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Mort de Khamenei : les réactions qui divisent la planète, du jamais-vu
Crédit: lanature.ca (image IA)

L’Iran confirme et promet la vengeance

Le verdict est tombé dimanche : l’Iran a officiellement confirmé la mort de son guide suprême, Ali Khamenei. Il aurait été tué la veille, au cours d’une opération menée conjointement par les États-Unis et Israël. L’annonce de la disparition de celui qui était la plus haute autorité du pays a immédiatement déclenché une onde de choc mondiale, chaque nation réagissant selon ses alliances et ses intérêts.

Pour le président iranien, Massoud Pezeshkian, la réponse est claire. Venger le guide suprême est un « droit et un devoir légitimes » pour la République islamique. Dans un communiqué diffusé par la télévision d’État, il a qualifié la mort de Khamenei de « déclaration de guerre contre les musulmans, et en particulier contre les chiites, partout dans le monde ». Il a rappelé son statut de « plus haute autorité politique de la République islamique d’Iran et d’un éminent chef du chiisme dans le monde ».

De leur côté, les Gardiens de la Révolution, véritable armée du régime, ont abondé dans le même sens. Ils ont fermement condamné « les actes criminels et terroristes commis par les gouvernements malfaisants des États-Unis et du régime sioniste ».

États-Unis : la réaction sans filtre de Donald Trump

Aux États-Unis, la nouvelle a été accueillie d’une tout autre manière. Le président américain, Donald Trump, n’a pas tardé à exprimer sa position avec le style direct qui le caractérise. C’est sur son propre réseau social, Truth Social, qu’il a choisi de commenter l’événement.

Dans un message sans équivoque, il a écrit : « Khamenei, l’une des personnes les plus diaboliques de l’Histoire, est mort. Ce n’est que justice pour les Iraniens, mais aussi pour tous les grands Américains, et les gens de nombreux pays à travers le monde, qui ont été tués ou mutilés par Khamenei et son gang de VOYOUS assoiffés de sang ».

Israël : « Justice a été rendue »

En Israël, partenaire de l’opération selon les informations iraniennes, la satisfaction est également de mise. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a pris la parole pour livrer l’analyse de son gouvernement.

Sa déclaration est lapidaire et reflète un sentiment de victoire. « Justice a été rendue, et l’axe du mal a subi un revers cuisant », a-t-il affirmé, avant d’ajouter une note de fermeté pour l’avenir : « Nous continuerons à agir avec fermeté pour protéger l’État d’Israël ».

Le fils du Shah prédit la fin du régime

La disparition d’Ali Khamenei a aussi fait réagir les figures de l’opposition iranienne en exil. Reza Pahlavi, le fils du défunt shah d’Iran renversé par la révolution islamique, y voit un tournant historique. S’exprimant sur le réseau social X, il a partagé une vision radicale de la situation.

« Avec sa mort, la République islamique a effectivement pris fin et sera bientôt renvoyée dans les poubelles de l’Histoire », a-t-il prédit. Il a ensuite adressé un message direct aux forces de l’ordre du pays, les appelant à ne pas soutenir un pouvoir qu’il juge moribond.

« Aux forces armées, de sécurité, et à la police : toute tentative de soutenir un régime en train de s’effondrer est vouée à l’échec », a-t-il ajouté, sonnant comme un appel à la défection.

L’appel à la désescalade du Pape Léon XIV

Face à la montée des tensions, une voix s’est élevée pour appeler au calme. Dimanche, le pape Léon XIV a lancé un appel à toutes les parties impliquées dans la crise qui secoue le Moyen-Orient.

Le souverain pontife a exhorté les dirigeants à mettre un terme à la « spirale de la violence ». Un message qui vise à prévenir une conflagration régionale que beaucoup redoutent après l’élimination du leader iranien.

L’Union européenne entre espoir et inquiétude

Au sein de l’Union européenne, la réaction est plus nuancée, oscillant entre l’espoir d’un changement et la crainte d’une instabilité accrue. Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie de l’UE, a qualifié l’événement de « moment décisif dans l’histoire de l’Iran » dans un message publié sur X dimanche.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également partagé son analyse sur les réseaux sociaux. Elle a souligné la dualité de la situation. D’un côté, elle y voit un « nouvel espoir pour le peuple iranien ».

De l’autre, elle a mis en garde contre un « risque réel d’instabilité susceptible de plonger la région dans une spirale de violence ». Une position prudente qui reflète les enjeux complexes pour le continent européen.

En Irak, le deuil et la colère

En Irak voisin, pays à majorité chiite, la nouvelle a été accueillie par le deuil. L’influent chef chiite Moqtada Sadr a annoncé une période de deuil de trois jours sur tout le territoire.

