ville ne s’élevait qu’à 160,5 millions de dollars lors de l’année 2021.
Des coûts supplémentaires significatifs pour le service de police

Le bilan financier révèle également que le service de police de Montréal a nécessité des investissements largement supérieurs aux attentes budgétaires. Au total, le corps de police a coûté 80 millions de dollars de plus en 2025 que les prévisions de l’administration municipale. Cet écart correspond à 10 % du budget initialement approuvé, portant la dépense finale à 905 millions de dollars pour l’ensemble de l’année.
Une proportion importante de cette augmentation est directement liée à la rémunération des heures supplémentaires accomplies par les agents sur le terrain. Près de la moitié de ce surplus budgétaire, soit 31 millions de dollars, a été versée pour compenser le temps de travail additionnel des effectifs.
Ces heures supplémentaires ont été spécifiquement allouées à des « opérations générales ». Selon les détails fournis, cette catégorie inclut la gestion et l’encadrement des manifestations, les besoins spécifiques liés aux enquêtes en cours, de même que le remplacement des absences ponctuelles et la couverture des postes demeurés vacants au sein du service.
La résilience des revenus liés au marché immobilier

Dans le secteur de l’immobilier, les rentrées de fonds perçues par la municipalité par l’entremise des droits de mutation immobilière, communément appelés « taxe de bienvenue », ont affiché une stabilité relative en 2025 comparativement à l’année précédente. Ce maintien des revenus témoigne d’une continuité dans l’activité du marché métropolitain.
Les coffres de Montréal ont ainsi collecté 361,8 millions de dollars dans cette catégorie, dégageant un surplus de 46,9 millions de dollars par rapport aux estimations. Alors que la Ville projetait une diminution du nombre de transactions, celles-ci ont plutôt connu une très légère hausse de 0,3 %. Parallèlement, la valeur globale de ces transactions a enregistré une progression de 5,6 %.
Toutefois, cette croissance modérée dissimule une tendance à la baisse dans un segment précis du marché. La sous-catégorie des grandes transactions immobilières, évaluées à 4,4 millions de dollars et plus, a subi un recul marqué. Ce secteur n’a rapporté que 120 millions de dollars à l’administration municipale en 2025, ce qui représente 33 millions de dollars de moins que la moyenne calculée sur les trois dernières années.
Selon la source : lapresse.ca