Un refus diplomatique retentissant

C’est une fin de non-recevoir qui résonne lourdement dans les couloirs de la diplomatie internationale. Le pape Léon XIV a officiellement décliné l’invitation formulée par Donald Trump à rejoindre son nouveau « Conseil de paix ». Cette initiative, portée par les États-Unis, est présentée comme un effort majeur pour encadrer la reconstruction de Gaza au lendemain de la guerre et, à plus long terme, pour résoudre les futurs conflits à l’échelle mondiale.
La confirmation de ce refus est venue directement du Vatican, par la voix du cardinal Pietro Parolin. Cette décision met en lumière des divergences profondes entre le Saint-Siège et la Maison-Blanche quant à la méthode à adopter pour gérer les crises internationales. Le projet américain, qui se veut une plateforme réunissant des dizaines de pays, se heurte ici à la vision diplomatique séculaire de l’Église catholique.
Alors que Washington s’apprête à accueillir la première réunion de ce conseil, le message envoyé par Rome est sans équivoque : le Vatican privilégie les cadres multilatéraux déjà établis. Le Saint-Siège réaffirme ainsi sa confiance envers les institutions historiques, et tout particulièrement les Nations unies, pour mener à bien ce type de médiation complexe.
Perplexité et attachement aux institutions

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a explicité les raisons de cette absence. Selon lui, le projet américain ne correspond pas au rôle diplomatique traditionnel du Vatican. Il a précisé que le Saint-Siège « ne participera pas au Conseil de paix en raison de sa nature particulière, qui n’est manifestement pas celle des autres États ». Cette déclaration souligne la spécificité de la diplomatie vaticane, qui refuse de s’aligner sur une initiative purement étatique.
Au-delà de la nature du conseil, le Vatican ne cache pas ses doutes quant au fonctionnement réel de cette nouvelle instance. Mgr Parolin a laissé entendre que les objectifs restaient flous aux yeux de Rome. « Certains points nous laissent quelque peu perplexes. Il y a des points critiques qui nécessiteraient des explications », a-t-il confié, marquant une distance prudente vis-à-vis de l’organisation proposée par l’administration Trump.
Le cardinal a toutefois nuancé son propos en reconnaissant la nécessité d’agir, tout en posant des conditions. « L’important, c’est qu’on tente d’apporter une réponse. Cependant, pour nous, certaines questions cruciales doivent être résolues », a-t-il ajouté. Il a insisté sur la primauté de l’ONU dans la gestion des crises mondiales : « L’une de nos préoccupations est qu’au niveau international, ce soit avant tout l’ONU qui gère ces situations de crise. C’est l’un des points sur lesquels nous avons insisté ».
La vision mondiale de Donald Trump

De son côté, Donald Trump ne tarit pas d’éloges sur son initiative. Il décrit le « Conseil de paix » comme un projet d’une ampleur inédite. Selon les médias américains, l’ancien président l’a qualifié de « conseil le plus prestigieux jamais réuni, à tout moment et en tout lieu ». L’objectif affiché est clair : se concentrer dans un premier temps sur la situation à Gaza avant d’élargir le spectre d’action à d’autres zones de tension.
Un haut responsable américain a tenu à préciser que l’ambition de ce conseil dépassait largement les frontières du Moyen-Orient. Il a déclaré : « Le Conseil de la paix ne se limitera pas à Gaza. Il s’agit d’un Conseil de la paix à l’échelle mondiale. » Cette vision expansive est au cœur de la stratégie de Washington pour redessiner la carte de la médiation internationale.
Donald Trump lui-même aurait détaillé cette montée en puissance progressive du projet. Il a expliqué la logique séquentielle de son initiative en déclarant : « À mon avis, cela commencera par Gaza, puis s’étendra aux conflits à mesure qu’ils surgiront. » Cette approche vise à créer une structure réactive capable d’intervenir sur les futurs foyers de crise.
Tensions avec les Nations unies

Ce nouveau conseil ne manque pas de créer des remous au sein des Nations unies, qui tentent de préserver leur rôle central dans la diplomatie à Gaza. Le Conseil de sécurité de l’ONU aurait même été contraint de modifier son calendrier en raison de la réunion organisée le même jour par Donald Trump. Cette concomitance inquiète certains diplomates, qui redoutent que l’initiative américaine n’affaiblisse l’influence de l’ONU ou ne crée un processus concurrent et parallèle.
L’inquiétude est palpable du côté des représentants palestiniens. L’ambassadeur Riyad Mansour a exprimé sa position avec fermeté devant les journalistes : « Nous attendons de la communauté internationale qu’elle mette un terme aux efforts illégaux d’Israël en faveur de l’annexion, que ce soit à Washington ou à New York. » Une déclaration qui rappelle les enjeux territoriaux et juridiques sous-jacents.
Le chevauchement entre les projets de l’ONU et ceux de l’administration Trump a considérablement accru les tensions. La crainte d’une compétition directe entre les deux approches diplomatiques se fait sentir, posant la question de la cohérence de la réponse internationale face à la crise humanitaire et politique à Gaza.
Une coalition de vingt nations

Malgré l’absence notable du Vatican, l’administration Trump assure que la mobilisation internationale est forte. Selon l’Associated Press, « plus de 20 pays » auraient répondu favorablement à l’invitation. L’ambassadeur américain Mike Waltz a confirmé l’implication de partenaires clés du Moyen-Orient, affirmant notamment que l’Égypte et le Qatar avaient donné leur accord.
S’adressant à l’animateur de radio Hugh Hewitt, Mike Waltz s’est voulu rassurant sur la cohésion du groupe : « Tous ces pays font partie du Conseil de la paix et sont sur la même longueur d’onde que les États-Unis. » Outre les partenaires régionaux, d’autres rapports mentionnent la participation de nations aussi diverses que la Hongrie, le Vietnam, le Salvador et Israël.
Cependant, le tableau n’est pas complet. Plusieurs alliés majeurs des États-Unis n’ont pas encore confirmé s’ils allaient adhérer pleinement à ce nouveau dispositif. L’Italie et l’Union européenne, par exemple, pourraient choisir de participer uniquement en tant qu’observateurs plutôt que comme membres à part entière, selon certaines informations circulant dans la presse.
Milliards de dollars et porte ouverte

La première réunion du « Conseil de paix » est fixée au 19 février à Washington. Pour marquer le coup, Donald Trump a annoncé que les pays participants avaient promis une enveloppe conséquente : plus de 5 milliards de dollars destinés à soutenir la reconstruction et l’aide humanitaire à Gaza. Toutefois, les détails précis de ce financement n’ont pas encore été entièrement rendus publics.
La Maison-Blanche défend vigoureusement ce projet, le qualifiant de plan à long terme indispensable pour assurer la stabilité régionale. Face au refus du Pape, l’administration américaine a choisi de laisser la porte ouverte, adoptant un ton conciliant malgré la déconvenue diplomatique.
Un haut responsable américain a ainsi réagi à la décision du Saint-Siège : « Le pape et le Vatican sont les bienvenus pour rejoindre les nombreux autres pays qui se sont engagés auprès du Conseil de paix et de ses principes directeurs visant à promouvoir la stabilité et à garantir une paix durable. » Une main tendue qui suggère que Washington espère encore, à terme, rallier l’autorité morale du Vatican à sa cause.
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