Aller au contenu
Le Premier ministre espagnol répond à Trump après que ce dernier a menacé d’arrêter le commerce
Crédit: pedro Sánchez Ministry of the Presidency. Government of Spain via wikimedia / shutterstock

Tensions au sommet entre Washington et Madrid

lanature.ca (image IA)

Un vent de crise souffle sur les relations hispano-américaines. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a fermement répondu à Donald Trump après que ce dernier a menacé de couper les ponts commerciaux avec l’Espagne. Au cœur de ce différend diplomatique : la position critique de Madrid face aux bombardements menés par les États-Unis et Israël en Iran.

La passe d’armes se déroule sur fond de conflit armé au Moyen-Orient, une situation qui a ravivé des désaccords stratégiques profonds entre les deux alliés. D’un côté, une administration américaine qui exige un soutien sans faille ; de l’autre, un gouvernement espagnol qui invoque le droit international et ses propres valeurs.

L’étincelle : une opération militaire aux lourdes conséquences

Benyamin Netanyahou, à droite, et Donald Trump en mai 2017.U.S. Embassy Tel Aviv via wikimedia CC BY 2.0

Pour comprendre l’origine de cette crise, il faut remonter au 28 février. Ce jour-là, les États-Unis et Israël ont lancé une vague d’attaques d’envergure contre l’Iran. Cette opération militaire a été déclenchée suite à l’échec des négociations concernant le programme nucléaire iranien, qui n’ont pas permis de parvenir à un accord.

Les frappes ont eu des conséquences dévastatrices. Le Guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, a été tué, tout comme d’autres membres de la haute direction du pays. Mais le bilan humain s’est également étendu à la population civile. L’une des frappes a notamment touché une école, provoquant la mort de 165 enfants et enseignants. C’est dans ce contexte dramatique que la critique espagnole a pris forme, provoquant l’ire de Donald Trump.

La menace de Trump : « Couper tous les liens avec l’Espagne »

shutterstock

La réaction de Washington n’a pas tardé. S’exprimant depuis le Bureau Ovale ce mardi, Donald Trump a durement critiqué la position de l’Espagne. « L’Espagne a été terrible. En fait, j’ai dit à Scott [probablement le Secrétaire au Trésor Scott Bessent] de couper toutes les relations avec l’Espagne », a-t-il déclaré.

L’ancien président américain a détaillé ses griefs : « Tout d’abord, ça a commencé quand toutes les nations européennes, à ma demande, ont payé 5 %, ce qu’elles devraient faire, et tout le monde était enthousiaste, l’Allemagne, tout le monde, et l’Espagne ne l’a pas fait. Et maintenant, l’Espagne a carrément dit que nous ne pouvions pas utiliser leurs bases ».

Poursuivant sur sa lancée, il a ajouté : « Ce n’est pas grave, nous pouvons utiliser leur base si nous le voulons, nous pouvons simplement y aller et l’utiliser, personne ne va nous dire de ne pas le faire… mais ils ont été inamicaux, alors je lui ai dit que l’Espagne n’a absolument rien dont nous ayons besoin, à part des gens formidables, ils ont des gens formidables. Mais ils n’ont pas de grands dirigeants. »

La réponse de Sánchez : « Non à la guerre »

pedro Sánchez Ministry of the Presidency. Government of Spain via wikimedia

Face à ces menaces, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a choisi la fermeté. Depuis sa résidence de La Moncloa, il a répliqué point par point, réaffirmant sa condamnation de l’action américaine. « Nous ne serons pas complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde et qui est aussi contraire à nos valeurs et à nos intérêts, simplement par peur des représailles de quelqu’un », a-t-il affirmé.

Pedro Sánchez a également dénoncé une manœuvre politique : « Il est inacceptable que certains présidents utilisent le brouillard de la guerre pour dissimuler leurs échecs ». Il a ensuite clarifié la position de son pays, pour éviter toute mauvaise interprétation : « La question n’est pas de savoir si nous sommes du côté des ayatollahs – personne ne l’est. La question est de savoir si nous sommes en faveur de la paix et de la légalité internationale. »

Le chef du gouvernement espagnol a conclu son intervention par une formule choc : « La position du gouvernement peut se résumer en quatre mots : Non à la guerre. » Le texte source précise que cela fait quatre mots car en espagnol, la phrase est « no a la guerra ».

Un gouvernement espagnol uni sur la question des bases militaires

lanature.ca (image IA)

La position de Pedro Sánchez n’est pas isolée au sein de son gouvernement. Elle est au contraire partagée et soutenue par ses principaux ministres, notamment sur le dossier sensible de l’utilisation des bases militaires américaines en Espagne. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a été particulièrement clair sur le sujet.

« Je veux être très clair et très simple. Les bases ne sont pas utilisées – et ne seront pas utilisées – pour quoi que ce soit qui ne soit pas dans l’accord [avec les États-Unis], ni pour quoi que ce soit qui ne soit pas couvert par la charte des Nations unies », a déclaré le chef de la diplomatie espagnole. Ces propos confirment que l’Espagne n’autorisera pas que son territoire serve de plateforme pour les frappes en Iran.

De son côté, la ministre de la Défense, Margarita Robles, a rappelé le cadre juridique qui régit la présence militaire américaine. Elle a expliqué que l’Espagne a un accord avec les États-Unis concernant les bases et que si Washington souhaite les utiliser, alors « les opérations doivent être conformes aux cadres juridiques internationaux et bénéficier d’un soutien international ». Une manière de souligner que toute action unilatérale est exclue.

Selon la source : cnbc.com

Créé par des humains, assisté par IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu