Interdiction des prières de rue : l’inquiétude grandit pour nos cortèges funéraires
Auteur: Adam David
Un dilemme moral pour nos élus locaux

C’est une situation qui, je dois l’avouer, met nos maires dans une position pour le moins inconfortable. L’interdiction des prières de rue, mesure phare du gouvernement, pourrait bien avoir des conséquences inattendues sur nos traditions, et plus particulièrement sur les cortèges funéraires. Vous savez, ces processions qui accompagnent un défunt vers sa dernière demeure.
Les maires, un peu partout en province, tirent la sonnette d’alarme. Ils déplorent cette situation et, franchement, on peut les comprendre : ils ne veulent surtout pas porter « l’odieux » — le mot est fort mais juste — de devoir refuser ces processions à des familles déjà éprouvées par le deuil. C’est une question de sensibilité humaine, après tout.
La détermination du ministre Roberge et l’héritage de la CAQ

Malgré les turbulences politiques, le ministre Jean-François Roberge ne semble pas vouloir lever le pied. Il est même tout à fait déterminé. Son objectif est clair : bannir les manifestations religieuses sur la voie publique. Mais ce n’est pas tout, car le projet de loi vise aussi à proscrire le port de signes religieux chez les éducatrices en CPE, ainsi que le voile intégral dans les cégeps et les universités. C’est un vaste chantier.
On pourrait penser que le contexte actuel ralentirait les choses, mais non. Même si un nouveau chef caquiste et premier ministre doit être choisi d’ici la mi-avril, le ministre n’a pas l’intention de ralentir le cheminement de son projet de loi pour renforcer la laïcité au Québec. La démission de François Legault, aussi surprenante soit-elle pour certains, n’altère en rien la volonté de la CAQ. Le parti semble vouloir miser gros sur cette fameuse question identitaire pour tenter de regagner la confiance des Québécois.
D’ailleurs, le ministre Roberge l’a martelé ce mardi, jour de rentrée parlementaire à l’Assemblée nationale : « Le renforcement de la loi sur la laïcité, c’est un sujet sur lequel il y a quand même un consensus très important au Québec ». Selon lui, et je cite, « Les Québécois sont d’accord avec les choses qu’on fait pour renforcer la laïcité, et le caucus est d’accord aussi ». Une assurance qui ne laisse guère de place au doute sur ses intentions.
Le casse-tête des municipalités face aux traditions
C’est ici que le bât blesse, si je peux me permettre l’expression. Le texte législatif du ministre interdit bien les prières de rue, mais il laisse aux villes une responsabilité délicate : celle de juger au cas par cas. Vous imaginez la complexité ? La Fédération québécoise des municipalités (FQM) est d’ailleurs très inquiète de l’impact de cette nouvelle législation.
Leur crainte principale concerne les cortèges funèbres suivant des funérailles religieuses. C’est une pratique encore très répandue dans nos régions, là où la population est souvent vieillissante et où l’héritage catholique reste bien présent dans le quotidien. Comme le plaide l’organisation dans son mémoire déposé mardi en commission parlementaire : « La nature religieuse d’un tel cortège découle souvent des dernières volontés du défunt et relève de traditions profondément ancrées dans les communautés ».
La FQM soulève une question qui mérite réflexion : est-ce vraiment souhaitable que des familles endeuillées aient à entamer des démarches, souvent longues et pénibles, pour obtenir l’autorisation de procéder à un rite funéraire religieux ? Elles doivent déjà organiser les funérailles de leur proche, ce qui est une épreuve en soi. Ajouter de la bureaucratie à la peine semble… enfin, disons-le, assez lourd.
Conclusion : Les maires craignent la colère citoyenne
Pour finir, les maires tiennent à rappeler un point crucial : ce nouveau pouvoir d’autorisation qu’on confie aux villes ? Eh bien, il n’a fait l’objet d’aucune consultation préalable. On leur impose cela, et ils devront en subir les conséquences directes. C’est un peu facile, diront certains.
Comme on l’insiste du côté municipal : « Il s’agit d’une décision du gouvernement, mais ce sont les élus municipaux qui auront l’odieux de trancher ». En pratique, ce sont les conseils municipaux qui se retrouveront en première ligne pour répondre au mécontentement des groupes dont les demandes seront refusées. Cela expose inutilement les élus locaux à une pression politique et crée un risque réel de tensions lors des séances publiques du conseil. Une patate chaude que personne ne semble vouloir tenir.
Selon la source : tvanouvelles.ca
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