Sur X, il a exprimé sa peine en des termes solennels : « C’est avec une profonde tristesse et un immense chagrin que nous adressons nos condoléances à l’ensemble du monde islamique pour le martyre du leader de la révolution islamique ».

La tristesse s’est aussi mêlée à la colère. À Bagdad, des manifestants ont tenté de prendre d’assaut la zone fortifiée où se trouve l’ambassade des États-Unis. Ils ont cependant été repoussés par les forces de police qui les en ont empêchés.

Russie : Poutine dénonce un « assassinat »

Fidèle allié de Téhéran, Moscou a condamné l’opération sans réserve. Le président russe, Vladimir Poutine, a adressé une lettre à son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, pour lui exprimer son soutien.

Dans ce courrier, il a présenté ses « plus sincères condoléances » pour ce qu’il qualifie d' »assassinat » d’Ali Khamenei. Il n’a pas mâché ses mots pour décrire l’opération.

Selon lui, cet acte a été « perpétré dans une violation cynique de toutes les normes de la morale humaine et du droit international ». Une prise de position qui ancre solidement la Russie dans le camp des détracteurs de l’action américano-israélienne.

La Chine condamne une violation de la souveraineté

Autre soutien majeur de l’Iran sur la scène internationale, la Chine a elle aussi fermement réagi. Par la voix de son ministère des Affaires étrangères, Pékin a publié un communiqué pour clarifier sa position.

La Chine y « condamne fermement » la mort d’Ali Khamenei. Pour le gouvernement chinois, cet acte n’est pas seulement une attaque contre une personne, mais contre les fondements même des relations internationales.

Le communiqué y voit une « violation grave de la souveraineté et de la sécurité de l’Iran, un piétinement des objectifs et principes de la Charte des Nations unies et des normes fondamentales des relations internationales ».

Le Hamas crie au « crime abominable »

Le groupe islamiste palestinien du Hamas, proche de l’Iran, a publié un communiqué pour dénoncer ce qu’il nomme un « crime abominable ». Le texte désigne clairement les coupables et les met en garde contre les conséquences.

Le Hamas estime que les États-Unis et Israël portent « l’entière responsabilité de cette agression flagrante et de ce crime odieux contre la souveraineté de la République islamique d’Iran ». Le groupe a également souligné les « graves répercussions sur la sécurité et la stabilité de la région » que cet acte pourrait engendrer.

Royaume-Uni : entre soulagement et crainte de la riposte

Au Royaume-Uni, la réaction est double. Le secrétaire britannique à la Défense, John Healey, a d’abord exprimé un certain soulagement, suggérant que le guide suprême iranien ne serait pas regretté par grand monde.

« Peu de gens pleureront » sa mort, a-t-il soutenu, qualifiant « l’Iran et le régime qu’il a dirigé pendant si longtemps » de « source de mal ». Mais cette analyse est immédiatement suivie d’une inquiétude palpable quant à la suite des événements.

« L’inquiétude désormais, bien sûr, est que ce régime riposte… de manière de plus en plus indiscriminée et étendue, et les gens craindront vraiment que ce ne soient pas seulement des cibles militaires », a-t-il poursuivi, verbalisant une peur partagée par de nombreuses chancelleries.

L’Australie ne pleurera pas le guide suprême

L’Australie s’est alignée sur la position de ses alliés occidentaux. Le Premier ministre, Anthony Albanese, a déclaré sans détour que la mort du guide suprême iranien « ne sera pas pleurée ».

S’exprimant devant la presse, il a détaillé les raisons de cette position. Il a tenu Ali Khamenei pour directement responsable de plusieurs politiques jugées hostiles par son gouvernement.

Selon M. Albanese, l’ayatollah « était responsable du programme nucléaire et balistique du régime, du soutien apporté à des groupes armés et des actes brutaux de violence et d’intimidation commis contre son propre peuple ».

Un monde fracturé face à un avenir incertain

De Téhéran à Washington, de Moscou à Jérusalem, la mort d’Ali Khamenei a révélé et accentué les fractures profondes qui traversent la scène internationale. D’un côté, un bloc dénonce un assassinat et promet des représailles. De l’autre, des nations se félicitent de la disparition d’une figure qu’elles considéraient comme une menace majeure.

Au milieu de ces positions tranchées, une inquiétude commune émerge : le risque d’une escalade incontrôlable au Moyen-Orient. Alors que les alliés de l’Iran pleurent un martyr, ses adversaires redoutent la fureur d’un régime affaibli mais potentiellement plus dangereux. Le monde retient son souffle, suspendu à la réponse que donnera Téhéran.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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